Colombey-les-Deux-Mosquées !

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Le général de Gaulle, dont on célèbre le cinquantenaire de la mort, s’interrogeait : que deviendrait le “corps français” si celui-ci devait absorber 10 millions d’étrangers à notre histoire ?

Nous sommes seuls au monde. Nous l’avons toujours été. Nous avons été infiniment plus puissants, plus grands, plus solides ; il nous est aussi arrivé d’être terriblement plus faibles et dominés, mais sans perdre, jamais, la volonté de nous redresser, et nous y avons souvent réussi. Peut-être est-ce la raison pour laquelle nous sommes à ce point attaqués en Occident.

Ce 9 novembre, nous allons célébrer le cinquantenaire de la disparition du général de Gaulle. Ce sera, comme en 1970, un lundi. Le Général aura dominé trois étapes cruciales de notre histoire : il est celui qui refuse le tragique effondrement de la nation, en 1940, qui assure son resurgissement à la Libération avant d’en reprendre, douze ans plus tard, les commandes, comme chef de l’État.

De ces trois périodes, nous disposons d’un témoignage unique, le récit de 300 entretiens au cours desquels le Général expose ses idées à cœur ouvert. Ce témoignage, nous le devons à Alain Peyrefitte (C’était de Gaulle, Fallois-Fayard), qui fut député à 33 ans et reçu à ce titre en privé par de Gaulle, qui en ferait son ministre.

1955

Leur première rencontre a lieu à l’Élysée, le 5 mars 1959 : le Général est président de la Ve République depuis trois mois. Et de quoi parlent-ils ? De la France, certes, mais d’abord de sa composition. « C’est très bien, dit de Gaulle, qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. […] Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine, de religion chrétienne. »

Le Général va plus loin, revient sur l’intégration dont il est alors question pour l’Algérie : « Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre, dit-il. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. » Et le Général termine par une formule qui restera : « Si nous faisions l’intégration, si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme français, comment les empêcherait-on de venir s’installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! »

1968

De Gaulle s’interrogeait : que deviendrait le « corps français » si celui-ci devait absorber « 10 millions de musulmans » venus d’Algérie, qui seraient bientôt le double ou le quadruple ? Dans son entretien à la chaîne qatarie Al-Jazeera, samedi dernier, Emmanuel Macron en dénombrait de 4 à 6 millions. C’est le chiffre que l’on fournit, sans en connaître avec exactitude la réalité, puisque ce type de statistiques n’est pas autorisé chez nous. Dans son Archipel français (Seuil), Jérôme Fourquet ne peut citer que des enquêtes par sondages et des prénoms. Cela ne retire rien au fond du débat : sommes-nous devenus une société “multiculturelle” sur le modèle anglo-saxon ?

De l’accumulation de ses chiffres, Fourquet tire l’idée que ce n’est plus une hypothèse mais un constat. Après bien des hésitations, Emmanuel Macron s’y refuse, ce qui signifie qu’il en fait une direction politique : « Parce que nous ne sommes pas un pays, une société qu’on appelle multiculturelle. » À la chaîne qatarie, il précise : « Les sociétés anglo-saxonnes ont en effet un multiculturalisme qui est là, qui fait que les religions cohabitent. Est-ce que c’est un meilleur modèle que le nôtre ? Moi, je ne le jugerai pas, mais il est différent. »

Colombey-les-Deux-Mosquées

Le refus du multiculturel est à la fois notre protection et notre singularité – le bouclier de la nation. «Sinon, disait de Gaulle, la France ne serait plus la France. » Et pour reprendre Péguy cité par Alain Finkielkraut : la République une et indivisible est notre royaume de France, c’est-à-dire toute notre histoire. C’est en cela, à cause de cela, que nous sommes visés à Paris, à Conflans-Sainte-Honorine, à Nice…

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