Quand la folie transgenre s’attaque aux enfants…

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Confrontée à la multiplication des cas de “dysphorie de genre” chez les enfants, la France répond presque systématiquement à une détresse réelle en proposant le changement de sexe social. L’exemple américain devrait pourtant nous inciter à la plus grande prudence.

Sur le plateau de « Quotidien », Lilie, 8 ans, parle de sa « transition ».

Intitulé Trans Kids : it’s Time to Talk, le documentaire, diffusé en 2018, est né de l’expérience de son auteur, la psychothérapeute britannique Stella O’Malley. Née dans les années 1970 à Dublin, la fillette se vivait comme un garçon. Aujourd’hui femme et mère, Stella O’Malley remercie le Ciel : « Si j’étais née trente-cinq ans plus tard, je suis certaine que j’aurais été cet enfant qui va sur Internet, qui choisit de recevoir des traitements hormonaux et qui transitionne, j’en suis sûre. » C’est pour ces enfants d’aujourd’hui qu’elle a décidé de parler, certaine d’une chose : « On les égare. Je crois qu‘ils sont perdus et je crois qu’on les égare. »

Qui donc serait ce « on » ? Le discours militant qui pénètre, sans nuance ni prudence, la société tout entière par l’école, les médias, les réseaux sociaux ou les discours de personnalités très suivies. Comment a-t-on changé d’époque à ce sujet ? Pour le Dr Christian Flavigny, ancien directeur du département de psychanalyse de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital de la Salpêtrière et auteur d’Aider les enfants “transgenres” (Pierre Téqui Éditeur), ces phénomènes « ont pris une dimension nouvelle du fait de l’engouement anglo-saxon pour les techniques médicales qui sont apparues comme une solution, à condition d’accréditer le fait que l’enfant serait bien de l’autre sexe. C’est ça le leurre. Les militants, très actifs aux États-Unis, veulent accréditer l’idée d’erreur de la nature qu’il faudrait réparer ». Et ces militants ont fait des petits de ce côté de l’Atlantique.

Baptiste est désormais Lilie : l’enfant n’a que 8 ans lorsque ses parents Chrystelle et Guillaume sillonnent les plateaux de télévision, en cette rentrée scolaire de l’année 2020. Quelques mois plus tôt, on pouvait aller voir la comédie danoise A Perfect Family au cinéma. Quelques semaines avant la diffusion du téléfilm Il est elle par TF1. La question transgenre est partout, jusque dans des émissions du service public. Côté show-biz, des acteurs ou actrices annoncent leur « transition ». Et pour rassurer les parents inquiets, ce sont des actrices qui livrent leur témoignage ému : Angelina Jolie ou Charlize Theron ont publiquement confié leur joie d’avoir un enfant transgenre et leur aura dépasse de loin les frontières américaines. L’offensive médiatique et culturelle est unanime : personne ne juge bon de s’arrêter sur les conséquences physiques, physiologiques ou psychologique d’un tel bouleversement dans la vie d’un enfant ou d’un adolescent.

Fini le bon vieux temps, il y a seulement sept ans, où la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem pouvait nier l’évidence pour rassurer les esprits échauffés par La Manif pour tous. À l’époque, la théorie du genre « n’existe pas ». L’idée des ABCD de l’égalité n’était pourtant pas nouvelle puisqu’elle avait germé sous un gouvernement de droite, en 2011 : une circulaire du ministère réclamait aux rédacteurs de manuels scolaires de se pencher sur la question « devenir femme ou homme ». Le but était de lutter contre les stéréotypes de genre, et c’est finalement le genre qui est devenu “fluide”. Les étapes ont été franchies une à une, et l’Éducation nationale a suivi très naturellement : un vade-mecum existe aujourd’hui, qui indique que tout élève, majeur ou mineur accompagné de ses parents, doit être soutenu par la communauté éducative dans sa “transition”. C’est-à-dire dans son changement de sexe social.

Explosion du nombre de cas d’enfants transgenres.

L’incertitude enfantine, le malaise adolescent et l’interrogation sur son propre corps se résument chez les militants en un diagnostic systématique et lourd de conséquences : la “dysphorie de genre”. Les mots se sont invités sur les plateaux de télévision avec l’orgueil de l’évidence, quelques années seulement après leur entrée dans le manuel de l’Association américaine de psychiatrie. Il prétend décrire la détresse de la personne transgenre face au sentiment d’inadéquation entre son sexe biologique et son identité de genre. En d’autres termes, un petit garçon qui pense être une fille, ou inversement. En quelques années, tout a basculé.

Le phénomène n’a plus rien d’anecdotique dans le pays qui nous abreuve de ses réflexes militants en la matière : les États-Unis. En 2007, le pays comptait deux “cliniques de genre”, qui accueillent ces enfants désireux d’une transition sexuelle ; moins de quinze ans plus tard, il en compte plus d’une cinquantaine. La “dysphorie de genre”, malaise parfois bien réel, concernait encore récemment 0,01 % des Américains, essentiellement des hommes. En 2018, 2 % des lycéens du pays se déclaraient transgenres, essentiellement des femmes.

La France suit forcément le même chemin. En 2014, le Dr Jean Chambry est l’un des premiers médecins français à avoir ouvert une consultation pour les adolescents gênés par leur “identité de genre”. Dans le Figaro, le pédopsychiatre se confie : « Des “gender clinics” existaient déjà aux États-Unis, au Canada, aux Pays-Bas… Dans ma pratique, en France, je n’avais eu qu’une seule demande de ce type en quinze ans […] Cela a commencé à flamber depuis cinq ans. Aujourd’hui, nous sommes débordés. » Désormais, près de 700 enfants de 3 à 18 ans sont suivis pour une “dysphorie de genre” à Paris, accueillis par des équipes pluridisciplinaires composées de pédopsychiatres et d’endocrinologues dans les trois centres de consultations ouverts en 2013. Chaque mois, les professionnels de santé se retrouvent pour examiner les dossiers de ces enfants, en présence de juristes et de militants de la “cause trans”. Et la liste d’attente est déjà longue !

Concrètement, le diagnostic de “dysphorie de genre” est quasi systématiquement suivi d’une incitation au changement social de sexe, et ce dès la maternelle. Pour le reste, il faut (encore) attendre quelques années : les bloqueurs de puberté peuvent être prescrits dès 10 ans, le traitement hormonal est possible dès 15 ans pour développer les caractères sexuels secondaires, mais il faut attendre la majorité pour les opérations génitales. Des limites que les militants – qui rêvent même de faire disparaître le sexe de l’état civil – travaillent à faire évoluer.

L’inquiétude croissante de nombreux médecins.

Les médecins engagés dans ces changements de sexe se veulent rassurants : la chimie n’est pas irréversible. Certains de leurs collègues se montrent nettement plus inquiets. À commencer par un collectif de psychiatres et de psychanalystes regroupés au sein de l’Observatoire des discours idéologiques sur l’enfant et l’adolescent. Dans une tribune publiée le 20 mai dernier sur le site Internet de l’Express, les professionnels de santé dénoncent un discours faussement rassurant : « Il y a un risque majeur de faire d’un enfant sain, un patient à vie en raison de la mise en route de traitements hormonaux agressifs. » Sans compter les effets sociaux d’une telle décision : « Une fois installé dans l’identité de genre inversée que le jeune a réclamée, les liens de dépendance instaurés avec l’équipe médicale, les bouleversements familiaux que cette demande a engendrés, le statut acquis auprès des pairs, tous ces facteurs vont ensuite entraver des possibles retours à l’identité d’origine, compromettant son avenir et ses capacités procréatives. »

Le Dr Chambry ne voit qu’une « libération de la parole » dans l’explosion du nombre de cas. D’autres pointent le résultat d’une propagande médiatique, décuplée par les réseaux sociaux. Par identification, l’enfant se construit peu à peu grâce à ce qui lui est donné, ce que sont ses parents et ce qu’il découvre et désire. Le tout influencé par l’air du temps… Dans la tribune publiée par l’Express, les signataires n’y vont pas par quatre chemins : « Les demandes de ces adolescents arrivent formatées. Il s’agit toujours du même discours, de la même revendication, de la même exigence : être né dans un mauvais corps, se sentir appartenir à l’autre sexe, être assigné au sexe auquel on n’appartient pas. Ce discours est véhiculé par les réseaux sociaux qui offrent de nouveaux idéaux qui promettent à ces jeunes monts et merveilles. » Aux parents inquiets ou déroutés, on brandit le risque du suicide. L’essayiste britannique Douglas Murray auteur de la Grande Déraison (L’Artilleur) interroge donc : « Comment se fait-il que le taux de suicide ne varie pas chez les trans, avant et après opération ? »

Le sentiment de toute-puissance est propre à l’enfant. La volonté de révolte courante chez l’adolescent. Est-ce les aider que d’y succomber en bousculant le plus intime ? Dans une tribune publiée par Marianne en janvier dernier, un collectif de psychiatres, pédiatres et psychanalystes répond sans détour : « L’enfant ne choisit ni ses parents ni son sexe, ni son nom en naissant. Il passe sa vie à composer avec ce qui ne lui est pas donné d’emblée, pour mieux s’en accommoder et devenir ce qu’il est avec ce qu’il n’a pas choisi. C’est ce principe qui est fondateur du genre humain. Il est contraint, il ne peut pas tout. » C’est exactement le point de rupture : pour certains militants progressistes, Dieu est mort et l’Homme doit prendre sa place.

Les pays anglo-saxons découvrent les “détransitionneurs”

Un changement de sexe risque de ne modifier que les apparences, en préservant un malaise plus profond. Pour le Dr Flavigny, « les mots de l’enfant : “je me sens de l’autre sexe” sont une interpellation, non une vérité à prendre au pied de la lettre ». Pour ce pédopsychiatre, l’enfant exprime d’abord un désarroi et une souffrance dont il faut démêler les causes : « La mauvaise connexion de la transmission (par les parents) et de la référence (aux parents) a empêché ce qui est la condition de vivre son appartenance à son sexe : une fierté partagée entre père et fils, entre mère et fille. » Dans le secret de son cabinet, il confie que la réclamation du changement de sexe « se déballonne » bien souvent après un long travail sur le lien entre l’enfant-adolescent et son parent de même sexe. Le temps de renouer une relation « asséchée ou bloquée ».

De quoi nuancer la solution technique miracle. D’autant que le temps qui passe n’apporte pas que de bonnes nouvelles : les pays anglo-saxons découvrent aujourd’hui les “détransitionneurs”, ces adultes qui regrettent une transition décidée alors qu’ils étaient trop jeunes. Depuis quelques mois, les États-Unis connaissent un mouvement de contestation des pratiques médico-chirurgicales sur enfants et adolescents dans plusieurs États. Au Royaume-Uni, la Haute Cour de justice d’Angleterre et du pays de Galles a donné raison à Bell, une ancienne patiente qui disait regretter sa transition d’enfant : elle a affirmé que les enfants de moins de 16 ans n’étaient pas assez mûrs pour donner leur consentement. Dans son jugement, la Haute Cour souligne « que les traitements bloqueurs de la puberté apparaissent comme expérimentaux [et] il existe une réelle incertitude sur les conséquences à court et à long terme d [es] traitement [s] avec des preuves très limitées quant à [leur] efficacité ».

En l’absence d’études sur les conséquences du traitement de ces “dysphories de genre”, la réalité devrait nous inciter à la plus grande prudence. Qui se souvient que c’est au nom de la liberté, de la libération et du bonheur que des “progressistes” ont prôné la pédophilie dans les années 1970 ? Cinquante ans après, le consentement des enfants est déclaré – à juste titre -impossible dans ce domaine. Mais qu’est-ce que le changement de sexe d’un enfant, si ce n’est la sexualisation du regard que l’adulte accepte de poser sur son intimité encore si fragile ?

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