Chaud devant…

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Selon la police anticorruption, le parti centriste aurait mis en place un système pour détourner des fonds européens afin de salarier ses employés.

Le président du MoDem, François Bayrou, a vivement contesté les soupçons de la police anticorruption sur le détournement des fonds européens qui aurait permis de salarier les employés du parti centriste.

Chaud…très chaud…

C’est un dossier plus que jamais embarrassant pour le MoDem. Après quatre ans d’investigations, la police anticorruption a conclu dans un rapport que le parti centriste a mis en place un « système ancien et plus ou moins informel » de détournement des fonds européens pour salarier ses employés. Dans cette affaire, François Bayrou et plusieurs ex-eurodéputés sont mis en examen depuis fin 2019.

« J’affirme une fois de plus que ces accusations sont malveillantes et que ces allégations sont fausses. Et cela sera prouvé », a réagi mercredi sur Twitter le président du MoDem lors de la publication par Le Monde d’extraits de ce rapport de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff), chargé de cette affaire de soupçons d’emplois fictifs d’assistants d’eurodéputés.

À un an de la présidentielle, la révélation de cette synthèse de 29 pages, après presque 18 mois de poursuite discrète des investigations depuis la mise en examen du maire de Pau, remet en lumière un dossier embarrassant pour le MoDem, principal allié du président Emmanuel Macron.

Le préjudice du Parlement européen estimé à 1,4 million d’euros

Dans ses conclusions, datées du 14 avril et consultées par l’AFP, l’Oclciff estime que « pour faire vivre son parti et assurer son fonctionnement à moindre coût, François Bayrou et Marielle de Sarnez, épaulés par les cadres du parti, ont mis au service de l’UDF puis du MoDem des assistants parlementaires rémunérés par le Parlement européen ».

Les policiers anticorruption décrivent « un système ancien et plus ou moins informel » qui « ne reposait pas sur une méthode monolithique et systématique ». « Il évoluait au fil du temps et relevait de l’opportunité des situations tout en respectant un budget déterminé », est-il écrit. Les enquêteurs expliquent que « les collaborateurs parlementaires détournés disposaient d’un contrat de travail à temps partiel avec le parti et un autre avec l’élu européen, endormant ainsi la vigilance des services du Parlement européen ».

Cette méthode rendait « très malaisés d’éventuels contrôles ou vérifications » sur la réalité du travail des assistants d’eurodéputés, puisqu’ils exerçaient « ces doubles emplois » en étant « physiquement situés dans les locaux de l’UDF et du MoDem » à Paris. Le rapport évalue le préjudice du Parlement européen à 1,4 million d’euros. Il intègre toutefois dans ce chiffre l’intégralité (400 000 euros) de la rémunération des assistants ayant tout de même partiellement travaillé pour les eurodéputés, souligne son auteur.

De possibles peines d’inéligibilité à venir

Au final, l’Oclciff suggère des poursuites judiciaires pour « détournement de fonds publics », une infraction susceptible d’entraîner une peine d’inéligibilité, contre neuf ex-eurodéputés, dont Sylvie Goulard, Nathalie Griesbeck, Jean-Luc Bennahmias et Robert Rochefort. Les policiers estiment aussi possible de poursuivre trois cadres du parti pour « complicité » de ce délit. Ils évoquent enfin d’éventuelles poursuites pour « recel » contre les anciens assistants ainsi que contre le MoDem, son président, son ex-directeur financier et plusieurs autres personnes.

Pour le « recel », les policiers retiennent aussi le nom de l’actuel ministre des Relations avec le Parlement et candidat aux élections régionales, Marc Fesnau, au titre de ses anciennes fonctions de secrétaire général du MoDem. Mais le dernier mot reviendra aux juges d’instruction, qui ont déjà engagé des poursuites en ordonnant les mises en examen, dès novembre-décembre 2019, d’une quinzaine de personnes – eurodéputés, cadres ou ex-cadres du parti –, la plupart pour « détournement de fonds publics » ou « complicité ».

Parmi eux, François Bayrou, son bras droit Marielle de Sarnez, décédée le 13 janvier, ainsi que l’ex-garde des Sceaux Michel Mercier. Cette récente synthèse de police, qui complète les précédents rapports de l’Oclciff de juin et octobre 2018 ayant ouvert la voie aux premières mises en examen, est d’ailleurs adressée à la juge d’instruction Noémie Nathan, qui a repris en 2020 la tête de ces investigations menées avec deux autres magistrats du pôle financier du tribunal de Paris.

Le Rassemblement national et Jean-Luc Mélenchon visés par des affaires similaires

Le Rassemblement national, visé par une enquête similaire pour un préjudice évalué à 6,8 millions d’euros par le Parlement européen, avait lui aussi dénoncé la révélation mi-mai par le JDD d’un récent rapport de synthèse de l’Oclciff, dont les conclusions sont venues concrétiser un peu plus la menace d’un procès. Mais aucune des deux affaires, vivement contestées par les deux partis, ne sera en état d’être jugée d’ici à l’élection présidentielle.

Une troisième information judiciaire sur des soupçons d’emplois détournés d’assistants européens vise en parallèle le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Interrogé par l’Oclciff en octobre 2018, il ne fait toutefois l’objet d’aucune poursuite à ce stade.

Service moins rapide que pour F.Fillon… Moins gênant ?

Sacré marlou, mais lui n’est pas au courant c’était M.de Sarnez qui suivait les dossiers…

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