Blanc..noir…

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À Saint-Avold (Moselle), les salariés espèrent une reconversion dans la biomasse, le solaire ou l’hydrogène. Mais rien n’a encore été signé.

À l’issue de la cop26 à Glasgow (Écosse), les États du G 20 se sont engagés en faveur de l’arrêt du financement international des centrales à charbon. La France avait pris les devants en annonçant dès 2019 la fermeture d’ici à 2022 de ses quatre derniers sites : Cordemais (Loire-Atlantique), Le Havre (Seine-Maritime), Saint-Avold (Moselle) et Gardanne-Meyreuil (Bouches-du-Rhône). « Ces centrales ne représentaient que 2% de la production électrique explique-t-on dans l’entourage de Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique. Mais elles cumulaient 35 % des émissions de gaz à effet de serre de l’ensemble du secteur électrique. »

Sauf que la promesse ne sera pas tenue, une centrale restera finalement ouverte au-delà de l’échéance fixée. « Pour des raisons de sécurité d’approvisionnement de la région Ouest, Cordemais, propriété d’EDF, continuera d’être utilisée ponctuellement durant les pointes de consommation, l’hiver notamment, précise-t-on encore au ministère. Pour quelques dizaines à centaines d’heures par an au maximum, soit moins de 10% de ses capacités. » L’arrêt définitif de la centrale des Pays de la Loire est dorénavant programmé entre 2024 et 2026. À la condition que le chantier maudit de l’EPR de Flamanville (Manche), qui cumule aujourd’hui plus de dix années de retard, arrive enfin à son terme.

D’ici à la fin du quinquennat, la fermeture des trois autres unités devrait néanmoins permettre de réduire de 90%les émissions liées au charbon par rapport à 2017. Deux centrales, à Gardanne et au Havre, sont déjà à l’arrêt. Celle de Saint-Avold cessera, elle, son activité en mars 2022. Des arrêts dans la douleur : une succession de conflits sociaux, notamment à Gardanne depuis deux ans ainsi que des financements ou des projets de reconversion retoqués ont considérablement compliqué la donne. 600 emplois directs, et 700 indirects, sont en jeu.

Pour une reconversion, rien de concret n’a encore été signé.

À Saint-Avold, la cinquantaine de salariés restants de la centrale (sur les 83 concernés par le plan de sauvegarde de l’emploi, ou PSE) tablent sur une reconversion dans la biomasse, le solaire ou encore l’hydrogène. Mais rien de concret n’a encore été signé. Il ne reste pourtant que quatre mois avant l’échéance fatidique. « On a été près d’un millier ici, se souvient le contremaître Sylvain Krebs. Jusqu’à six unités de production étaient alors en fonctionnement »

L’un de ses collègues nous emmène sur le point le plus haut de la centrale : le toit de la chaudière de l’unité 6, celle fonctionnant à charbon justement et qui doit donc être mise à l’arrêt sous peu. Acrophobes, s’abstenir. Le plancher de la passerelle est constitué d’une simple grille. Sous les pieds, 90 m de vide. Mais la vue sur la centaine d’hectares du site est imprenable.

Mise en service en 1948 au profit des Charbonnages de France, la centrale Émile-Huchet est devenue, au fil des ajouts de tranches, au charbon puis au gaz, l’une des centrales électriques les plus puissantes du pays. Jusque dans les années 2000, elle a cumulé jusqu’à 1 600 mégawatts (MW) de puissance installée. L’équivalent d’un réacteur nucléaire de type EPR.

Une demande d’aide a été déposée auprès de l’Ademe.

Grâce à elle, les « gueules noires » extrayaient toujours plus de charbon, les « gueules jaunes » travaillaient le minerai de fer. Juché sur la chaudière, le regard embrasse toute l’histoire industrielle du bassin houiller lorrain. On distingue même l’ancienne mine de charbon de la Houve, la dernière à avoir fermé en France, en 2004. « La centrale subira le même sort », indique dans un soupir le cadre qui nous accompagne.

GazelEnergie, propriétaire de la partie « charbon » (les deux tranches fonctionnant au gaz ont été vendues à Total, devenu Total Energies), fustige l’immobilisme des pouvoirs publics. « On n’a pas vu le début d’un commencement de mesure d’accompagnement ou d’aide d’État, déplore-t-on dans l’entourage du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, patron du groupe au travers de sa holding EPH. Alors que des fonds pour le réaménagement des territoires existent. Résultat, on est obligés d’aller chercher à l’autre bout de la planète un Partenaire pour créer 50 emplois. » Une référence à la start-up australienne Circa Sustainable Chemicals qui, selon Gazel Energie, a signé la semaine dernière un avenant pour un projet d’installation d’une unité de production de biosolvants pour 2023. «Un investissement de 5 millions d’euros pour nous, précise un porte-parole de l’énergéticien. Et de plusieurs dizaines de millions d’euros pour Circa »

Une demande d’aide a bien été déposée en mai demier auprès de l’Agence de la transition écologique (Ademe), mais depuis, aucune nouvelle. « Le dossier est en cours et nous n’avons pas plus d’éléments de réponse pour le moment », nous répond la direction de l’agence publique.

Résultat : la centrale semble jouer une adaptation sidérurgique du « Désert des Tartares », ce roman de Dino Buzzati où une garnison attend l’arrivée d’un hypothétique ennemi. Sauf qu’ici, à l’ombre des quatre gigantesques tours aéroréfrigérantes, c’est le temps qu’il faut affronter. Et la peur d’un futur incertain. « On se sent complètement abandonnés, s’inquiète David George, cadre d’exploitation embauché à la centrale en 1998. L’État a multiplié les belles déclarations de soutien, mais après, plus rien »

Un constat partagé par Sylvain Krebs, qui comme certains de ses collègues a multiplié les formations, notamment dans les énergies nouvelles. « On comprend les enjeux écologiques, explique-t-il. Et justement, on a des compétences à faire valoir dans tous les métiers de combustion. Pour être aux premières loges de la transition. »

Politique européenne ??? Politique « locale » ???

La France ferme les « centrales fossiles » … envisage de nouveau du nucléaire…

L’Allemagne ferme le nucléaire…construit des centrales charbon…

De qui se moque-t-on ?

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