JL Mélenchon choqué …

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Une gifle qui violente. Une gifle qui humilie. Une gifle qui réveille aussi. Qui rappelle à chacun la valeur autant que la fragilité de la vie démocratique. Et qui démontre l’attachement à la figure, osons le dire, sacrée, du président de la République.

Dans cet épisode drômois aussi choquant que bref, la violence est plus symbolique que physique. Emmanuel Macron n’a heureusement pas été blessé, ni véritablement été mis en danger. Combien d’anonymes subissent dans le pays des atteintes corporelles aux conséquences individuelles autrement graves. Mais, en vertu de l’onction du suffrage universel, Macron, au moins jusqu’en mai prochain, incarne la nation.

C’est la célèbre distinction des «deux corps du roi » théorisée dans les années 1950 par l’universitaire Ernst Kantorowicz: il y a, réunies le temps d’un mandat, la personne privée et la fonction exercée. La seconde excède la première. La fonction présidentielle impose des devoirs à celui qui la détient pour un temps; mais elle impose le respect à ceux qui vivent et agissent sous sa juridiction.

Voilà pourquoi la gifle de Tain l’Hermitage n’a pas uniquement effleuré le visage de l’homme Macron, elle a touché la fonction et, partant, atteint la nation tout entière. Et c’est l’honneur de la quasi-totalité des responsables politiques français, à commencer par les adversaires les plus déterminés (Marine Le Pen) ou les plus virulents (Jean-Luc Mélenchon) de Macron d’avoir aussitôt condamné cet acte et d’avoir exprimé leur soutien à celui qui s’inscrit dans la lignée de tous les détenteurs de la fonction suprême. Il y a dans cette indignation spontanée le signe d’une dignité républicaine partagée qui vient tempérer les lamentations sur la dégradation de la vie démocratique. Même si, sous la sincérité percent inévitablement des arrière-pensées: ne pas laisser Macron tirer seul les bénéfices d’une émotion publique, ne pas autoriser le moindre soupçon de connivence avec une quelconque mouvance violente, voire, pour Jean-Luc Mélenchon, tenter de retourner à son profit sa détestable polémique du week-end.

Il convient aussi de tirer quelques leçons de ces images une fois encore plus choquantes que violentes. La première est de ne pas surdimensionner la portée de cet événement. Ce serait accorder trop d’importance à l’imbécile qui a voulu se faire remarquer. La meilleure réponse a été donnée par Emmanuel Macron lui-même qui a immédiatement décidé de ne modifier en rien le programme de ce déplacement. Ne pas s’arrêter, ne pas dramatiser à l’excès non plus. Le caractère inacceptable d’un tel acte impose un réflexe d’unité; il ne signifie pas que la République est en danger. De même, il serait stérile de relancer le débat sur la protection du président. Se mettre en retrait, se protéger de tout contact avec le public serait une capitulation à laquelle Macron se refuse. La vigilance, nécessaire, n’empêchera jamais une part de risque avec laquelle il faut continuer de composer.

Enfin, l’indignation évidente ne doit pas conduire à supprimer la confrontation verbale et politique; ni même à l’aseptiser. La vitalité, et même la vigueur du débat démocratique restent précisément le meilleur antidote à la tentation de la violence physique.

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