Brebis entièrement dépecée… 

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Une brebis dépecée par des jeunes vautours fauves, une première en Corrèze.

L’attaque des jeunes vautours fauves a été certifiée par l’Observatoire français de la biodiversité.

L’Office français de la biodiversité l’a certifié : une brebis a été dépecée par de jeunes vautours fauves, vendredi 2 juillet à Peyrelevade. Une attaque inédite en Corrèze, qui pose de nombreuses questions sur une possible adaptation de cette espèce sauvage protégée.

Gwénaël Veyret et son collègue, éleveurs à Peyrelevade (Corrèze), n’en sont toujours pas revenus. « Ils sont impressionnants, ils se voient de loin, racontent-ils. Toute la faune locale a été perturbée. Les buses, les milans… Ils sont sortis chasser sous la pluie. » 

Vendredi 2 juillet, alors qu’ils rentrent le troupeau de brebis, à Peyrelevade, sur le plateau de Millevaches en Corrèze, ils aperçoivent au-dessus de leurs têtes un vol d’oiseaux surprenants : des vautours fauves ! Sans tarder, ils retournent auprès des bêtes et découvrent la carcasse d’une brebis, entièrement dépecée. « Il ne restait que les os et la peau, alors que quelques heures plus tôt, elle était vivante », s’émeut le jeune éleveur.

L’attaque des vautours fauves certifiée

Alertés, les gendarmes et les spécialistes de l’Office français de la biodiversité se rendent sur place, ce dimanche 4 juillet, et confirment, vidéo et photos de l’éleveur à l’appui, que l’animal a bien été attaqué par des vautours fauves. L’OFB par contre ne peut affirmer avec certitude si la brebis était vivante ou morte lors de l’attaque des vautours. 

« C’était des jeunes, raconte Gwénaël Veyret, d’environ 1,70 m d’envergure pas plus. Mais à cinq sur une bête de 40 kg, il leur faut 7 minutes pour la nettoyer, m’a expliqué l’OFB. »

Une attaque, inédite en Corrèze, qui pose de nombreuses questions. D’ordinaire présents dans les Alpes, ces oiseaux sauvages ont commencé à faire parler d’eux dans le Puy-de-Dôme, le Cantal ou l’Aveyron. « Est-ce que ces jeunes sont en surpopulation et commencent à s’adapter, pose l’éleveur. Ils cherchent où ils peuvent manger. Ce sont des charognards normalement, mais est-ce qu’ils commencent à faire de la prédation ? » 

Une perte sèche pour l’éleveur

Pour l’éleveur, cette attaque représente « une perte sèche, alors que la conjoncture est déjà très compliquée, calcule-t-il. Et il n’y aura aucune indemnisation, parce qu’il s’agit d’un dégât naturel. Sachant qu’il y a une suspicion de loups en Corrèze, ça commence à faire beaucoup de pression. »

Il gardera ses bêtes quelque temps à l’abri, mais Gwénaël Veyret refuse de « rentrer dans une psychose. » « S’il y a d’autres cas, on verra… Mais ça pose des questions écologiques, parce que ça s’est produit à 500 km de l’endroit où ces oiseaux devraient être. De mémoire de 150 ans, personne n’en a jamais vu ici. » 

Une espèce en voie d’adaptation ?

« Mais, reprend-il, s’ils touchent de la nourriture ici, ils reviendront… Peut-être qu’ils ne nicheront pas là, il leur faut des falaises pour ça, mais ils migreront, ce qui est surprenant parce qu’ils sont poussés d’habitude par des courants chauds et qu’ici, il fait plus froid. »

« Peut-être que certains sont contents qu’ils arrivent sur le Plateau, reprend-il, mais nous, on a l’impression d’avoir les mains liées. Les vautours sont protégés et on n’est pas indemnisés, ou alors presque rien. On est victime d’un système écologiste idéaliste. Sauf qu’ils n’arrivent plus à contrôler les gros prédateurs ».

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