Vert…Écolo…???

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Trêve de plaisanterie. Personne ne prend plus le dérèglement climatique à la légère. Comment faire autrement ? Toutes les semaines surviennent des catastrophes qui n’arrivent qu’une fois par siècle. Réchaud à la main, l’humanité marche sur une fine couche de glace. Fini, les doutes, les réserves, les pour et les contre. Être climatosceptique aujourd’hui, c’est comme se présenter en «nazi modéré». Ça ne passe plus. Du moins parmi les habitants lambda de la planète.

Les dirigeants, eux, continuent de tourner autour du pot. La Cop26 à Glasgow, six ans après la Cop21 de Paris, c’est bad cop et good cop. Tout le monde est déçu. Comme d’habitude, on a oublié de visser le couvercle. Ensevelies sous des montagnes de rapports, toutes les propositions hardies se sont dissoutes en commissions comme la fumée dans l’air. Contrôler la hausse des températures dans l’atmosphère avec de si frêles engagements, c’est arrêter le vent avec les doigts. Ou poser quelques sparadraps sur une artère tailladée. On est resté dans l’incantation sans pousser les portes de l’action.

Pourtant les activistes se sont remués. Greta Thunberg est passée battre des ailes. Une Cop sans elle, c’est comme un orchestre sans le crincrin des violons ou, pire, un vernissage sans Jack Lang. Impensable de la débrancher. À la moindre déception, elle s’enflamme tel un bidon d’essence. Avec ses joues rondes comme des oreillers, ses nattes de poupée et ses yeux bleus comme la glace, c’est une vraie cannibale. Et impossible pour le communiqué final de la rassasier avec les sucettes habituelles de ce genre de raout. Quand elle parle des adultes, on dirait qu’elle évoque le virus de la typhoïde ou qu’elle froisse un vieux journal. Cela dit, c’est de son âge, celui de dire des bêtises, pas encore d’en faire. Ça viendra et, malheureusement, elle fera comme nous, elle patientera.

Surtout qu’elle ne compte pas sur les écologistes français pour agir. Dès que l’un parle, l’autre le contredit. Le même qui a lutté pour avoir un TGV entre Bordeaux et Paris se bat pour qu’il n’aille pas à Toulouse. On peut hier défendre le rail et s’indigner le lendemain de l’« artificialisation » (ils ont de ces mots !) des zones naturelles viticoles. Les Verts sont comme ça: ils ne partagent pas leurs jouets. Qu’une association veuille installer des éoliennes comme le bon sens le recommande, il s’en trouvera une autre pour s’y opposer au nom de la défense d’un couple d’aigles de Bonelli, d’une dizaine de scarabées pique-prunes et de l’ultime colonie de minioptères de Schreibers (il s’agit de banales chauves-souris) du Perche. Dans la région d’Aix-en-Provence, une épidémie de cézannite aiguë bloque tout projet. Ailleurs, ce sont les retenues d’eau agricoles qui déchaînent les passions: les uns les réclament, d’autres qui savent mieux que tout le monde ce qui est bon pour les paysans s’y opposent. De même, il y a une présomption de culpabilité pour ceux qui parlent d’assécher un marais. Et pareil pour le bio: à bâbord, ils en veulent partout pour en finir avec les champs chimiqués»; à tribord, ils relèvent dans les terres des taux alarmants de cuivre apportés par les fameuses bouillies bordelaises remplaçant les pesticides habituels. On n’y comprend rien. Demain, on va apprendre que d’odieux glucides se déguisent en légumes. Ou que le seul futur raisonnable est d’en revenir à la merveilleuse civilisation amish. Et encore là je n’évoque que les sujets purement écologiques – c’est-à-dire une toute petite partie de leurs préoccupations. Quand on voit Youth for Climate s’agiter pour les comités d’Assa Traoré, on se demande si l’agenda climatique est aussi urgent qu’ils le prétendent. En France, l’écologie fausse l’esprit de quiconque s’en mêle. Regardez le gouvernement. Pendant des mois, il nous a promis un référendum pour garantir la préservation de l’environnement et de la diversité biologique. On ne parlait que de lui. Juché sur la Constitution, le glaive de la justice allait s’abattre. Et puis pfut ! l’Élysée est passé à autre chose. Toutes ces imprécations sont des parodies. Du pur brassage de mots. Savez-vous comment on dit mobilisation générale en Italie ? Réponse : panico generale ! On y est.

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