Le réveil ????

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Les écolos pronucléaires fleurissent désormais sur des cheminées grises. Et ce sont souvent des femmes.

En Californie, Isabelle Boemeke, un mannequin brésilien, a désormais des milliers d’aficionados sur son compte Twitter. Elle présente des tutoriels de vulgarisation sur le nucléaire entre deux séances de maquillage, et explique son combat au nom du climat et de la transition énergétique.

Au Royaume-Uni, c’est l’activiste écolo Zion Lights, ancienne porte-parole du mouvement antinucléaire Extinction Rebellion, dont elle a claqué la porte pour défendre le nucléaire.

En France, la déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire (Sfen), Valérie Faudon, incarne avec talent la face institutionnelle de ce combat, mais la nouvelle égérie atomique française s’appelle Myrto Tripathi.

Myrto Tripathi.

Il y a trois ans, cette ancienne cadre d’Areva a tout quitté pour créer les Voix du nucléaire. Toutes ces « écomodernistes » se réclament du rapport du Giec. Pour elles, la lutte contre le réchauffement climatique est une priorité non négociable, et elle passe forcément par une énergie nucléaire. « On pourrait croire que les Français ont compris que le nucléaire est l’énergie la plus décarbonée, mais les enquêtes d’opinion se déroulent qu’ils ne savent pas et qu’ils pensent toujours que les fumées qui sortent des cheminées sont de la vapeur d’eau ! » Nous confie Myrto Tripathi.

Le vilain petit canard.

Dans ses belles années, « Atomic Anne » – alias Anne Lauvergeon, l’ex-patronne d’Areva – avait réussi à renouveler le regard sur cette industrie liée aux rêves scientistes des années 1950. Mais après Fukushima, tout a changé. Et les trop nombreuses erreurs d’Anne Lauvergeon ont gâché la fête. L’image du nucléaire a été gravement compromis, et son avenir industriel sérieusement questionné. Le sens de l’histoire nous imposait de recourir désormais à des énergies « douces »,          « décentralisées » et « sans risque », devant plus que les solutions de stockage de l’énergie semblaient à portée de main. Le nucléaire était le vilain petit canard, accablé de deux tares incurables : le traitement des déchets, et les risques d’accident ou d’attaque terroriste.

Depuis longtemps, quelques pionniers écolos se battent contre les préjugés et soulignent combien ces risques sont limités. Jean-Marc Jancovici a cofondé le laboratoire d’idées The Shift Project et longtemps côtoyé Nicolas Hulot avant de le perdre de vue quand ce dernier est devenu antinucléaire pour se faire adouber par les Verts.

L’ancien ministre de l’Environnement, Brice Lalonde, est un autre « pronuc » décomplexé. Il milite dans ce sens au travers de l’association Équilibre des énergies. Myrto Tripathi l’a rejoint d’abord pour participer à ses côtés à la COP21 : « C’est pendant l’accord de Paris que j’ai constaté l’étendue de la désinformation sur le nucléaire, notamment financée par les industries fossiles. Le pavillon français n’osait même pas en parler. Tout cela m’a indignée et j’ai décidé de fonder une association. » Et en effet, les forces médiatiques en présence penchent lourdement en faveur des antinucléaires. « Il y a deux camps bien structurés mais très asymétriques : les militants politiques antinucléaires, extrêmement efficaces médiatiquement, et les industriels du nucléaire, puissants à l’intérieur de l’appareil d’État, mais sur la défensive et peu habitués au débat. Nous voulions montrer qu’il y avait aussi des citoyens qui étaient prêts à se mobiliser. » Aujourd’hui, son association compte 350 adhérents, 6 000 sympathisants, mais pas un salarié, faute de moyens. L’été dernier, Myrto Tripathi a pris les « antinuc » à leur propre jeu en mobilisant une manifestation devant le siège de Greenpeace pour dénoncer la fermeture de Fessenheim. « Nous nous battons avec des bouts de ficelle alors qu’en face, Sortir du nucléaire, NégaWatt, Greenpeace, WWF ont des millions d’euros de dons

 Énergie décarbonée.

Dans la bataille médiatique, il y a aussi une bataille de mots. Notamment à Bruxelles, où la Commission a bien du mal à classer le nucléaire dans la catégorie des énergies durables. Pourtant, le financement futur par les banques en dépendra.

« La France parle d’énergie décarbonée, mais l’Allemagne veut imposer le label renouvelable, » un point que Myrto Tripathi développe dans son livre La Bataille pour le climat (Genèse Edition, 241 p., 22,50€): « Le renouvelable est intermittent et pas 100% pilotable, donc il suppose le maintien de centrales thermiques classiques, et c’est pour cela qu’il est appuyé par les lobbys de l’industrie fossile. Le renouvelable n’est donc pas une véritable énergie décarbonée comme l’est le nucléaire. » Aujourd’hui, c’est le gaz naturel russe qui est devenu le champion de fait des antinucléaires.

Myrto Tripathi est née et a grandi à Paris, où elle travaille et réside. Elle vient d’une famille multiculturelle (indo-grecque), a vécu dans un certain nombre de pays européens avant le lycée, et voyage encore beaucoup à travers le monde pour des raisons personnelles et professionnelles. Elle est titulaire d’un baccalauréat ès sciences en génie industriel de la North Carolina State University (Raleigh, NC) – promotion de 2000, suivi d’un diplôme en gestion d’entreprise de l’École HEC (Hautes Études Commerciales à Paris) où elle s’est spécialisée en entrepreneuriat – classe de 2003 attachement aux deux. Diplômée d’HEC, elle a rejoint AREVA, fournisseur de l’industrie nucléaire mondiale, où elle travaille toujours aujourd’hui. Myrto a occupé différents postes chez AREVA, du conseiller au chef des divisions Mines, Chimie et Enrichissement au négociateur principal des produits et services du combustible nucléaire en Inde. Aujourd’hui, elle est directrice de l’offre pour la vente de l’EPR ™, réacteur nucléaire français de troisième génération, à la Suède.

Enfin! Mais c’est pas gagné! Néanmoins il faudra traiter les déchets…

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