La nouvelle loi.

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C‘est un véritable cas d’école. En mars dernier, deux professeurs de Sciences Po Grenoble, taxés d’« islamophobie » et de« fascisme », sont cloués au pilori par un syndicat étudiant d’extrême gauche très influent dans l’établissement. Direction, corps enseignant, étudiants : tout le monde est tétanisé, et les deux malheureux doivent se défendre seuls contre ces accusations. Mais la médiatisation de l’affaire finit par déclencher un rapport de l’inspection de l’Éducation nationale. Et qu’y découvre-t-on ? Que les deux mis en cause, très appréciés pour leurs qualités professionnelles et humaines, ont le malheur d’être « les seuls professeurs de droite » de cet institut d’études politiques, où une petite coterie fait régner un climat de peur, diffamant quiconque ne partage pas leur idéologie.

Jamais les minorités agissantes n’ont aussi été influentes dans la société française. Très organisées, surfant sur toutes les fausses culpabilités à la mode, elles utilisent à la perfection les réseaux sociaux pour discréditer leurs adversaires. Et l’enseignement supérieur est loin d’être leur seul terrain de jeu : elles s’attaquent aussi bien aux professeurs qu’aux chasseurs, aux industriels qu’à la police ou à l’Église, sans parler des journalistes qui ne sont pas assez à gauche. Ces nouveaux gardes rouges, souvent protégés par l’anonymat, n’ont que faire de la vérité, de la discussion contradictoire ou de la présomption d’innocence, et ils peuvent bien souvent compter sur la passivité de leurs victimes, paralysées par des mises en cause infamantes. Il n’est jamais facile d’être accusé, au choix, de racisme, de sexisme, d’homophobie, d’écocide, de pollution, de maltraitance des animaux, de crime contre le climat, etc.

Le poids réel de ces activistes est inversement proportionnel à leur nocivité. Ils sont certes très influents sur les réseaux sociaux mais ceux-ci ne reflètent heureusement pas la réalité de la société (gardons à l’esprit, par exemple, que seuls 8 % des Français vont quotidiennement sur Twitter, quand 69 % ne le consultent absolument jamais). Dans une République adulte, les minorités n’ont pas à dicter leurs lois, ni à l’université, ni dans les entreprises, ni a fortiori pour décider de la politique du pays. Et rappelons que le socle de la démocratie est l’élection, pas les assemblées générales, les grands débats et autres conventions citoyennes, bien souvent infiltrées par les plus militants. Le président de la République l’a d’ailleurs appris à ses dépens, confronté aux propositions maximalistes de la Convention citoyenne sur le climat qu’il avait lui-même mis en place. Il a eu raison de ne pas leur céder. On aimerait que toutes les institutions confrontées à des minorités jusqu’auboutistes fassent preuve de la même fermeté.

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