Le retour rose…

Site Porcher à Revin.

De vastes hangars qui bordent la Meuse, balayés par le vent : c’est la friche Porcher, à Revin (Ardennes). Elle accueillera prochainement les Cycles Mercier, marque qui fleure bon la grande histoire du Tour de France, des Poulidor et des Zoetemelk.

Ces bâtiments ne sont plus que des coquilles vides depuis le départ du fabricant de sanitaires en 2011. Plusieurs sociétés avaient montré leur intérêt pour cette friche de plusieurs hectares, mais ont jeter l’éponge. Marque française et centenaire, les Cycles Mercier, jadis gloire de Saint-Etienne (Loire), à 600 km plus au sud, relèvent donc le défi en annonçant la relocalisation de leur production à Revin. La première pierre de l’usine devrait être posée dans les prochaines semaines, pour un site opérationnel fin 2021, confie Jean-Marc Seghezzi, PDG de Mercier.

Fonds d’investissement luxembourgeois.

Il est aussi le dirigeant du fonds d’investissement luxembourgeois Starship Investments SA qui détient la marque, passée un temps aux mains d’un fabricant néerlandais. « On va entièrement réhabiliter un local de 15 000 m2en effectuant un investissement fort et grâce à des aides et des subventions de l’État, explique-t-il. On bénéficie aussi des avantages de cette zone classée BER (bassin d’emploi à redynamiser). »

De l’aveu du maire de Revin, Daniel Durbecq, c’est une « bouffée d’air pur » pour sa ville marquée au fer rouge par la désindustrialisation, avec un taux de chômage supérieur à 25 %. « On a déjà eu des déconvenues. C’était pas sérieux, ça sentait la chasse aux subventions. Là, j’y crois, c’est un fonds d’investissement. Ils ont bloqué un million d’euros et ne comptent pas que sur l’argent public. » Le maire compte aussi sur cette arrivée pour trouver d’autres investisseurs intéressés par les deux autres friches de la ville.

Avec Mercier, les premiers contacts ont été noués en octobre. Au-delà d’une dizaine de postes d’encadrement, une centaine d’autres liés à la production seront créés. Le squelette des futurs Mercier sortira effectivement de l’usine ardennaise alors que les vélos étaient fabriqués jusqu’à présent en Asie. D’ici trois à cinq ans, les Cycles Mercier espèrent créer 270 emplois. « Ce n’est pas un hasard si on relocalise ici, assure Jean-Marc Seghezzi. Ce qui nous intéresse, c’est une main-d’œuvre qui correspond à nos besoins. À Revin, on va souder, sticker et peindre des cadres de vélos. On fabriquera les jantes dans un deuxième temps et des guidons à plus long terme. Nous allons automatiser six lignes de production de montage de roues, ce qui représentera 50 à 60 m de lignes pour des vélos électriques et mécaniques. »

À défaut de garantir des vélos 100 % ardennais, Mercier promet un circuit beaucoup plus court. Avec la pandémie de Covid-19, les délais et les coûts de transport ont augmenté. « L’idée est donc qu’à court terme, on fabrique les principaux composants. » Le marché du vélo étant en forte expansion, Revin se revoit déjà en selle.

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