Les gardiens de la galaxie.

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Illustration du XVIIe siècle représentant le poète satirique romain Juvénal.

« Sed quis custodiet ipsos custodes ? » : « Mais qui gardera les gardiens ? » La phrase est de Juvénal, le grand satiriste romain. Elle a donc presque deux mille ans, et même si le contexte n’est pas le même (il parle de l’infidélité féminine), la voilà sacrément d’actualité. En suspendant le compte personnel de Donald Trump (déjà momentanément banni d’Instagram et de Facebook) et en annonçant vouloir intervenir sur les comptes gouvernementaux @POTUS et @WhiteHouse (carrément), Twitter vient d’inventer la destitution numérique et l’arbitrage privé du débat public. Certes, en tant que compagnies privées, les Gafam ne sont pas obligées de respecter le premier amendement de la Constitution sur la liberté d’expression. On peut quand même s’interroger sur la liberté qu’elles prennent avec celle des autres – si excités soient-ils – au nom de « règles » pour le moins arbitraires, tout en préservant leur confortable non-responsabilité sur les contenus qu’elles hébergent et leur monopole de gatekeepers du Web… Alors, qui gardera les gardiens, a fortiori lorsqu’ils (re)gardent déjà tout le monde ? Reviens Juvénal : ils sont devenus fous !

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