Carte d’identité électronique.

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Cette version, qui contient des données biométriques, sera testée dès cette semaine dans l’Oise, avant d’entrer en vigueur sur tout le territoire le 2 août.

Ce qui frappe à première vue : sa petite taille.

La nouvelle carte d’identité, que nous vous dévoilons en exclusivité, n’est pas plus grande qu’une carte de visite et a été conçue loin des regards — seules une quinzaine de personnes ont eu connaissance du modèle final au ministère de l’Intérieur. Cet objet va bientôt pouvoir accompagner tous les Français dans leur quotidien. Plus qu’un relooking, c’est un changement de braquet technologique puisque la « carte d’identité électronique » contient des données biométriques comme les empreintes digitales et la photo du visage. Comme c’est déjà le cas pour les passeports.

La France à la traîne par rapport à ses voisins.

Ces données seront stockées sur la puce contenue dans la carte et, pour ceux qui l’acceptent, transférées dans une base extérieure. Interrogé à ce sujet (lire ci-dessous), le gouvernement assure que le processus, encadré juridiquement, n’attente pas aux libertés individuelles. Le document sera d’ailleurs facultatif. Il permettra de voyager sur tout le territoire européen.

Sur le plan de la sécurité, la carte se veut « inviolable », jure le ministère de l’Intérieur, face aux tentatives de contre façons des faussaires. Elle entrera en vigueur sur tout le territoire au plus tard le 2 août prochain. C’est en fait la date butoir fixée par l’Union européenne pour la modernisation des titres d’identité dans les 27 pays membres. En la matière, la France a pris son temps avant de renouveler un modèle vieux de quinze ans.

Retard ou prudence ? Nos voisins, eux, sont allés un peu plus loin en développant également l’identité numérique. « Cela permet de faire des démarches en ligne officielles comme si on était en présentiel. En Europe, une quinzaine de pays l’ont adoptée comme l’Estonie, le Portugal, l’Italie, la Belgique et les pays nordiques. Ce n’est pas le cas en France, c’est dommage, car nous avons les technologies et des entreprises leaders sur le secteur. C’est une question de volonté politique », estime la députée (LREM) Christine Hennion, rapporteuse d’une mission parlementaire sur le sujet. En attendant, les premières « cartes d’identité électroniques » seront émises dès cette semaine dans l’Oise.

« Une puce impossible à falsifier »

Alors qu’elle doit dévoiler aujourd’hui la nouvelle carte d’identité, Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, chargée de la Citoyenneté, nous détaille en exclusivité les contours de cette innovation et ses aspects pratiques.

« Personne n’est obligé de demander cette carte. L’Etat propose simplement un service de lutte contre l’usurpation d’identité », explique Marlène Schiappa.

MARLÈNE SCHIAPPA MINISTRE DÉLÉGUÉE EN CHARGE DE LA CITOYENNETÉ

Pourquoi créer une nouvelle carte d’identité ?

C’est d’abord une question de protection de l’identité de chacun. Chaque année, plus de 30 000 personnes se font usurper leur identité. Cela a un coût énorme, sans compter l’atteinte psychologique pour les victimes. C’est le cas par exemple quand une personne prend un crédit renouvelable revolving au nom de quelqu’un d’autre ou quand un individu achète une voiture sous une fausse identité. Cette carte numérique sécurise aussi l’identification pour les passagers du transport aérien. La précédente carte nationale d’identité datait de 1995. On ne répond pas aux problèmes de 2021 avec des solutions de 1995. La Cnil (NDLR : Commission nationale de l’informatique et des libertés) a accueilli favorablement notre projet. C’est une réforme majeure qui concerne 100 % des Français, que le président de la République, le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur m’ont demandé de lancer !

Quelles sont les sécurités qu’elle comporte en plus ?

Elle est aux normes européennes et tient dans un portefeuille, au format d’une carte bancaire. Avec une puce électronique impossible à falsifier incluant des données biométriques. Un code QR reprend les éléments comme le nom, le sexe, le lieu de naissance. À l’arrière se trouve une photo d’identité en hologramme, qui n’est visible que sous une certaine inclinaison. La durée de validité sera de dix ans, et non plus quinze, pour garantir que les composants seront à jour au regard des dernières évolutions technologiques.

Quand sera-t-elle en vigueur ?

Une expérimentation commence ce mardi (NDLR: aujourd’hui) dans l’Oise. Puis, le 29 mars, deux départements vont l’adopter : la Seine-Maritime, marquée par l’engagement sur ce projet du maire du Havre, Edouard Philippe, et la Réunion. Du17 mai au 2 août, elle sera généralisée dans les Hauts-de-France, la Normandie, les outre-mer, l’Ile-de-France, la Bretagne, les Pays de la Loire, la Bourgogne – Franche-Comté, la Nouvelle-Aquitaine, la région Centre – Val de Loire. Elle sera enfin en place dans la totalité du territoire à partir du 2 août.

Que faire si on a déjà une carte d’identité en cours de validité ? Doit-on en changer ?

Non, la carte actuelle reste valide jusqu’à la date de péremption. Après cela, on peut demander la nouvelle carte. Je rappelle que celle-ci est gratuite et facultative. Elle permet de voyager dans le cadre de l’Union européenne sans passeport. Et grâce à sa puce, son renouvellement en cas de perte ou vol sera simplifié. Ce sera moins de paperasse !

La Cnil s’est émue que les empreintes digitales soient durablement conservées dans une base centralisée…

Nous avons travaillé en toute transparence sous l’égide de la Cnil et du Conseil d’État. Le projet a été examiné par la Commission, qui a émis un avis et des recommandations, ainsi que par le Conseil d’État. La Cnil pourra contrôler le fichier. Ceux qui ne veulent pas que leurs empreintes figurent dans la base centralisée pourront demander qu’elles en soient retirées au bout de quatre-vingt-dix jours. Alors ces empreintes ne figureront plus que sur la puce électronique. Celles-ci ne pourront par ailleurs être utilisées que par des autorités publiques pour vérifier qu’elles correspondent bien au nom écrit sur la carte. En aucun cas elles ne pourront servir à d’autres fins que l’identification. Enfin, je le répète, personne n’est obligé de demander cette carte. L’État propose simplement un service de lutte contre l’usurpation d’identité.

Pourrait-elle servir un jour à enregistrer le nombre de contrôles d’identité et à lutter ainsi contre les contrôles au faciès ?

Ce n’est pas le sujet, et son utilisation est très encadrée juridiquement. Elle ne sera pas scannée la plupart du temps, sauf par les administrations en cas de soupçon d’usurpation d’identité. À l’heure actuelle, vous pouvez présenter un permis de conduire, un passeport, une carte d’identité. Cela ne change pas.

Les Allemands créent une carte d’identité digitale, dématérialisée. Faut-il s’en inspirer ?

Ce sont des cultures différentes. En France, on est attaché à la carte matérielle. Mais cette nouvelle version trouvera sa place dans votre portefeuille ou votre poche !

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