En plein dans le mille !!!

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Cette fois-ci, on n’a pas bougé. Les promesses électorales ont bien sûr plu comme les feuilles en automne, mais personne n’est allé les ramasser. Deux Français sur trois n’ont pas voté. Même Napoléon aurait battu en retraite devant cette marée d’indifférence. Sur les plateaux télé, les élus avaient l’air surpris du militaire qui découvre que son parachute ne s’ouvre pas. Lovés dans leurs routines comme de gros chats dans leur panier, ils semblaient désolés de l’épaisse couche de givre étalée sur notre civisme politique. Pas de panique, pourtant: aucun ne s’est senti coupable. Le rideau ne tombera jamais sur leurs illusions. Plus personne n’a la foi mais ils continuent de réciter leur chapelet. Les chiffres de l’abstention avaient beau s’abattre sur eux comme du sel sur des gerçures, chacun y est allé du petit laïus de sa petite chapelle. Comment leur expliquer qu’entre leurs lèvres évoquer le devoir électoral et vanter les vertus de la démocratie, c’est faire l’appel dans une caserne vide? Ils ne voient pas ce qui nous saute aux yeux.

Alors qu’on ne cesse de lui parler de « Nouveau Monde », c’est l’«Ancien Régime» que la France voit chaque jour scintiller sous ses yeux. L’exemple le plus stupéfiant à mes yeux fut l’enterrement aux Invalides de Simone Veil. À la sortie de la cérémonie, un océan de limousines, chauffeurs au garde-à-vous, attendait les seigneurs de l’État français. Ministres, secrétaires d’État, députés, sénateurs, conseillers généraux, élus régionaux, princes de l’administration, marquis de la haute fonction publique, comtes et comtesses des institutions, tous avaient leur carrosse. C’était au-delà de l’indécence, c’était obscène. Et pourquoi toute cette pompe qui provoque des ricanements à Bruxelles à chaque fois que nous nous y déplaçons en Rois-Soleil? Pour rien !

Depuis trente ans, on ne demande qu’une chose aux princes qui nous gouvernent: réduire le chômage. Au lieu de ça, ils nous offrent la PMA qui ne concerne à peu près personne et les trente-cinq heures qui ont expédié nos entreprises en Slovaquie, en Chine et à Madagascar. Parmi les grandes nations industrielles, nous avons le taux de chômage le plus élevé, les impôts les plus élevés, la dette la plus élevée et le déclin le plus flagrant. Le mammouth administratif s’est transformé en obèse incompétent. Avec ça, très content de lui. Dès qu’on lui suggère de resserrer d’un cran sa ceinture, il s’indigne et parle de nos infirmières, de nos policiers et de nos juges. Comme si ce crocodile insatiable, grande gueule et petits bras, ne se voyait pas grossir chaque année et nous tondre la laine sur le dos.

Le millefeuille administratif, c’est leur piscine au soleil à eux. Ils s’y ébrouent et, sous nos yeux consternés, s’enchantent de leurs budgets aphrodisiaques. Et de leurs fameux coups de tampon. Pour installer une douche sur la Grande Plage de L’Île-aux-Moines, il va falloir constituer un dossier en mairie. Le transférer à l’agglomération de communes. Puis au département. Qui fera suivre à la région avant que, revenu chez le préfet, il ne reparte pour Paris où deux ou trois ministères ont leur mot à dire. Pour finir, encore un mystère, c’est Bruxelles qui offrira le point d’eau. Cinq ans après ! Sa brioche tartinée des deux côtés, la classe politique s’étonne pourtant de nos désillusions. Mais quel est son bilan? Elle ne soigne pas le mal, elle l’entretient. Si, par exceptionnel, quelqu’un proteste, elle s’installe sous l’arbre à palabres et se concerte avec elle-même. Qu’en sort-il ? Des « mobilités douces », des « conventions citoyennes », des « actions inclusives » des « itinérances mémorielles » et autres gadgets pour nirvana ministériel. On est enseveli sous des gravats de mots. Et dans quel langage! On dirait le fameux «Queen English», cette façon royale de parler d’une situation catastrophique sans évoquer la situation ni prononcer le mot catastrophe.

Alors, forcément, les électeurs se demandent à quoi sert la démocratie. Passe encore que les candidats parlent de changer la vie et ne changent que la moquette de leur bureau mais, par pitié, une fois élus, qu’ils cessent de nous donner des leçons de citoyenneté. Ce que nous ne supportons plus, c’est le mépris des élites qui se réservent tous les privilèges et prétendent en prime incarner la vertu. Des actes et des résultats, c’est de ça qu’on rêve. Pas de leurs éternels sermons.

Voilà la vérité! Bravo monsieur Martin-Chauffier vous êtes un des rares à avoir tapé dans le mille!

Mais comme « d’hab. » aucun politique ne vous écoutera!

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