La faiseuse de miracles…

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En cette rentrée, c’est la foire aux cadeaux électoraux avant l’heure. Le Pen, Pécresse, Hidalgo, Montebourg, Mélenchon…, la plupart des candidats sortent le carnet de chèques qu’ils n’ont pas pour renationaliser les autoroutes ou augmenter les salaires d’une majorité de Français. Au grand jeu des étrennes anticipées, c’est Anne Hidalgo qui l’emporte haut la main. Dans son livre Une femme française (Éditions de l’Observatoire), elle propose de doubler, au moins, le salaire, non seulement des enseignants, mais de toutes les personnes en contact avec les élèves. Du moins elle le « croit possible ».

Mais sur France Inter hier matin, elle a soigneusement évité de répondre à la seule question qui compte, celle du financement d’une telle mesure. Le ministre de l’Éducation nationale évalue son coût à 150 milliards d’euros sur cinq ans, un chiffrage que de bons connaisseurs de la rue de Grenelle estiment modéré. Les journalistes qui l’interrogeaient n’ayant pas fait preuve d’une grande opiniâtreté pour la presser de s’expliquer, on ne sait toujours pas comment Mme Hidalgo fabrique 30 à 40 milliards d’argent magique par an !

Jean-Michel Blanquer n’a pas tardé à dénoncer une « foire du trône de la démagogie ». C’est, en vérité, encore pire que de la démagogie. Anne Hidalgo a l’habileté de s’abriter derrière un constat juste : les enseignants, en France, sont nettement moins bien payés, en moyenne, que dans le reste de l’OCDE, surtout en début de carrière. Elle omet toutefois de préciser que le temps qu’ils passent devant les élèves chaque semaine est aussi beaucoup plus faible. Voilà pour la démagogie.

Une blague pas très drôle

Mais sa surenchère dévalorise, voire ridiculise, la parole politique, dont la cote n’est déjà pas au zénith. Personne de sensé ne peut la croire, à commencer par les syndicats, qui se sont prudemment abstenus de commenter et n’ont pas jugé bon d’applaudir. Une telle mesure, si elle était proposée dans une réunion de cabinet autour d’un ministre de l’Éducation nationale, ne provoquerait rien d’autre qu’un immense éclat de rire gêné. Comme s’il s’agissait juste d’une blague pas très drôle…

Ce n’est pas la première fois que la maire de Paris promet de raser gratis. La candidate qu’elle soutenait pour les régionales, et qui est par ailleurs son adjointe à l’Hôtel de Ville, Audrey Pulvar, avait pour promesse phare de son programme la gratuité des transports en commun en Île-de-France. Coût de l’opération : 3 milliards d’euros par an, pour un service public qui affiche déjà un endettement inquiétant, selon un rapport de la Chambre régionale des Comptes publié en juin 2020. Comme pour les rémunérations à l’Éducation nationale, il convient de rappeler une vérité toute simple : ces milliards seront, d’une manière ou d’une autre, payés par les Français !

Il faut quand même le reconnaître c’est plus facile de faire des miracles avec « nos sous »…

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