Cinéma inferno…

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Un an, ou presque, que les films français et étrangers ont déserté le grand écran. On guettait les César avec une lueur d’espoir.

Certes, la cérémonie nous a habitués à des scénarios catastrophes; celui de l’an dernier, avec chasse à l’homme et invitation au classement des invités par couleur de peau, atteignait des sommets. Cette année, une occasion unique était offerte de renouer avec la grâce. Du glamour, du charme, une touche d’humour, et la France entière se serait levée pour la réouverture de ses salles.

Le cinéma, c’est du rêve. Las, lorsqu’on a ouvert les yeux, le cauchemar était toujours là. En robe Chanel, en chemise de nuit ou dans le plus simple appareil, les damnés de la terre semblaient s’être donné rendez-vous à l’Olympia. Pendant plus de trois heures, des intermittents aux migrants, des pesticides à l’islamo-gauchisme, d’Adama Traoré à George Floyd, on applaudit à peu près toutes les causes, à l’exception de celle du septième art.

On se serait cru à un meeting de bobos gauchistes; ne manquaient que les black blocs. Mais il est vrai que pour détruire la vitrine du cinéma français les comédiens présents sur scène n’avaient besoin de personne.

Toutes les interventions allaient dans le même sens – les autres sont interdits : celui d’une mise en cause de la politique gouvernementale, des méfaits du capitalisme, de la domination blanche. Reléguée en coulisses, Roselyne Bachelot, telle Marie-Antoinette, attendait sa décapitation.

À de rares exceptions près – Catherine Ringer interprétant Bécaud, une jeune espoir se disant « honorée », Sami Bouajila évoquant son père -, seuls les morts auxquels fut rendu hommage inspiraient le respect.

À l’issue de la soirée, les César avaient atteint leur objectif : faire fuir les téléspectateurs, déchaîner les critiques sur les réseaux sociaux, donner envie de regarder de vieux films sur Netflix. Sur les ruines encore fumantes de ce champ de bataille, on chercha, en vain, une voix autorisée capable de s’élever contre cette parodie mortelle. Il n’y eut personne. On a beau savoir qu’au cinéma les héros sont de fiction, ce silence apeuré résonne comme un coup de feu.

Le point pas mieux…

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