La France inquiète…

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Les Français inquiets pour l’économie mais…prêts à se reconfiner…

« Dans les semaines qui viennent seriez-vous prêt à accepter un nouveau confinement ?» Pour 72 % des sondés, la réponse est plutôt oui. Voilà ce qui ressort d’un sondage réalisé par l’Ifop pour le cabinet de conseil stratégique No Com, en partenariat avec « le Parisien »-« Aujourd’hui en France ».

Malgré les appels de certains à la désobéissance civile, notamment chez les restaurateurs ou dans le monde de la culture, très durement frappés par les fermetures administratives pour limiter la propagation du Covid-19, les Français restent disciplinés. « Nous sommes assez loin des commentaires très alarmistes laissant penser qu’ils sont prêts à se révolter contre un nouveau confinement, constate Pierre Giacometti, cofondateur de No Com. Malgré une montée très forte de l’inquiétude concernant la situation économique, le réflexe d’acceptation n’est pas remis en cause. »

Un paradoxe ? Pas vraiment.

Car ce sondage illustre que les Français sont tiraillés entre deux envies opposées : retrouver une vie comme avant et se protéger. Si, pour 52 % des personnes interrogées, « il vaut mieux un excès de précaution sanitaire », elles sont 48 % à préférer un retour rapide à une situation normale pour protéger l’économie, quitte à assumer un plus grand risque sanitaire. D’ailleurs, à la question « quelle est la plus grande menace pour votre pays ? », 62 % répondent « la crise économique », et 38 % « la crise sanitaire ». « Cette évolution concerne toutes les générations et toutes les classes sociales, note Pierre Giacometti. Le sentiment qui prédomine dans l’opinion est que le virus progresse moins, la peur d’être contaminé a diminué (NDLR : notamment chez les jeunes) et la décision du président de la République de renoncer, pour l’instant, à un troisième confinement a peut-être eu pour effet, par ricochet, de reporter son inquiétude sur l’économie. »

« Renforcement de la fracture sociale »

Cette crainte est particulièrement marquée chez les jeunes. 59 % des 18-24 ans et 64 % des 25-35 ans sont angoissés de l’impact économique de la crise sur eux et leurs proches. Pas étonnant alors que l’on retrouve parmi ces mêmes tranches d’âge une grande fragilité psychologique. 40 % des 18-24 ans et 27 % des 25-35 ans vivent mal cette période alors que les sondés ne sont que 22 %, toutes générations confondues.

Autre clivage, plus attendu, mais tout aussi inquiétant, celui entre personnes aisées et personnes pauvres. Si 51 % des Français estiment être touchés durement par la crise, ce taux grimpe à 69 % pour les catégories les plus précaires et chute à 27 % chez les plus favorisées. « Cette crise renforce un peu plus la fracture sociale, s’inquiète Pierre Giacometti. Quand on va entrer dans la période électorale de la présidentielle, ce clivage sera sûrement l’un des enjeux. »

Enfin, au palmarès des acteurs en qui les sondés ont le plus confiance pour gérer les crises sanitaire et économique, la prime est donnée à la proximité. En tête, les collectivités locales, le personnel de santé ou celui du système scolaire. Si la confiance dans le rôle du gouvernement reste minoritaire, elle progresse, un peu, alors que sa stratégie vaccinale est contestée.

Sondage réalisé par la méthode des quotas auprès d’un échantillon de 1 019 personnes représentatif de la population française âgée de + 18 ans, du 9 au 10 février.

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