Grand merci à eux !

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« Pétain est revenu, ou quoi ? » Il n’y a pas si longtemps, un vieil ami algérien, de passage à Marseille, disait à l’auteur de ces lignes : « Chaque fois que je traverse la Méditerranée, j’ai un choc. C’est comme si les islamistes avaient contaminé vos élites et occupaient, chez vous, tous les postes de pouvoir. Dans les médias, notamment. – Tu exagères ! – Un peu, oui, mais la situation ici n’a rien à voir avec ce qui passe chez nous, où toutes les personnes sensées sont contre les islamistes. » 

On ne donnera pas le nom de cet ami pour qu’il n’ait pas d’ennuis, mais il a raison : la France « blanche » d’en haut – pour parler le français racisé à la mode – est « avachie », comme disait de Gaulle. Quand des bouffons qui se disent universitaires ne prétendent pas que l’islamo-gauchisme n’existe pas « scientifiquement », ce sont les stipendiés du tout-État qui s’indignent que l’on ose parler de désindustrialisation ou de déclin français, des « lubies de scrogneugneux »

La vieille pente vichyssoise des élites françaises les a déjà amenés, parfois, à « comprendre » la tuerie de l’équipe de Charlie par des islamistes (relire Despentes ou Plenel). Après chaque attentat, une petite musique nous intime de faire des concessions sur le voile intégral et, surtout, sur le délit de blasphème, auxquels il serait vain, voire honteux, de continuer à s’opposer : ils sont dans le sens de l’Histoire et permettront, quand ils seront légalisés, de racheter « les crimes contre l’humanité », comme dirait Macron, perpétrés par « nos ancêtres coloniaux »

Pour suivre l’exemple venu d’en haut, chez Jupiter, il faudrait s’excuser d’être un Français – mot auquel, au train où vont les choses, nous devrons bientôt enlever la majuscule. Si le salut vient un jour, ce sera moins grâce à la France « blanche » qu’à la « brune » ou à la « noire » : observez comme le combat pour l’universalisme, les Lumières, notre langue, les valeurs de notre cher et vieux pays est de plus en plus souvent mené par nos compatriotes d’origine immigrée, souvent des femmes, révoltés par la tyrannie de la bêtise et de la bigoterie. Ce sont celles-ci et ceux-là qui sauvent l’honneur de notre modèle qui, s’il n’est pas perdu, ne semble plus bien vaillant.

Dans les librairies, c’est une « invasion », comme dirait l’autre. Paraissent la semaine prochaine les livres – des bijoux – de deux des Françaises les plus douées du moment, sur lesquels nous aurons, bien sûr, l’occasion de revenir. Les Nostalgériades (Cerf), de Fatiha Agag-Boudjahlat, est un essai sur la nostalgie, l’Algérie et les jérémiades par la reine de l’ironie, par ailleurs professeure de lycée, qui manie, comme personne, l’humour et la rhétorique contre les islamistes dans ses combats en faveur du féminisme et de la laïcité. 

« Insoumission française » (L’Observatoire), de Sonia Mabrouk, est un manuel de combat contre la dé-civilisation en cours. L’auteure – figure charismatique, l’une des meilleures, sinon la meilleure, journalistes de sa génération – déconstruit le culte de la contrition et de la vindicte pratiqué par les décoloniaux, les ultra-féministes ou les écolo-gauchistes façon « Strasbourgistan ». 

Il n’y a pas d’orgueil à être français, nous disait jadis Georges Bernanos, patriote s’il en fut. Mais il n’y a aucune raison, aussi, d’en avoir honte. C’est le sens du message de ces deux femmes admirables et « bien trempées », épithètes qui conviennent aussi à Claire Koç. Cette dernière publie un livre bouleversant qui en dit long sur la haine de soi, en passe de devenir notre nouvelle religion d’État.

Dans « Claire, le prénom de la honte » (Albin Michel), Claire Koç raconte sans pathos le supplice d’une fille d’immigrés qui a décidé de s’assimiler envers et contre tout, jusqu’à changer de prénom, sans renier pour autant son identité. Magnifique. Dans un autre genre, la première femme imam en France, Kahina Bahloul, met en pièces dans Mon islam, ma liberté (Albin Michel) les falsifications qui permettent aux islamistes d’assigner les femmes à résidence et au voile. Édifiant. 

Les mâles, comme on dit dans la novlangue du « genre », ne sont pas en reste. Avec Amine El Khatmi, l’intrépide président du Printemps républicain, Mohamed Sifaoui est l’une des figures de proue de l’anti-islamisme à la française. Dans Les Fossoyeurs de la République (L’Observatoire), un essai jouissif, il démonte avec une verve documentée les gourous, les imposteurs et les petites frappes de l’islamo-gauchisme. 

Ironie de l’Histoire : ce sont des Blancs qui, en France, militent pour l’islamo-gauchisme, tandis que ce sont des Français issus de l’immigration, mille mercis à eux, qui forment les troupes de choc de l’anti-islamisme.

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