Dette…

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Dette: ce que pensent vraiment les Français…

Selon une étude Ipsos pour le ministère des Finances, 84 % des Français jugent important, voire prioritaire une baisse de la dette. Deux tiers sont favorables à une baisse des dépenses de l’État et à la mise en place d’une règle d’or!

Bercy vient de publier une enquête riche d’enseignements sur la perception de la dette publique par les Français. Ces derniers s’estiment mal informés et sont dans l’ensemble assez inquiets de l’envolée des déficits. Ils savent que les milliards débloqués pour lutter contre la crise devront être remboursés et plaident pour une baisse des dépenses plutôt que des hausses d’impôts.

Les travaux sur la dette continuent. Après la publication du rapport Arthuis et les propositions de La République en marche, Bruno Le Maire a été auditionné mardi par les magistrats de la Cour des comptes, qui rendront dans quelques jours à Matignon leurs propositions quant à l’avenir des finances publiques. Beaucoup anticipent que le débat sur la gestion de la dette s’imposera comme l’un des thèmes majeurs de la présidentielle. Mais qu’en pensent réellement les Français ?

Deux sondages Ipsos commandés par Bercy en début d’année dans le cadre des travaux de la commission Arthuis viennent d’être mis en ligne et sont sur ce point riches d’enseignements. Que nous apprennent-ils ?

D’abord que les Français sont très mal informés sur la dette. Seul un quart des sondés pensent que la dette est supérieure à 100 % du PIB et 37 % déclarent n’en avoir aucune idée. Cela ne veut pas dire que le sujet ne les intéresse pas pour autant. Bien au contraire, trois quarts des sondés (73 %) déplorent être mal informés et sont inquiets de la situation budgétaire du pays.

Car si les Français ne connaissent pas précisément le niveau d’endettement public, ils ont conscience de la menace que font peser déficits et dette chroniques sur la nation. Les CSP – sont d’ailleurs plus inquiets (77 %) que les CSP + (67%).

Signe supplémentaire que les finances publiques seront un élément important de la prochaine campagne présidentielle, 84 % des sondés jugent prioritaire (29 %) ou importante (55 %) la question de la réduction des déficits et de la dette. Ils sont plus d’un sur deux (54 %) à mettre en cause « les mauvais choix politiques faits par certains gouvernements », devant la succession des crises économiques (50 %) et la mauvaise gestion budgétaire des administrations et des collectivités locales (45 %). Sur ce point, c’est l’État (55 %), davantage que la Sécu (22 %) ou les collectivités locales (8 %), qui est mise en cause.

Autre enseignement important, deux Français sur trois (62 %) pensent qu’il est possible d’annuler la dette. Quelle que soit la sensibilité politique, de La France insoumise au Rassemblement national, environ la moitié répond « oui, peut-être mais ça doit être difficile ». Un électeur sur deux (51 %) est sensible à l’idée qu’il est « nécessaire d’annuler au moins une partie de la dette publique, car elle ne pourra jamais être remboursée en totalité ».

En réalité, si le débat d’idées agite la communauté des économistes en France, l’hypothèse d’une annulation de la dette Covid détenue par la BCE n’a aucune chance d’aboutir au niveau européen. Mais le niveau d’adhésion des Français en fera un sujet politique pour la campagne. A défaut, deux sondés sur trois estiment qu’il faudrait isoler la dette Covid, « car elle est la conséquence d’une situation exceptionnelle » et 55 % qu’il faudra la rembourser.

Règle d’or. 

La rembourser oui, mais comment ? Bruno Le Maire parie sur la croissance et les réformes, notamment des retraites, pour y arriver. Le ministre des Finances semble sur ce point soutenu par une majorité de Français. A la question « s’il fallait baisser la dette publique dans les années à venir, faudrait-il selon vous… ? », deux Français sur trois (61 %) répondent « surtout baisser la dépense publique ». Ils ne sont que 7 % à vouloir augmenter les impôts. Ils sont par ailleurs près de six sur 10 à être d’accord avec la mise en place d’une règle d’or, c’est-à-dire d’une loi interdisant le Parlement de dépasser un certain niveau de déficit public. Une idée qui circule à Bercy et dans la majorité en ce moment.

Parmi les dépenses à couper, ce sont celles liées au fonctionnement de l’État et des services publics que 67 % des sondés placent en priorité. Les dépenses liées aux prestations sociales et aux retraites ne sont citées que par 11 % des sondés. Un résultat qui représente un véritable défi pour les dirigeants politiques. Car en réalité, les services de l’État – police, justice, enseignement, hôpital… – sont à l’os et nécessitent des investissements supplémentaires importants, quand les foyers d’économies sur la dépense publique se trouvent en réalité du côté des retraites qui représentent, et de loin, la plus importante des dépenses publiques, et du côté de la sécurité sociale dont le budget représente peu ou prou deux fois celui de l’Etat.

Une seconde étude plus qualitative a ensuite été menée avec six groupes de 6 à 7 personnes réunis par sensibilité politique. Il en ressort que la dette mobilise toujours de façon très différenciée les électorats de droite et de gauche, le premier y étant beaucoup plus sensible que le second, mais que dans l’ensemble, les Français ont bien compris que cet « argent magique » devra être remboursé tôt ou tard. « Le sujet reste relativement lointain, technique et abstrait pour une majorité (dans ses mécanismes, ses acteurs) », indique Ipsos, qui souligne que l’inquiétude des Français vis-à-vis de la dette reste secondaire par rapport aux sujets économiques très concrets que sont le chômage ou le pouvoir d’achat.

Note positive : selon l’Insee, le moral des ménages est en hausse depuis le début de l’année, gagnant 3 points au mois de mars en dépit des mesures de restriction imposées récemment dans 19 départements. Un élément à prendre en compte avant un éventuel reconfinement dur.

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