“On s’organise et on débarque”…

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Ils sont de « simples citoyens », des riverains « excédés par la petite délinquance qui nous pourrit la vie en bas de chez nous ». Ils interpellent les pouvoirs publics, le bailleur social, la Ville, la police, la justice, « avant de passer à l’acte », telle une milice.

Depuis plusieurs semaines, une quinzaine de Parisiens, majoritairement quadras et quinquas, pères de famille, habitant le square du Tarn, une cité HLM tranquille de Paris Habitat située porte de Champerret (XVIIe), se sont constitués en collectif. « On est tous du quartier. On se connaît tous. Dès qu’on voit un danger, on se prévient sur notre groupe WhatsApp Alerte voisins ! On s’organise et on débarque. » Hier matin, l’un d’eux rencontrait Atanase Périfan, élu de l’arrondissement, inquiet de cette montée en puissance et qui s’est saisi du dossier.

Le collectif a aussi lancé une campagne d’affichage dans les halls. « Attention ! Vols et cambriolages ». Certains locataires ont blindé leur porte, d’autres ont collé des caméras pour immortaliser les voleurs dans la cage d’escalier. « Alerte voisins » a aidé à arrêter un petit gang      « Pour l’instant, on est en mode vigilance, insiste Marc*. On respecte le droit. Mais on ne va pas se laisser bouffer par un petit groupe de délinquants du quartier. On va aller les taper ! » Et de prévenir : « Si rien ne se passe, on va appliquer notre propre justice.

Souriez…vous êtes filmés…

Pour l’instant, on fait des enquêtes. Le groupe grossit. » Déjà, vendredi dernier, « Alerte voisins » a aidé les policiers de la BAC (brigade anticriminalité) du commissariat du XVIIe à interpeller en flagrant délit le petit gang qui sévit dans les environs lors d’une « tentative de cambriolage ». « Ils nous ont prévenus », recadre un policier. Les trois jeunes, âgés de 15 et 17 ans, qui avaient été filmés plusieurs fois et identifiés, ont été embarqués menottés par les policiers, sous les invectives des riverains : « Ne revenez jamais ici ! » Dans le sac à dos des malfrats, les fonctionnaires ont trouvé le kit du parfait cambrioleur. Mais aussi les carnets de correspondance de ces… collégiens.

« Ils n’ont pas été déférés devant le parquet. Ils ont été relâchés après 24 heures de garde à vue, regrette une source proche du dossier. Le magistrat a estimé que les faits n’étaient pas caractérisés alors qu’ils venaient de casser la serrure de la porte d’un appartement et qu’il n’y avait personne d’autre dans la cage d’escalier. » « La police est sur le terrain. Elle fait son travail. En revanche, taclent les riverains, la justice ne suit pas. Elle est justement déconnectée du terrain. Et les mineurs, eux, ont un total sentiment d’impunité. Lundi, un autre appartement du square a été cambriolé. De quoi renforcer la colère des membres de cette « milice », dont l’histoire a commencé bien avant Noël, en novembre dernier, avec des vols de poussette. « Pas n’importe lesquelles, insiste Marc… Des modèles de la marque Yoyo, à 400 € pièce. J’ai retrouvé celle de mon fils le lendemain sur le site de vente en ligne Leboncoin. J’étais intrigué par la photo de l’annonce. La poussette trônait sur un parquet en point de Hongrie au milieu d’un beau salon ancien. »

« Le square du Tarn, ce n’est pas Chicago » Marc, avec son ami, a alors piégé le « vendeur ». Ils lui ont donné rendez-vous avant de réaliser « une petite filature » pour identifier l’adresse de son domicile. « C’était seulement deux rues plus loin… » Le vendeur — « un ado bon chic bon genre qui habite un bel immeuble haussmannien » — a restitué la poussette « sans broncher ». Mais le lendemain, celle du voisin de Marc avait disparu du palier à son tour. D’après une source proche du dossier, ce jeune receleur, en mèche avec les cambrioleurs du square du Tarn, était à la tête d’un business de poussettes Yoyo.

Des faits qui semblent se répéter. Pourtant, « le square du Tarn, ce n’est pas Chicago. Cette petite délinquance porte de Champerret est plutôt inhabituelle », assure un policier. Ce que reconnaît Marc : « Justement, on ne veut pas laisser cela s’installer, vivre ce que des riverains de l’Est parisien subissent. » D’où la création de leur collectif. Une « milice » qui pourrait faire craindre un possible dérapage. « On n’est pas aux Etats-Unis, on n’est pas armés, rétorque Marc. Il faudrait qu’avec la mairie du XVIIe, la police, le bailleur et la justice, on mutualise nos forces. Il y a une vraie synergie à trouver. »

Et ce n’est que le début…Inévitable…Le laxisme et la « fuite en avant » des autorités génèrent ces réactions.

Le problème c’est quand il va y avoir des morts…

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