EDF ne fait plus barrage aux saumons.

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Le nouvel ouvrage hydraulique de Poutès permettra au saumon de l’Atlantique, espèce menacée, de circuler plus facilement tout en produisant de l’électricité.

Trois mois dans l’année, le nouveau barrage de Poutès (Haute-Loire) ouvrira ses vannes pour laisser passer les saumons de l’Atlantique venus se reproduire dans les eaux froides des gorges de l’Allier. En contrepartie, durant cette période, l’ouvrage ne produira pas d’électricité. C’est cette solution qui a été retenue par EDF, les décideurs locaux et les associations environnementales, afin de préserver l’espèce et favoriser sa migration, tout en maintenant une production suffisante d’hydroélectricité.

Après deux décennies de lutte et d’échanges qui furent parfois houleux entre les différents protagonistes, le projet a enfin vu le jour. « Le barrage sera livré en 2022, précise Sylvain Lecuna, responsable du projet pour EDF. Auparavant, il faisait 20 m de haut, là il en fera 7. » La retenue d’eau sera ainsi moins importante. « Les poissons s’égaraient dans la retenue, qui faisait 3,5 km de long. Avec le nouveau barrage, elle sera réduite à 400 m », se réjouit le responsable d’EDF.

Dix-huit millions d’euros ont été investis dans ce chantier. En contrepartie, l’exploitant a prolongé de cinquante ans son contrat de concession. « Poutès, c’est l’outil de production d’énergie renouvelable le plus important du département. Grâce à cette solution, nous pourrons préserver 85 % de la production d’énergie, se félicite Sylvain Lacuna. Ce qui représente l’équivalent de la consommation en électricité à l’année de la ville du Puy-en-Velay. »

 Encore des obstacles sur le parcours des poissons.

Côté environnement, les saumons de l’Atlantique, venus de l’estuaire de Saint-Nazaire, ne perdront plus de précieuses semaines à franchir le barrage, bien souvent au péril de leur vie. « Pour profiter des zones les plus favorables à sa reproduction, le saumon peut monter très haut dans la rivière Allier, jusqu’à la limite de la Lozère, raconte Céline Bérard, directrice adjointe du Conservatoire national du saumon sauvage, basé à Chanteuges. Avec le nouveau barrage, il va gagner beaucoup de temps et ne courra plus le risque d’être happé par les turbines. Néanmoins, cela ne suffira pas à renouveler l’espèce. » Car Poutès n’est pas le seul obstacle qui se dresse sur la route, longue et sinueuse, du saumon de l’Atlantique.

Que ce soit dans les eaux de la Loire ou de la rivière Allier, c’est un véritable parcours du combattant qui l’attend, avec pas moins de treize barrages. « Le saumon de l’Atlantique de souche Loire-Allier a cette capacité particulière à parcourir une très longue distance. » Depuis le Groenland, où il va se nourrir en krills, les crevettes qui donnent la couleur rosée à sa chair, le salmonidé doit traverser 15 000 km de mer pour rejoindre l’estuaire de Saint-Nazaire, et 800 km plus loin, la Haute-Loire.

« Poutès était un obstacle capital, car il fermait les meilleures zones de frayère (NDLR : endroit où les poissons déposent leurs œufs) », concède Céline Bérard. Lorsque le barrage sera livré, précise EDF, un suivi scientifique sera mené afin d’observer l’impact de ce chantier sur l’espèce.

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