On veut des « sous » !!!

le

C’est une ligne ferroviaire historique qui se retrouve aujourd’hui privée d’une partie de ses voyageurs. Depuis le 4 décembre dernier, la ligne des Causses, qui relie le Massif central à la Méditerranée, Neussargues (Cantal) à Béziers (Hérault), ne fonctionne plus qu’à moitié.

Des travaux doivent être réalisés sur un tronçon qui va de Saint-Chély-d’Apcher (Lozère) à Neussargues (Cantal). Un tronçon sur lequel se trouve le célèbre viaduc de Garabit, construit par Gustave Eiffel au XIXe siècle, majestueux ouvrage d’art de 565 m de long et de 122 m de haut qui enjambe les gorges de la Truyère. Son imposante carcasse métallique, classée Monument historique, est connue du monde entier, surtout depuis que le viaduc a été repeint en rouge dans les années 1990.

C’est le Golden Gate du Cantal.

« On l’a souvent comparé au fameux pont de San Francisco », raconte fièrement Patricia Rochès, présidente de l’association les Amis du viaduc de Garabit.

Alors, voir son Golden Gate cantalien privé de train et attaqué par la rouille ne lui fait pas plaisir. « Le viaduc est en fer puddlé. C’est une dentelle d’acier qui craint les incendies et la corrosion. Il était prévu qu’il soit repeint en 2020 mais ce chantier a été reporté », déplore Patricia Rochès.

Car le réseau ferroviaire français est vieillissant et l’argent manque dans les caisses de la SNCF, propriétaire de l’ouvrage d’art. « Chaque année, nous investissons 3 milliards dans le renouvellement. Mais il en faudrait 4 », explique Thomas Allary, directeur régional SNCF Réseau. Et la ligne des Causses,dite de l’Aubrac, n’est pas prioritaire. « On n’a pas l’argent, par contre on travaille avec les collectivités qui peuvent financer ces opérations. »

Ainsi, en 2018, ce sont les régions Occitanie et Auvergne – Rhône-Alpes qui avaient investi 3,5 millions d’euros dans le maintien de la ligne. Un effort financier qu’elles vont devoir répéter. « Les rustines ne tiennent plus. La voie est tellement ancienne qu’il faut désormais réaliser des travaux structurants », annonce Thomas Allary.

Pas de réouverture avant l’automne.

Selon le directeur Auvergne – Rhône-Alpes SNCF Réseau, il y en aurait pour 80 millions d’euros, en incluant le ravalement du viaduc de Garabit. « Ces travaux, on peut les étaler mais il faut traiter l’urgence. » Dans un premier temps, un investissement de l’ordre de 3-4 millions d’euros permettrait de rouvrir la ligne.

Car entre Neussargues et Saint-Chély, le rail date de 1932. Et il est sérieusement déformé à certains endroits. « Une réunion décisive est prévue la semaine prochaine », annonce Thomas Allary. En cas de feu vert de l’État et des régions, ce dernier se dit prêt « à organiser au plus vite le chantier ». Mais il serait utopique d’envisager une réouverture totale de la ligne des Causses avant l’automne prochain, dans le meilleur des scénarios.

En sachant que ces travaux ne résoudront pas tout. Il restera ensuite à trouver 76 millions d’euros afin d’en garantir l’avenir. Les Amis du viaduc de Garabit, qui ont décrété « l’urgence pour le train et la ligne de l’Aubrac », et lancé une pétition en ligne, savent désormais à quoi s’en tenir.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.