Nouvelle décision de justice en faveur des éoliennes.

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Le Conseil d’État a tranché dans le sens d’un projet de 16 mâts dans le Morbihan, au grand dam des défenseurs de la biodiversité.

Parc éolien de L.anouée

ENVIRONNEMENT Ils avaient bon espoir de l’emporter et ils ont finalement perdu. Après un premier jugement qui leur avait donné raison en 2017, des opposants à un parc d’éoliennes au cœur de la forêt de Lanouée, dans le Morbihan, viennent de perdre la bataille devant le Conseil d’État.

Dans une décision du 15 avril, les juges suprêmes ont donné leur feu vert à la reprise de ce projet estimant que celui-ci « répond à un intérêt public majeur ».

« Il permettra d’approvisionner en électricité 50 000 personnes par des énergies renouvelables, et ce, dans une région où la production électrique est très faible », font-ils ainsi valoir dans leur jugement, en précisant par ailleurs que ces installations n’entraîneront pas de nuisances particulières. « Situées à une distance raisonnable des habitations, les éoliennes ne seront en outre pas installées dans des espaces classés ou protégés », écrivent-ils.

Bataillant depuis des années contre ce projet qui prévoit l’implantation de 16 éoliennes de 185 mètres de haut, Anne-Marie Robic, déléguée de Sites & Monuments en Bretagne, pense au contraire que ce parc sera dévastateur. « Nous sommes dans une zone riche en biodiversité et qui abrite soixante-six espèces protégées », dit-elle en imaginant les éoliennes mises en services. Ces pâles géantes qui vont surgir de la canopée vont faire fuir les volatiles ou les broyer. « Ce sera la désertification de cette forêt », prédit-elle en s’attristant des mesures compensatoires mises en avant par le porteur de projet. Commençant les travaux en 2013 avant leur interruption en 2017 en raison de ces recours, la société Les Moulins de Lohan, filiale du groupe canadien Boralex, avait ainsi créé des fosses pour accueillir les amphibiens, délogés de leur mare. « Depuis, ces fosses se sont asséchées et il n’y a plus d’amphibiens », regrette la responsable.

Douche froide.

Les premiers juges de Rennes avaient d’ailleurs donné raison aux opposants du projet en tenant compte notamment de cette richesse naturelle à protéger. Mais saisi en appel par Boralex, le tribunal de Nantes avait fait volte-face. Une déconvenue vite oubliée puisque le rapporteur public du Conseil d’État était allé dans le sens des anti-éoliens. Ces derniers avaient donc tout lieu d’espérer une décision épousant leurs arguments… C’est donc la douche froide pour Anne-Marie Robic.

Désormais, plus rien n’empêche le groupe canadien de reprendre les travaux. Sur une emprise de 16 hectares prévue pour le projet, le terraina été défriché, le béton a été coulé et les câbles installés. Après une sérieuse remise en état du chantier, ce nouveau parc devrait donc voir le jour. Pour Anne-Marie Robic, qui ne compte plus le nombre d’éoliennes autour de cette forêt, la nuit noire devient, dans cette région, un lointain souvenir. « Avec toutes ces lumières qui clignotent, c’est désormais la fête foraine permanente. »

Et à la fin c’est toujours les « éoliens » qui gagnent…

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