La faillite de l’État …

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La faillite de l’État sur la quasi-totalité de ses missions régaliennes, de santé ou de sécurité, mais aussi sur ses approches stratégiques d’anticipation ou d’amé nagement face à la crise du Covid, cristallise un climat de défiance sans précédent. Ce délitement de la confiance se distille à bas bruit dans tous les pores de la société. Ceux qui subissent les conséquences d’une société sans cap ni boussole angoissent. Tandis que les élites s’enferment dans leurs certitudes. Personne ne fait plus confiance à personne. Sauf à soi.

Cette fin de cycle se révèle chaque jour davantage dans l’actualité : celle de la crise sanitaire, où les changements de doctrine, lеѕ tеrgіvеrѕаtiоnѕ et l’impréparation témoignent d’un État fébrile et lent à la manœuvre : celle des finances publiques, dont la dette et les déficits trahissent une fuite en avant plutôt qu’une gestion prévisionnelle génératrice de développement; ou celle de la sécurité, dont la politique semble davantage conduite par les éruptions de violence et les faits divers que par une réelle volonté de maîtriser la situation. L’État est dépassé, il toise les français, il ne leur fait pas confiance, et ses thuriféraires perdent patience. Le constat n’est pas nouveau, et il serait malhonnête de faire porter à l’exécutif actuel l’entièreté de la responsabilité. Le glissement date…

Une approche globale.

 Il n’est plus temps de faire l’exégèse de cette faillite de l’État. Son inertie, la consanguinité et la morgue de ses chefs ou l’obsolescence de son organisation sont régulièrement dénoncées. Il est urgent, en revanche, de préparer les conditions d’une révolution. L’éviter ou se résigner relèverait d’un égoïsme coupable vis-à-vis des générations à venir. Ce retournement est en germe. Les tensions naissantes entre les élus locaux et l’État, l’entêtement de ce dernier à promouvoir un modèle centralisé à rebours des aspirations spontanées des Français ou l’attrition des ressources qui génère de sa part une verticalité mal placée, participent d’une prise de conscience étonnamment rapide des priorités de la part de nos contemporains. D’aucuns prétendent encore que l’élection présidentielle se jouera sur un clivage politicien ou sur des bilans. Je pense, pour ma part, qu’elle se jouera sur la capacité à renverser la table. Avec la ferme volonté de construire une société de confiance, unique condition pour libérer les énergies et restaurer une ambition collective.

Tous les enjeux – environnementaux, économiques ou sociaux – passent en zone rouge. Ils atteignent des seuils suffisamment critiques pour comprendre que la solution procède d’une approche holistique davantage que de mesures correctrices. Ce projet de société n’a rien à voir avec une promesse réformatrice. Les réformes n’en seront que les éléments d’ajustement. Il s’élaborera sur une valeur socle – incontournable dans une démocratie dont la liberté est la pierre angulaire – celle qui permet à chacun de se projeter, d’imaginer son idéal, là où il aspire à vivre, dignement. C’est à cette aune que nos politiques doivent s’articuler. En partant des aspirations sincères des Français, plutôt que des modèles stéréotypés qu’elles inventent pour eux. En capitalisant sur les atouts des territoires. En misant sur les talents de ceux qui y vivent. En considérant à nouveau la diversité des richesses naturelles, culturelles et patrimoniales du pays. En restaurant les marges de manœuvre d’une gouvernance de proximité et de confiance. En distribuant équitablement les services publics. En garantissant un État efficace focalisé sur ses missions régaliennes. En faisant de l’innovation un moyen plutôt qu’une fin.

Cette société suppose que chaque Français ne soit plus considéré comme une charge mais comme une chance. C’est à ces conditions que la confiance reviendra.

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