Communautarisme…

le

Les propos tenus par un professeur de philosophie et les réactions qu’ils ont suscitées ont créé un climat de tension dans cette ville des Yvelines.

Mairie de Trappes.

Le signalement est tombé vendredi soir à 21 heures sur la plateforme Pharos du ministère de l’Intérieur. Il s’agit d’un message posté sur le forum du site Jeuxvideo.com. «Je vais mettre fin à la vie dAli Rabeh » promet notamment le rédacteur, qui évoque l’achat d’un « couteau » et soutient ne pas agir sur « un coup de tête ».

Le parquet de Versailles a ouvert hier une enquête pour « menace de mort aggravée », la confiant à la police judiciaire. Le maire de Trappes (Yvelines) a été entendu dans l’après-midi par les enquêteurs.

Didier Lemaire.

Sa ville, 32 000 habitants dans l’Ouest parisien, est au cœur d’une polémique depuis une dizaine de jours et l’omniprésence sur la scène médiatique d’un enseignant, Didier Lemaire, professeur de philosophie au lycée de la Plaine-de-Neauphle, qui dit être attaqué pour avoir pris la défense de Samuel Paty. Depuis 2018, l’enseignant multiplie les alertes sur la montée du communautarisme dans la ville. Sa tribune dans L’Obs après l’assassinat du professeur d’histoire de Conflans-Sainte-Honorine et sa médiatisation ont attiré l’attention jusqu’à la télévision néerlandaise, venue l’interviewer le 22 janvier. Après la diffusion du reportage, la journaliste des Pays-Bas a reçu des « messages virulents qui s’apparentent à des menaces » Prévenu, le parquet de Versailles a ouvert une enquête le 26 janvier et la sécurité publique des Yvelines a intensifié les surveillances aux abords du lycée. Depuis vendredi soir, l’enseignant bénéficie d’une protection rapprochée de la part des policiers du SDLP (service de la protection).

Ali Rabeh.

Des tracts distribués au lycée.

Ce qui n’est pas le cas d’Ali Rabeh. L’élu, proche de l’ancien candidat socialiste Benoit Hamon – qui a demandé sa « protection » hier-, fait l’objet d’une « sécurisation en point fixe » aux abords de son domicile. En réaction aux déclarations de l’enseignant, le maire de Trappe s’était rendu jeudi dans son lycée pour distribuer aux élèves de tracts dans lesquels l’élu écrit « pas accepter les propos violents tenu [par le professeur) contre [eux] et les Trappistes ». Une initiative condamnée par le ministère de l’Éducation nationale et une partie de la classe politique. Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile-de-France a réclamé « sa révocation ». À gauche, des élus locaux, comme maire EELV de Grenoble, lui ont au contraire apporté leur soutien.

JJ Brot Préfet.

Le préfet des Yvelines, Jean Jacques Brot, a également porté plainte pour menace de mort aggravée. En laissant entendre dans un article du Monde que le professeur mettait « de l’huile sur le feu » après avoir écrit dans un communiqué qu’il était « contre-productif de sembler stigmatiser les 32 000 habitants de cette ville qui, pour la très grande majorité d’entre eux, sont attachés aux valeurs républicaines » le haut fonctionnaire s’est attiré les foudres de la fachosphère.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.