Les éoliennes, objets politiques très identifiés

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Promus par les écolos, abhorrés par les riverains, ces épouvantails de la transition énergétique sont l’objet d’une récupération politique.

Tournent les eloiennes au gre des courants politiques.
Tournent les éoliennes au gré des courants politiques.

Quiconque s’est interrogé sérieusement sur les bienfaits supposés des éoliennes a dû convenir que leur bilan carbone n’était pas mirobolant. Intermittente par nature (le vent ne souffle guère, par exemple, quand il fait très froid), l’électricité qu’elles produisent nécessite une source de remplacement rapidement mobilisable lors des pointes de consommation. Seules les centrales thermiques sont en mesure de répondre à cette demande. CQFD.

Mais l’équation n’est pas si simple. Les impératifs de la transition énergétique exigent, politiquement, de produire de l’énergie verte à marche forcée. Les projets de parcs éoliens se multiplient donc sur le territoire. Ils font des heureux, ceux qui hébergent sur leurs terres quelques-uns de ces engins moyennant redevance, mais suscitent une hostilité croissante de la part des riverains. Soixante-dix pour cent d’entre eux font l’objet de recours juridiques !

Champ de bataille politique

Cette addition de mécontents, en inflation constante, n’a pas échappé au Rassemblement national, qui apporte son soutien au moindre maire qui entre en résistance contre des promoteurs souvent agressifs et aux associations locales qui fleurissent en France pour protester contre l’enlaidissement des paysages et les nuisances, notamment sonores, engendrées par les éoliennes.

Les Hauts-de-France sont aujourd’hui le champ de bataille politique n° 1 de cette récupération. Le président de la région, Xavier Bertrand a été le premier à s’élever contre ce qu’il qualifie de « scandale national », dont « la méthode de développement anarchique méprise les populations ». Face à la gauche, plus unie que dans la plupart des autres régions, avec pour tête de liste aux prochaines élections l’écologiste Karima Delli , il se déclare sans ambages pronucléaire et agite la menace de poursuites judiciaires contre les futurs projets éoliens. Mais il est débordé sur sa droite : le RN, qui a beau jeu de rappeler que les Hauts-de-France détiennent le record du nombre d’implantations, l’accuse de laxisme en ce domaine.

L’hostilité aux éoliennes est ainsi devenue un objet de surenchère politique entre la droite et l’extrême droite. L’exécutif et la majorité présidentielle marchent sur des œufs, de peur de s’attirer les foudres écologistes déjà dirigées contre eux. Sans parler de la gauche, soumise, à de rares exceptions près, au dogme antinucléaire sur lequel elle semble incapable d’évoluer. C’est une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui combattent le développement des éoliennes terrestres sans arrière-pensées politiques.

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