“Nous sommes dans l’URSS des années 60 !”…

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Agnès Thill.

Vent debout contre la loi bioéthique et l’encadrement de l’instruction à domicile, l’ancienne députée LREM, désormais sur le banc de l’UDI, continue le combat courageusement et fustige ses anciens camarades de la majorité.

Valeurs actuelles. Vous quittez tout juste l’hémicycle en pleine discussion du projet de loi de lutte contre la souffrance animale, est-ce qu’au vu de la crise sanitaire, le débat à l’ordre du jour à l’Assemblée nationale n’est pas en décalage complet avec les priorités des Français ?

Agnès Thill. Cette majorité est parfaitement indécente et ridicule ! On parle dauphins et cétacés alors même que les Français sont plongés dans une grande détresse psychologique et misère sociale à force de subir confinements et couvre-feux successifs. J’étais avec des étudiants hier qui me faisaient part de leur grande détresse, du manque d’envie de se battre qui les étreint progressivement. Ils ne vivent que pour travailler derrière leurs ordinateurs, privés de toute vie sociale, et de l’élan propre à leur jeunesse. « Le gouvernement, avec toutes leurs restrictions, éteignent toute vie en nous », m’ont-ils confié. C’est effroyable !

Vos petits camarades de LREM ne semblent pas vraiment vous manquer…
Absolument pas ! Quand je vois la tournure que prend cet idéal démocratique auquel j’ai tant cru insufflé par Macron en 2017. J’ai été tellement déçue. Lorsque je faisais campagne aux législatives pour En Marche, on rêvait à un mode de gouvernement laissant la part belle à la société civile, et aujourd’hui on a une multitude de comités Théodule qui remplacent les élus : conseil scientifique, Français tirés au sort pour se prononcer sur la stratégie vaccinale du gouvernement, la convention citoyenne pour le climat… On nous demande de nous asseoir sur des libertés fondamentales ! Le gouvernement ne consulte plus le Parlement, les élus sont sommés de lui donner un blanc-seing. On est dans un véritable déni de démocratie ! Ils ne me manquent pas du tout.

Vous accusez Macron de dérives totalitaires ?
Il retire peu à peu nos libertés fondamentales. Sans l’intervention des évêques qui ont déposé un recours au Conseil d’Etat, la liberté de culte était en danger. Le monde catholique est docile, se disent-ils. Demain, c’est la liberté d’enseigner qui est mise à mal avec la loi contre le séparatisme à l’étude la semaine prochaine. 1,6 % des enfants suivent une instruction à domicile. Cela ne mettra pas grand monde dans la rue, imaginent-ils ! L’instruction en famille n’a rien à voir avec le séparatisme. Ce qui est dramatique, c’est que la seule éducation possible est celle imposée par l’État, dès trois ans. On dessaisit les parents de leurs responsabilités à cet égard. On pond donc l’enfant et on le confie à l’État… On se croirait dans l’URSS des années 60 ! Ce qui est saisissant c’est que dans les dérogations qui encadreront bientôt cette liberté fondamentale, il y a le handicap. Allons bon, l’État est donc incompétent à inclure des enfants porteurs de handicap ? Quel aveu ! Lorsqu’il était ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon disait lui-même vouloir « arracher » les enfants à leurs déterminismes familiaux et religieux. Lundi commence à l’Assemblée l’examen du projet de loi contre les séparatismes. En un temps législatif accéléré puisque nous avons seulement deux semaines… contre trois semaines pour la convention citoyenne pour le climat… Et il y a fort à parier que l’article 21 encadrant l’instruction en famille sera débattu le weekend prochain, dans un hémicycle clairsemé.

C’est de cette manière qu’ils sont d’ailleurs parvenus à faire passer l’intervention médicale de grossesse (IMG) jusqu’à neuf mois pour raison psychosociale cet été…
À 3h du matin dans la nuit du 31 juillet au 1er août dans un hémicycle vide ! Sans même définir ce que l’on entend par « détresse psychosociale ». Le col de l’utérus est désormais la frontière entre l’infanticide et le légal. On signe notre inhumanité. La loi bioéthique revient en débat au Sénat le 2 février. En commission mixte paritaire, ils ne trouveront pas d’accord, elle repassera en troisième et dernière lecture à l’Assemblée. Je joue aux échecs, on a beau coucher mon roi, je ne m’avoue pas vaincue. Tant qu’on est encore debout, on se bat !

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