Ces femmes qui osent.

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Ces femmes qui défient les islamistes

Elles bousculent les traditions en terre d’islam. Au Soudan, en Tunisie, en Algérie ou en Iran, enquête sur les combattantes de la liberté.

Symbole. Khartoum (Soudan), 8 avril 2019. Vêtue d’un « toub » blanc et juchée sur le capot d’une voiture, Alaa Salah harangue une foule enthousiaste. Trois jours plus tard, le 11 avril, le président soudanais, Omar el-Béchir, est renversé.

La lutte que mènent des femmes contre les islamistes, qui leur assignent une place secondaire dans la société, est mondiale. En France, elle est incarnée par des militantes engagées comme Zineb El Rhazoui , ancienne journaliste de Charlie Hebdo, contrainte de vivre sous protection policière, et par beaucoup d’autres (lire l’encadré en fin d’article). Ailleurs en Occident aussi, des femmes rejettent les prétentions des tenants d’un islam radical à gouverner leurs vies. Elles se nomment Lale Gül, jeune Néerlandaise d’origine turque qui n’a pas hésité à rompre avec sa communauté pour échapper à l’école coranique. Ou encore Yasmine Mohammed , Canadienne d’origine égyptienne qui accuse la justice de son pays de l’avoir abandonnée face à sa famille, qui l’avait forcée à porter le voile. Mais avant tout, la bataille pour les droits se joue au sein du monde musulman. Car, même si l’égalité est un combat dans beaucoup d’autres cultures, les femmes, dans la plupart des pays de tradition islamique, restent sujettes à des lois et règles spécifiques fondées sur la charia, la loi coranique. Selon l’interprétation plus ou moins rigoriste qui en est faite par chaque pays, ces contraintes peuvent aller du port obligatoire du foulard à l’impossibilité de demander le divorce, en passant par des restrictions en matière d’héritage ou de témoignage en justice. La lutte bat son plein entre les défenseurs de l’égalité des sexes et les partisans de l’islam politique, qui brandissent souvent ces discriminations persistantes comme un héritage culturel ainsi que le symbole de leur « résistance » face à l’occidentalisation des mœurs. Le Point est allé à la rencontre de militantes, souvent croyantes, qui osent se dresser contre des régimes en majorité liés aux forces islamistes, qu’ils soient proches de la République islamique d’Iran chiite, comme en Irak ou au Liban, ou de l’organisation sunnite des Frères musulmans, comme en Tunisie ou au Soudan.

Alaa Salah. Étudiante de 24 ans, elle est l’icône de la révolution soudanaise qui a renversé le président islamiste Omar el-Béchir.

Reine de Nubie dans la nuit de Khartoum. 

L’image de cette jeune femme debout sur le toit d’une voiture pour haranguer la foule est entrée dans l’Histoire. Son regard déterminé, sa silhouette blanche dans le crépuscule de Khartoum, la lumière des smartphones qui immortalisent la scène ont fait d’ Alaa Salah , étudiante de 24 ans, l’icône de la révolution qui a secoué le Soudan en 2019. Né de la hausse du prix du pain sur fond de crise économique et sociale, le soulèvement porté par les femmes soudanaises a mis fin à trente ans de dictature islamiste. « Notre révolution a commencé avec le mot-dièse #les femmes du Soudan se rebellent, raconte Alaa Salah. Depuis deux jours, nous occupions la place Al-Qiyadah à Khartoum, où se trouve le quartier général des forces armées, pour démettre le président Omar el-Béchir . » La manifestante a revêtu pour l’occasion une tunique blanche en hommage aux tenues portées par les candaces, ces reines nubiennes qui régnaient avant l’ère chrétienne. Le risque pris par la jeune femme est inouï. En prenant la parole devant des centaines de manifestants, puis en esquissant quelques mouvements de danse, Alaa Salah brave la loi sur l’ordre public, qui restreint la participation des Soudanaises à la vie publique et leur impose le port d’une tenue « décente ». L’éclat de son « toub » blanc est perçu alors comme une provocation par les autorités. « Omar el-Béchir  prétendait que c’était la loi islamique, mais c’est faux. C’était plutôt sa politique », dit-elle au sujet du dictateur, aujourd’hui emprisonné. De passage à Paris pour la sortie de son livre Le Chant de la révolte (Éd. Favre), la jeune femme a troqué son habit traditionnel contre un blazer marine tombant sur un pantalon assorti, vêtement autrefois interdit au Soudan. Un foulard azur recouvre ses cheveux ébène. « Les Soudanaises n’ont pas besoin d’un homme pour savoir comment se vêtir », insiste cette fan de mode, qui a impressionné, dit-on, jusqu’au président Emmanuel Macron. « La religion, je la connais et je sais comment la suivre », tranche cette musulmane pratiquante.

La renommée de la « reine de Nubie » s’est bâtie en une nuit. Photographiée par la Soudanaise Lana Haroun, elle envahit en un instant les écrans des portables de la planète, dont celui de la chanteuse américaine Rihanna, qui partage son histoire sur Instagram. Le monde prend alors la mesure de la force des vers qu’elle ose prononcer au cœur de Khartoum. « Ils nous ont emprisonnés au nom de la religion, nous ont brûlés au nom de la religion, nous ont tués au nom de la religion », lance-t-elle, l’index levé, devant une foule hypnotisée. « Mais l’islam est innocent, précise-t-elle. Il nous dit de prendre la parole et de combattre les tyrans. » Trois jours après son intervention, l’armée renverse le tyran El-Béchir . Si les révolutionnaires soudanaises n’ont pas encore réussi à se débarrasser de la junte militaire, elles ont obtenu une victoire de taille : l’abolition de la loi controversée sur l’ordre public, qui leur permet désormais de se vêtir comme bon leur semble.

Le coup de pied de Malak. 

« La présence importante des femmes dans les nouvelles manifestations contre les islamistes, mais aussi contre les régimes militaires laïques, est en réalité la continuation de la première vague de révolutions arabes, dont certaines revendications traitaient déjà de leur place dans l’espace public et de l’approfondissement de leur liberté », explique l’historienne Leyla Dakhli-Mital , spécialiste du monde arabe contemporain au CNRS. Les femmes ont également joué les premiers rôles de la révolution au Liban. Le 17 octobre 2019, des milliers de Libanais se précipitent sur la place Riad el-Solh, au centre de Beyrouth, pour dénoncer l’incurie de la classe politique et réclamer la fin du partage confessionnel du pouvoir hérité de la guerre civile (1975-1990). Ce soir-là, la route des contestataires croise celle du ministre de l’Éducation, Akram Chehayeb. Son convoi est pris à partie. Un des gardes du corps lance des tirs de sommation à l’arme automatique. La foule se disperse mais une femme s’avance, au contraire, en direction de l’agent et lui assène un coup de pied retourné dans l’entrejambe. La scène est partagée des milliers de fois, devenant le symbole d’un mouvement qui prend dès lors le nom de « révolution féministe ». « Ce n’était pas quelque chose de réfléchi, c’est ma colère qui m’a poussée à agir de la sorte », confie Malak Alawiye. Âgée de 42 ans, cette mère de famille assure n’avoir jamais suivi le moindre cours de karaté. « Je ne savais même pas qu’il s’agissait du ministre de l’Éducation ! jure-t-elle. Son garde du corps n’avait pas le droit de faire feu face à des manifestants désarmés. Voilà le symbole d’une classe politique qui se croit tout permis. »

Malak Alawiye. Cette mère de famille de 42 ans lutte pour que les femmes aient les mêmes droits que les hommes au Liban.

À l’image de nombreuses compatriotes, Malak Alawiye est venue place Riad el-Solh pour faire valoir ses droits. « Les femmes ne sont pas considérées comme des êtres humains au Liban », se désole cette Beyrouthine sans emploi, originaire de Mays al-Jabal, dans le sud du pays. En l’absence de statut civil unifié, les Libanaises sont soumises à des lois religieuses selon la communauté à laquelle elles appartiennent. hommes au Liban.Une Libanaise mariée religieusement ne peut ainsi souvent pas divorcer sans l’accord de son mari, ni obtenir la garde de ses enfants. « Ce que je souhaite, c’est un état civil basé sur les droits individuels », insiste Malak Alawiye, musulmane chiite pratiquante. « Si certains États arabes accordent aux femmes des droits politiques et sociaux, ils les soumettent à un droit de la famille régi par le droit religieux, où la femme est infériorisée par rapport à l’homme », souligne Leyla Dakhli-Mital.

Près de deux ans après le lancement de la « révolution du 17 octobre » au Liban, le centre-ville de Beyrouth s’est vidé de ses manifestants. En dépit d’une crise économique dévastatrice, le pouvoir confessionnel tient bon. « Les femmes libanaises sont fortes mais notre révolution a été kidnappée », avoue Malak Alawiye, désemparée. Elle doit être jugée en fin d’année par un tribunal militaire pour « outrage aux forces de sécurité ».

Symbole. Le coup de pied de Malak Alawiye à un agent de sécurité est « liké » sur les réseaux.

Menaces de mort. 

Bochra Belhaj Hmida. Avocate, cette ex-députée tunisienne de 66 ans a été le fer de lance de la lutte pour l’égalité hommes-femmes en matière d’héritage face aux islamistes d’Ennahda au pouvoir.

Féminisme. Au Bardo, à Tunis, mobilisation lors la Journée de la femme, le 13 août 2013.

Menaces de mort. S’il est un pays arabe qui a réussi sa révolution, c’est la Tunisie. Théâtre du premier soulèvement populaire du Printemps arabe en 2011, il est le seul de la région à organiser des élections libres. Mais tous les scrutins législatifs depuis lors ont placé en tête le parti islamiste Ennahda, branche tunisienne des Frères musulmans. Et en matière de droit des femmes, le pays de Habib Bourguiba, qui avait accordé dès 1957 aux Tunisiennes des avancées inédites dans le monde arabe (vote, mariage par consentement mutuel, divorce devant le juge, interdiction de la polygamie), piétine. « C’est la première fois qu’en Tunisie, au sommet de l’État, nous avons des gens qui ne défendent pas le droit des femmes », s’alarme Bochra Belhaj Hmida . Avocate, députée de 2014 à 2019 et présidente de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe) , cette militante féministe rappelle les féroces débats qui ont accompagné la rédaction de la Constitution en 2014. « Les islamistes voulaient intégrer la charia comme référence religieuse, ce à quoi nous nous sommes catégoriquement opposés », explique l’ancienne élue de Tunis, âgée de 66 ans.

« Insultée et violemment battue ». 

Shaparak Shajarizadeh. Diplômée en ingénierie informatique, cette Iranienne de 45 ans a dû s’exiler au Canada pour échapper à une lourde condamnation après avoir ôté son voile islamique en public à Téhéran.

Cofondatrice de l’Association tunisienne des femmes démocrates, Bochra Belhaj Hmida a été l’un des fers de lance de la loi contre les violences faites aux femmes, adoptée en 2017 par le Parlement, et qui lui a valu des menaces de mort. « On m’accusait, lors des prêches religieux du vendredi, de sortir de l’islam. On disait que ma place était en enfer, rappelle-t-elle sans sourciller. C’est la présence d’Ennahda au sein du pouvoir qui a favorisé ce genre de discours extrémiste. » Sa réforme phare, qui visait à instaurer l’égalité entre hommes et femmes en matière d’héritage, s’est toutefois heurtée à un mur. Selon le droit religieux, une fille doit recevoir deux fois moins que ses frères car les hommes sont censés travailler davantage que les femmes au sein d’un même foyer. « Il s’agit d’un discours démagogique visant à nier l’intérêt d’une égalité homme/femme, pointe l’avocate. Pour les islamistes, toucher à la question de l’héritage revient en fait à remettre en cause tous les rapports sociaux fondés sur le patriarcat. » Les partis tunisiens dits « progressistes » n’ont pas soutenu le projet de loi non plus. « Aucune formation politique ne s’est montrée enthousiaste car elles savent que la réforme de l’héritage est un sujet hautement impopulaire en Tunisie, regrette l’ex-députée. Au-delà de l’aspect religieux, elle touche aux intérêts financiers et aux règlements de comptes à l’intérieur même des familles. » Le président de la République tunisienne, le conservateur Kaïs Saïed, a sifflé la fin de la partie en s’opposant publiquement au changement de la loi au nom du Coran. La présidente de la Colibe refuse néanmoins de s’avouer vaincue. « On n’a pas gagné cette bataille, admet-elle, mais le débat sur l’héritage a été lancé en Tunisie et il a provoqué un séisme. »

Voile de la liberté. Chaque mercredi, depuis janvier 2018, Shaparak Shajarizadeh, 45 ans, se rendait dans un lieu fréquenté du nord de Téhéran pour retirer son voile, qu’elle accrochait au bout d’une baguette.

« Insultée et violemment battue ». Une révolution autrement plus silencieuse secoue depuis sept ans la République islamique d’Iran. Elle a pour cible un symbole du régime iranien, le voile islamique. Initiée par la militante Masih Alinejad, exilée aux États-Unis, elle invite les Iraniennes à ôter leur foulard en public pour protester contre son port obligatoire depuis la révolution de 1979. Chaque mercredi, depuis janvier 2018, Shaparak Shajarizadeh , 45 ans, se rendait dans un lieu fréquenté du nord de Téhéran pour retirer son voile, qu’elle accrochait au bout d’une baguette. « Je la tenais jusqu’à ce que j’aie mal au bras, raconte cette diplômée en ingénierie informatique. Certains passants m’applaudissaient. Pour moi, il s’agissait à travers le voile de réclamer la fin des lois discriminatoires à l’encontre des femmes. » Si les Iraniennes sont majoritaires à l’université, elles ne sont toujours pas l’égal de leurs compatriotes masculins devant la justice : la vie d’une femme en Iran vaut deux fois moins que celle d’un homme en termes d’héritage ou de « prix du sang » (la somme à rembourser à la famille d’une victime d’accident ou de meurtre). Au tribunal, le témoignage d’une Iranienne équivaut à la moitié de celui d’un Iranien.

Nasrin Sotoudeh. Illustre avocate iranienne des droits de l’homme, la lauréate du prix Sakharov du Parlement européen a été condamnée à trente-huit ans de prison et 148 coups de fouet pour avoir défendu des femmes qui s’étaient dévoilées.

Le 21 février 2018, alors qu’elle agite son foulard devant des passants, Shaparak Shajarizadeh est arrêtée et interrogée plusieurs heures par des agents du renseignement. « Ils m’ont accusée d’être une espionne et de propagande contre l’État, se remémore-t-elle avec effroi. Ils m’ont insultée et violemment battue. » Libérée puis de nouveau arrêtée à deux reprises, cette mère de famille a fui clandestinement son pays pour le Canada, où, réfugiée politique, elle a raconté son combat dans La liberté n’est pas un crime (Plon). Sa dernière sortie de prison, en mai 2018, elle la doit à l’avocate Nasrin Sotoudeh . Cette illustre figure des droits de l’homme en Iran, prix Sakharov du Parlement européen, a payé de sa propre liberté sa défense de Shaparak Shajarizadeh. Arrêtée à son tour en juin 2018, elle a été condamnée au total à trente-huit ans de prison et 148 coups de fouet, notamment pour « incitation à la corruption et à la prostitution ». Circonstance aggravante selon le tribunal révolutionnaire de Téhéran, l’avocate s’est présentée tête nue à son interrogatoire. « Comme la majorité des Iraniens, Nasrin ne croit pas au port obligatoire du voile, qui est contraire à la déclaration des droits de l’homme et du citoyen », explique son mari Reza Khandan. Cela fait maintenant trois ans que sa femme vit incarcérée en Iran, privée de ses deux enfants. « Les conditions dans le centre de détention pour femmes de Gharchak sont insupportables, confie le conjoint, lui-même déjà emprisonné. Nasrin y vit dans une cellule où sont regroupées une cinquantaine de détenues. De l’eau coule depuis les murs fissurés, sans parler de l’odeur pestilentielle. Clairement, on lui impose ce traitement inhumain pour la faire souffrir. » C’est derrière les barreaux que Nasrin Sotoudeh a appris que son pays avait été le théâtre en novembre 2019 d’un soulèvement populaire, dont la répression a fait des centaines de morts. L’avocate la plus connue du pays n’a-t-elle pas gâché sa vie pour une cause perdue ? « Si l’on se dit ça, alors rien ne se passera en Iran, assure Reza Khandan . C’est grâce aux combats menés pour les droits civils qu’il n’existe aujourd’hui que peu de segments de la société iranienne qui ne protestent pas. Le pouvoir agit comme s’il voulait précipiter sa chute. » Si un jour l’Iran connaît un destin soudanais, ce sera en grande partie grâce au courage de ces femmes.

Et chez nous.

Mila, Zineb El Rhazoui et les autres…

Dans notre pays aussi, se dresser contre les islamistes, refuser le diktat de ceux qui voudraient cantonner les femmes à un rôle secondaire, demande du courage. L’adolescente Mila peut en témoigner, elle est en première ligne, malgré elle, pour avoir osé critiquer l’islam un jour sur Instagram. Harcelée, menacée, déscolarisée puis inscrite dans un établissement tenu secret, elle n’en a pas fini avec ses persécuteurs. Certains d’entre eux sont jugés en ce moment même à Paris, mais le harcèlement a repris de plus belle, assure-t-elle au Point : « Je n’en peux plus, c’est monstrueux (…) Je n’ai plus rien, plus de vie, j’ai l’impression d’être un robot, de ne plus être un être humain mais un souffre-douleur. »

Zineb El Rhazoui, l’ancienne journaliste de Charlie Hebdo, doit, elle aussi, vivre sous protection policière. Ses mises en garde contre l’« infiltration des Frères musulmans » lui valent une foule d’ennemis, de Rabat à Paris, et font d’elle la femme la plus menacée de France.

Fatiha Agag-Boudjahlat .

Citons aussi, parmi d’autres, Fatiha Agag-Boudjahlat, militante féministe et essayiste, qui est traitée d’« Arabe de service » quand elle ose défendre l’universalisme. La journaliste Caroline Fourest, qui a perdu la plupart de ses anciens amis politiques pour s’être élevée contre la gauche identitaire en déclarant que le voile islamique n’était pas un simple vêtement. Comme d’autres à Khartoum, à Beyrouth et ailleurs, elles connaissent le prix de la liberté. Leurs histoires sont autant de leçons de courage.

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