On nous prend pour des …

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Si la crise sanitaire doit nous enseigner une leçon, c’est bien l’impératif de garantir sur le long terme notre autonomie dans des secteurs stratégiques, condition de notre résilience face aux crises de demain. Mais nos dirigeants l’ont-ils compris ? Il y a quelques jours, France Stratégie indiquait que les choix énergétiques actuels conduiraient à des « pénuries d’électricité permanentes » dès 2030. En France comme en Europe se multiplient en effet les décisions qui condamnent à moyen terme la source de plus de 70% de notre alimentation électrique, l’industrie nucléaire.

Le parc existant produit pourtant une électricité pilotable à coût faible,et représente un atout crucial pour relever le défi climatique. Le Giec lui-même affirme qu’il n’y a aucun scénario pour limiter le réchauffement sans recours à l’énergie nucléaire et des démocrates américains jusqu’à une partie des écologistes allemands, cette prise de conscience n’a cessé de progresser.

Tout cela, le président de la République l’a reconnu dans son discours du Creusot, le 8 décembre. Mais, comme souvent dans le en même temps macronien, il y a bien peu de rapport entre les mots et les actes… Avec la fermeture de Fessenheim, il restera le premier président à avoir condamné une centrale que l’Autorité de sûreté nucléaire considérait comme « l’une des plus sûres de France ». Après s’être félicitée de cet arrêt, la ministre de l’Écologie prévenait que des coupures d’électricité pourraient désormais survenir. De fait, RTE a formellement demandé aux Français, en cette période de froid, de réduire leur consommation… Entre-temps, nous avions pourtant remis en fonctionnement quatre centrales à charbon – charbon qui doit être importé, comme l’électricité que nous achetons désormais à l’Allemagne, quand nous l’exportions jusque-là. Que se passera-t-il quand nos voisins, eux aussi engagés dans des transitions absurdes, ne pourront plus nous fournir ? Dépendance énergétique, perte de résilience, inflation des coûts, retour au charbon… Un tel suicide n’a qu’une seule raison : Emmanuel Macron a choisi de persévérer dans la voie tracée par François Hollande, qui avait marchandé le soutien des Verts au prix de notre déclassement collectif.

C’est cette même idéologie qui conduit au scandale scientifique de la taxonomie européenne sur la finance verte : chargé de répertorier les énergies durables, ce règlement, supposé ment orienté par une évaluation neutre fondée sur le critère des émissions de CO2, réussit à exclure le nucléaire et à inclure… le gaz. Loin d’être sans incidence, ce texte conditionnera les investissements pour de nombreuses années : la France laisse donc condamner son principal outil énergétique. Il faut dire qu’Emmanuel Macron a signé sans sourciller les conclusions du dernier Conseil européen, qui déjà citaient le gaz pour seul exemple d’énergie verte. Avec une remarquable cohérence, les députés LREM au Parlement européen ont voté, comme ceux du RN, pour que le Fonds de transition écologique puisse financer de nouveaux projets gaziers… tout en excluant le nucléaire.

Pas beau ça…

Avec de tels reniements, qui peut croire que c’est la cause du climat qui progresse? La disqualification du nucléaire est le résultat du lobbying intense d’intérêts déterminés et de concurrents qui rêvent de retirer à la France sa dernière carte maîtresse. Derrière les belles publicités pour le renouvelable, il y a les fournisseurs de gaz qui se rendent indispensables pour pallier leur intermittence. Il y a nos dépendances accrues à l’égard de ses producteurs, la Russie au premier rang, et des exportateurs de terres rares – nouvel assujettissement à la Chine. Il y a l’impact dévastateur de l’éolien et du solaire, désormais documenté, sur l’environnement et la biodiversité. Il y a des paysages vandalisés, des filières sacrifiées – on frémit en imaginant que notre gouvernement compte multiplier par dix les installations actuelles. Et tout cela pourquoi ?

Rarement dans l’histoire, on aura vu des dirigeants organiser avec autant de constance l’affaiblissement de leur propre pays. Il n’est pourtant pas trop tard : si le Président ne prend pas au sérieux son propre discours, les forces vives de la France doivent se mobiliser à sa place, pour gagner en particulier la bataille de la taxonomie verte en Europe. Nous le devons à notre avenir.

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