Elle est où la Justice ???

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ENTRETIEN AVEC RÉGIS DE CASTELNAU.

“Lutter contre la corruption ? Oui, mais pas en violant la loi” Ancien avocat, notamment de la CGT et du PCF, où il milita longtemps, blogueur à succès (1), polémiste au verbe haut, Régis de Castelnau vient de publier un ouvrage en forme de réquisitoire contre les dévoiements et les dysfonctionnements d’un système judiciaire mettant à mal l’État de droit. Trop caricatural pour certains, il détaille ici les raisons de sa « colère citoyenne ».

Marianne : Pourquoi un ancien avocat communiste dénonce-t-il avec autant de virulence les procédures judiciaires visant François Fillon et Nicolas Sarkozy ?

Régis de Castelnau : Parce que les libertés publiques sont quelque chose de fondamental et de supérieur aux positions partisanes. Quand les dominants commencent à les violer, même dans les démocraties bourgeoises, c’est que le temps est en train de se couvrir.

La faute, selon vous, de notre magistrature ?

 Il y a quelques années, après avoir été longtemps une courroie de transmission du pouvoir exécutif, cette magistrature a manifesté la volonté de s’émanciper et d’acquérir son indépendance réelle. C’était légitime. Cela s’est traduit par une lutte contre les autres pouvoirs séparés : l’exécutif, surtout, et le législatif. En clair, contre la classe politique. Et ce avec l’appui du quatrième pouvoir, la presse. Paradoxalement, au lieu de renforcer l’impartialité des magistrats, cette quête d’indépendance a débouché sur une forme de partialité politique, à mon avis assez pernicieuse.

À quoi tient selon vous cette supposée dérive ?

Auparavant, la bourgeoisie était assez présente sur le plan institutionnel. Les fonctions qui nous intéressent étaient relativement prestigieuses et on sélectionnait beaucoup les carrières en fonction de cette connivence sociologique. Aujourd’hui, la masse du corps est issue de la petite bourgeoisie. Ils (les magistrats) en ont les traits actuels, c’est-à-dire du ressentiment pour les politiques, et sont animés par un fort sentiment d’appartenance à un corps autonome.

Revenons aux procédures judiciaires concernant Nicolas Sarkozy et François Fillon…

Je n’ai jamais voté pour eux et ne les considère certainement pas comme des victimes. Mais ils ont été l’objet de procédures judiciaires poursuivant des buts politiques. La disqualification de Nicolas Sarkozy est l’expression d’une aversion totale, que celui-ci a d’ailleurs provoquée, lorsqu’il a qualifié, au départ, les juges de « petits pois sans saveur ». Pour ce qui est de François Fillon, à l’origine, la magistrature n’avait pas d’opinion particulière le concernant, pas même dans sa faction la plus militante et partisane. Sauf que sa disqualification permettait l’avènement au pouvoir d’Emmanuel Macron. On savait que Marine Le Pen serait au second tour. Il fallait trouver qui serait face à elle et deviendrait, par conséquent, président de la République. Une décision a été prise en ce sens, je pense le démontrer longuement dans le livre (Une justice politique).

Selon Régis de Castelnau, l’ancien Premier ministre de Sarkozy (ici, en 2012) a été disqualifié de la campagne présidentielle avec la complicité des magistrats et de la presse. L’objectif : laisser le champ libre à Emmanuel Macron.

Admettons. Elle se prend où, cette décision ?

Au plus haut niveau de l’État. À l’époque, le secrétaire général de l’Élysée s’appelle Jean-Pierre Jouyet. C’est lui qui a fait entrer Macron, qui a été son parrain dans la haute fonction publique. Avec l’affaire Cahuzac, Hollande crée le Parquet national financier (PNF), qui a pour vocation de récupérer tous les dossiers qu’il veut et va ainsi boucler un dispositif s’articulant avec le pôle d’instruction financier, des magistrats du siège censés avoir un impératif d’impartialité. Or tout le monde sait très bien que ce pôle est « colonisé » par une gauche très proche du Syndicat de la magistrature (SM).

Ce qui ne fait pas forcément des uns et des autres des magistrats partiaux…

En tout cas, ils infusent dans une culture disons très « sociétaliste », ils ont des positions marquées et sont en réalité des militants. Si on me demande ce que je pense d’Eliane Houlette (ex-chef du PNF) (2), de Catherine Champrenault (procureure générale près la cour d’appel de Paris/ou de Jean-Michel Hayat /président du TGI de Paris au moment de l’affaire Fillon et qui désignera le juge Serge Tournaire pour instruire l’affaire) oui, clairement, ils ont agi comme des militants.

En quoi tout cela fait-il une procédure biaisée dans le cas de François Fillon ?

En amont, on a préparé un dossier, avec des éléments dont on voit bien d’où ils venaient, de l’administration, de l’Assemblée nationale et de Bercy. Ils ne pouvaient pas venir d’ailleurs. Et, comme par hasard, ce dossier arrive sous les yeux des journalistes du Canard enchaine. Et, très vite, une mécanique va se mettre en route.

Et tous, dites-vous, y ont joué un rôle.

Tous ! M Houlette l’avouera d’ailleurs en chargeant Catherine Champrenault. Je mets au défi les avocats et les magistrats de me donner un seul exemple d’une affaire qui se soit déroulée aussi rapidement !

Quel rôle joue la presse, selon vous ?

Pierre Péan avait fait une description assez meurtrière du fameux journalisme d’investigation. L’envie d’être lu, de battre la concurrence n’est pas illégitime ! Seulement, tout cela ne peut se faire que par la violation des principes et de la loi. Violer le secret de l’instruction, dans l’affaire Fillon ou dans tant d’autres, semble normal. Comme ne semble poser aucun problème le fait que ce viol soit commis par des magistrats ou des forces de police, assermentés, en charge des enquêtes. Pas d’accord !

Nombre d’avocats font la même chose…

Absolument. Et cela ne me dérange pas s’ils sont poursuivis et sanctionnés. Le secret de l’instruction et celui de l’enquête sont des libertés fondamentales destinées à préserver la présomption d’innocence. On doit certes lutter contre la corruption mais avec les armes du droit et pas en violant la loi. Quels arguments peuvent justifier que tel ou tel magistrat considère les règles judiciaires comme étant à géométrie variable ? Ce n’est bon pour personne, pas même pour les « dominés ». La vérité judiciaire, ce n’est ni la vérité historique ni la vérité scientifique, juste celle que le juge établit avec des procédures normées, et la forme en est très importante. Voilà ce qui lui permet de prononcer la sanction et d’exercer la violence légitime de l’État, ce qui n’est pas rien.

Des procédures malmenées, selon vous, depuis qu’Emmanuel Macron est à l’Élysée.

La justice s’est émancipée, mais pour devenir une force politique au sein des institutions alors qu’elle devrait être séparée. Elle n’est pas aux ordres d’Emmanuel Macron : elle s’est mise à son service. Spontanément. Primo, on tape sur les adversaires : Marine Le Pen, François Fillon, Jean-Luc Mélenchon, etc. Deuzio, on protège les amis. Les dossiers concernant Richard Ferrand, Alexandre Benalla, François Bayrou, Sylvie Goulard, Jean-Paul Delevoye ou encore Alexis Kohler n’avancent pas très vite, n’est-ce pas… Enfin, les « gilets jaunes ». Les magistrats, car c’est leur rôle, auraient dû contrôler la violence exercée par la police contre ce mouvement. Ils ne l’ont pas fait. Mais quand Macron prend Éric Dupond-Moretti comme garde des Sceaux, ces mêmes magistrats, qui le détestent, ne font qu’un. Peu importe que les plaintes déposées par le SM et l’Union syndicale des magistrats (USM) ne soient pas recevables, cela montre bien à quel point ces gens se pensent comme une force autonome.

(1) Vududroit.com

(2) Dans un entretien accordé à Marianne en juin 2019, Eliane Houlette certifiait n’avoir jamais subi aucune pression ni reçu aucune consigne.

Tout part à la dérive…

Ma pauvre France ! Que peut-on faire ??

Cela sent vraiment « très mauvais »

Mais nous n’avons pas encore touché le fond… Les hôpitaux vont bien… les finances publiques sont en pleines formes … la police est respectée et adorée… la Justice c’est parfait (vu au dessus) …l’Armée règne en « maitre  » en Afrique…les Politiques sont comme les forces de l’ordre…

Tout va très bien madame la Marquise…

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