Ou comment on nous « enfume »…

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Des médecins au Président, la chorégraphie bien rodée du confinement.

Avant chaque annonce de restrictions supplémentaires face à l’épidémie de Covid-19, l’exécutif observe un certain nombre de rituels, considérant qu’il s’agit d’étapes obligatoires pour emporter l’adhésion des Français. Mais leur efficacité s’érode.

Emmanuel Macron, au Forum économique mondial par visioconférence, le 26 janvier.

 Les faits.

Jean Castex mène jeudi et vendredi des consultations avec les présidents de groupes parlementaires, les associations d’élus et les partenaires sociaux. Une façon de préparer les esprits à des mesures sanitaires plus strictes, face aux variants plus contagieux du virus de la Covid-19. Selon des participants, le Premier ministre a annoncé qu’un débat et un vote seraient organisés la semaine prochaine à l’Assemblée nationale et au Sénat en cas de reconfinement.

C’est toujours le même rituel. D’abord la mise sous tension de l’opinion publique par les médecins et les gouvernants. Puis la consultation des élus et des partenaires sociaux. Et enfin l’allocution télévisée du Président, toujours… Une nouvelle fois ces jours-ci, comme en mars 2020, comme en octobre, le scénario s’est reproduit, qui précède chaque confinement et devrait aboutir dans les prochains jours à une prise de parole d’Emmanuel Macron. Mais avec, cette fois-ci, quelques ratés.

Dimanche, le Pr Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, sonne la charge sur BFMTV, plus alarmiste que jamais : avec la propagation sur le territoire du variant dit anglais (à l’époque peu ou mal mesurée), « on ne peut pas rester comme on est maintenant », assène l’immunologiste. « Il faudra probablement aller vers un confinement, préconise-t-il. Il y a urgence ».

Le scientifique a beau temporiser le lendemain dans Libération (« On n’est pas à une semaine près »), le débat est lancé. Mais trop tôt, aux yeux du Président : les chiffres sur l’impact du couvre-feu à 18 heures et l’étude sur la progression des variants du virus, qui lui permettront de décider, n’arriveront sur son bureau qu’en fin de semaine. Il faut donc, d’ici là, faire – un peu – retomber la tension.

Enfumage… collectif…

Devoir de réserve. 

Delfraissy, nommé il y a un peu moins d’un an à la tête du Conseil scientifique par Emmanuel Macron afin d’« éclairer » la décision politique, en prend pour son grade dans les allées du pouvoir. On souligne le ridicule de son revirement, on rappelle les fois où il s’est déjà contredit. « L’erreur de base, c’est de ne pas avoir astreint le président du Conseil scientifique à un devoir de réserve, comme le président du Conseil constitutionnel ou le président de Cour des comptes », estime le communicant Robert Zarader. « C’est la première fois que sont apparues avec une telle visibilité les différences d’interprétation entre le Conseil scientifique et le pouvoir politique », relève l’universitaire Arnaud Benedetti, spécialiste de communication politique.

D’autant que sur les plateaux de télévision, les scientifiques de tout poil défilent, accentuant la cacophonie. « Ils parlent trop, or ce n’est pas leur rôle de commenter une politique sanitaire, estime un conseiller du gouvernement. Ils tiennent un discours anxiogène et contre-productif car il augmente le scepticisme des Français. Et les médias qui les invitent ont leur part de responsabilité ». Les discours contradictoires au sein même du gouvernement accentuent le phénomène. « La communication du gouvernement est totalement dépendante de l’incertitude qui plane sur les connaissances, d’où l’impression qu’elle n’est pas maîtrisée », analyse Benedetti.

« Plus on a de data, plus on la donne. Pas seulement pour préparer l’opinion : la communication sanitaire est un outil d’acceptabilité et de mise en œuvre de la politique sanitaire »

Deuxième figure imposée dans la chorégraphie pré-confinement : chefs de partis, de groupes parlementaires, associations d’élus et partenaires sociaux défilent jeudi et vendredi à Matignon pour une « concertation approfondie » sur les scénarios à l’étude. « Comme à chaque fois, la concertation commence après qu’en réalité les décisions ont été prises. Sans jamais aucune étude d’impact ni éléments », dénonce le numéro 1 du PS, Olivier Faure, sur Twitter. « Pas du tout, s’insurge-t-on à Matignon. Il ne faut pas considérer ces consultations comme de la pure scénarisation. La transparence est pour nous un élément fondamental. Plus on a de data, plus on la donne. Pas seulement pour préparer l’opinion, mais aussi parce que la communication sanitaire est un outil d’acceptabilité et de mise en œuvre de la politique sanitaire. »

Au terme de ce déroulé doit intervenir « l’acmé » de la séquence, l’intervention télévisée du chef de l’État pour annoncer le nouveau tour de vis, habituellement suivie par quelques dizaines de millions de téléspectateurs. Pour la première fois cependant, en ce mois de janvier, on est sorti du binaire « confinement ou pas confinement ». « Différents scénarios » sont sur la table, a prévenu Gabriel Attal mercredi, qui vont du « maintien du cadre actuel », « peu probable », jusqu’à un « confinement très serré ».

Effet de style.

Le Président, selon certaines sources, souhaiterait cette fois « préserver davantage les jeunes ». « Mais on est vraiment au jour le jour, ce n’est pas un effet de style », jure un proche d’Emmanuel Macron, assurant que la décision n’est pas prise et dépendra de l’évolution prochaine des chiffres.

Ces différentes étapes ont en tout cas atteint leur principal objectif : accoutumer l’opinion à la perspective d’un troisième confinement. Mais elles ne fabriquent pas forcément du consentement. Ainsi, 93% des Français étaient favorables à l’instauration du premier confinement, 67% lors du deuxième, et seulement un Français sur deux aujourd’hui, selon un sondage Elabe-Les Échos. Comme si la chorégraphie était usée. « Les Français ont compris que c’est de la com’, que ce sont des séquences médiatiques, par ailleurs pas très bien gérées, juge Robert Zarader. Tout cela accroît la défiance globale. A un moment, il y aura un problème d’acceptabilité ».

Arnaud Benedetti constate également « une forme d’usure de l’acceptation du confinement ». « L’argument qui consiste à s’en prendre à un pouvoir sanitaire excessif n’était pas du tout audible il y a six mois, il commence aujourd’hui à avoir un écho », s’inquiète-t-il. Plus que jamais, pour convaincre les Français d’accepter une énième restriction de leurs libertés, Emmanuel Macron devra trouver les mots.

Aucune leçon de tirée depuis un an…on marche « au radar », on découvre…on parle…c’est de la « faute » aux labos…

Non seulement l’épidémie continue de plus belle…mais en plus ils ont trouvé le moyen de plier le secteur économique !!! Ils ont explosé la dette !!!

Le seul objectif : 2022 !!!

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