Requiem pour le bac.

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Certains déplorent la fin du « bac national ». Ils ont quelques longueurs de retard. La situation est bien plus critique !

750 000 candidats vont connaître leurs résultats aujourd’hui.

Ce mardi, c’est jour de résultats. Quelque 750 000 candidats attendent le verdict : bachelier ou pas ? Le suspense n’est pas insoutenable. Depuis des années, seul un postulant sur dix se retrouve en échec. Cette cuvée ne peut inverser la statistique, puisque l’examen final ressemble à une formalité. Pour l’épreuve de philosophie, la seule avec le « grand oral » qui se déroule en fin d’année scolaire, c’est la meilleure note entre la copie rendue et la moyenne de l’année qui est retenue… Après la médaille en chocolat, voici donc le bac en pochette-surprise.

Mais de cela, les esprits bien-pensants ne sauraient s’indigner. Ils préfèrent déplorer la fin du « bac national ». Pourquoi ? Parce que la part de contrôle continu (40 % de la note finale) ne résultera plus de devoirs sur table – ces épreuves communes qui se sont révélées ingérables –, mais des notes qui figurent sur le bulletin scolaire. Les procureurs dénoncent les inégalités à venir entre les « bons » et les « mauvais » établissements, conduisant à une fracture que la République ne saurait admettre.

Sur le fond, ils n’ont pas tort. La fin du baccalauréat à la française est une triste nouvelle. Mais ne se trompent-ils pas de date ? Cet ultime ajustement ne survient-il pas alors que cet examen, qui est depuis toujours le premier grade universitaire, est d’ores et déjà mort et enterré ? Depuis des années, les correcteurs sont sommés de noter avec une indulgence coupable, et quand cela ne suffit pas, de procéder à une « harmonisation », aimable euphémisme pour désigner l’abandon de toute exigence académique.

La soviétisation de l’enseignement.

Hurler à la mort du bac national, c’est avoir une guerre de retard. Comme le dit Romain Vignest, président de l’Association des professeurs de lettres, « ce qui me choque, c’est moins un bac par établissement que la soviétisation de l’enseignement en France ». Soviétisation ? Pour aboutir à ce contrôle continu renseigné par le bulletin scolaire, les professeurs seront invités à suivre des guides, voire des grilles de notation qui donnent un semblant d’unité à travers le territoire. C’est, pour Romain Vignest et nombre de ses collègues, une manière d’encadrer comme jamais la pratique des professeurs, non plus seulement, au moment de la correction des copies du bac, mais tout au long de l’année scolaire.

C’est là le résultat d’une défiance qui n’a cessé de prospérer durant ce quinquennat. Les grands directeurs de la rue de Grenelle, des technocrates épris de management, ont tendance à considérer les professeurs comme des empêcheurs d’administrer en rond, avec leur passion pour la liberté pédagogique et la transmission des savoirs disciplinaires. « Il s’est passé la même chose qu’à l’hôpital, où les médecins ont été dépossédés du pouvoir au profit d’une administration toute-puissante », remarque avec un brin de désespoir un professeur très respecté par ses pairs. La comparaison n’est pas des plus rassurantes !

Tout le monde il beau…tout le monde il est gentil…tout le mode il a le bac…

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