Un Père pas si tranquille…

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Hassen Chalghoumi vit sous la menace, un jour ici, un jour ailleurs, sa famille au loin pour la protéger des coups qu’elle a déjà reçus quand tous vivaient à Drancy. Le harcèlement, l’injure, la traque tissent la toile et la trame d’un drame sans cesse recommencé depuis que « l’imam républicain », comme il se définit, se rend ouvertement, en 2005, au mémorial de la Shoah. Deux jours plus tard, sa maison est saccagée. Les quinze années qui suivent ne racontent pas seulement une chasse à l’homme : à travers ce Tunisien aux airs de père tranquille devenu un résistant français à l’islamisme, c’est l’adoption sereine par un citoyen musulman des valeurs de sa nouvelle patrie que l’on veut railler et interdire.

Agir en citoyen .

Quel autre crime a-t-il commis pour s’attirer la haine conjuguée des racailles et du beau linge, des voyous déguisés en « pro-Palestiniens » tendance Hamas et des intellos qui ne le jugent pas assez chic pour s’exprimer sur un islam de France dont ils souhaitent tirer les ficelles ? « Je dois en fait combattre sur tous les fronts – l’islamisme, l’ingérence étrangère, la situation de la femme, Israël et la Palestine – alors que je ne cherchais pas du tout la confrontation, explique-t-il dans son dernier ouvrage, j’en suis venu à incarner quelque chose que les fondamentalistes de tous bords exècrent. C’est très emblématique de l’idéologie de ceux qui me haïssent parce qu’ils me voient comme un traitre… Si je soutiens Israël, des laïcs     soi-disant modérés vont m’attaquer en raison de la haine qu’ils entretiennent pour ce pays. Si j’attaque le voile intégral, ça veut dire que j’attaque les salafistes… Si j’attaque l’Islam politique, ce sont les Frères musulmans qui vont mener la croisade Si je combats l’ingérence étrangère, les pro-Marocains, Algériens ou Turcs vont me prendre pour cible. »

Bref, dans la liberté qu’il prend, l’égalité qu’il défend, la fraternité qu’il promeut, Chalghoumi pense et agit en citoyen français, habité par ce sens de l’universel dont la République a fait sa devise. Une devise haïe par les tyrannies et les théocraties du monde entier et, sur notre propre sol, par les fanatiques qui l’ont ensanglanté. L’adoption et l’amour de notre pays par le natif d’une terre arabe, fidèle musulman, voici ce qu’on ne pardonne pas, depuis quinze ans, à Hassen Chalghoumi. Ceux qui, dans tous les milieux, veulent le faire taire sont agités, les uns par des motifs avoués – l’obscurantisme -, les autres par des impératifs démagogiques : sévir contre une parole qui défie le lamento victimaire devenu, croit-on, le dogme des « quartiers ». Par exemple à travers le faux humour dont il est souvent la cible et les provocations des autoproclamés Indigènes de la République, antisémites et racistes. Hassen Chalghoumi refuse de croire que ce discours est majoritaire ou le deviendra chez nos compatriotes de confession musulmane. Voilà pourquoi il se bat et doit être soutenu.

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