Eldorado…???

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Il paraît qu’un nouveau monde est en train de remplacer l’ancien et qu’il faut s’en féliciter, merci Amazon, merci Facebook et consorts. Sottises ! Sans dire que c’était mieux avant, on peut au moins se demander si ça ne risque pas d’être pire après, au moins en ce qui concerne l’extension du domaine de la bêtise et le recul de nos libertés individuelles. Pour preuve, quelques petits faits récents, qui laissent pantois : souvent, l’avenir n’est que du passé qui recommence. Résumons.

Comme au temps des « heures les plus sombres de notre Histoire »– pour reprendre la logomachie du camp du Bien –, les syndicats SUD et CGT de l’Éducation ont dénoncé publiquement Fatiha Agag-Boudjahlat, professeure d’histoire-géo et militante laïque, auprès de son recteur d’académie et du président du conseil départemental de la Haute-Garonne. Son crime : avoir évoqué, sur les réseaux sociaux, le cas de cinq élèves de son établissement, « venus de l’étranger », qui avaient refusé d’observer la minute de silence en mémoire de Samuel Paty, l’enseignant décapité l’automne dernier. 

Comme les sinistres collabos de « Je suis partout », qui, dans les années 1940,désignaient les juifs à la vindicte de la milice, SUD et la CGT ont donc fait de Mme Agag-Boudjahlat une cible pour les islamistes et les très violents « antifa ». Grâce soit rendue à Jean-Michel Blanquer qui a eu, comme d’habitude, la réaction qu’il fallait : « C’est proprement hallucinant. » Le ministre a annoncé, par ailleurs, qu’elle devrait bénéficier d’une « protection fonctionnelle ». Est-ce donc la France que nous chérissons tant, ce pays où les syndicats mouchardent les enseignants qu’ils sont censés défendre dans un contexte difficile ? 

Ces syndicats, perroquets de l’ultragauche, n’ont pas de morale, on le savait déjà, mais les magistrats en ont-ils encore, eux ? La question mérite d’être posée après le stupéfiant communiqué de François Molins, procureur général près la Cour de cassation, annonçant, la semaine dernière, qu’une information judiciaire était ouverte contre le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, pour « prise illégale d’intérêts ». Devant une telle énormité proférée par une si haute autorité, il y a de quoi tomber de sa chaise : pour prévenir précisément d’éventuels conflits d’intérêts, Jean Castex n’a-t-il pas, depuis plusieurs mois, la charge des dossiers qui ont un lien avec les activités d’Éric Dupond-Moretti quand il était avocat ?

Qu’importe le droit, pourvu que le Parquet national financier soit lavé plus blanc. Comme l’a révélé l’enquête explosive de Marc Leplongeon dans Le Point (« La nouvelle affaire des écoutes », 25 juin 2020), le PNF a commis une faute grave : dans le cadre de sa guéguerre judiciaire contre Nicolas Sarkozy, trois de ses magistrats recherchaient frénétiquement la supposée « taupe » qui aurait averti l’ancien président et son avocat Thierry Herzog qu’ils étaient sur écoute. Dans ce but, ces juges n’avaient pas hésité à mettre leur nez dans les facturations téléphoniques détaillées de plusieurs grands avocats, dont Éric Dupond-Moretti. Une pratique, typique des républiques bananières, impensable dans un État de droit. 

Dans cette affaire, s’il y a un coupable, c’est la victime de la machine judiciaire, en l’espèce Éric Dupond-Moretti, qui avait osé déposer une plainte avant de la retirer quand il est devenu garde des Sceaux. Une enquête administrative avait néanmoins été ouverte, ce qui est la moindre des choses, à propos des agissements des trois magistrats du PNF. En accord avec les syndicats, les plus hautes autorités judiciaires ont apparemment décidé qu’elle n’aurait pas lieu. Une réaction bassement corporatiste. Circulez, il n’y a rien à voir, telle est la nouvelle « devise » de notre justice.

L’affaire Trump montre à quel point la justice et la liberté d’expression sont aujourd’hui menacées dans nos démocraties, alors que les Gafam – acronyme désignant les géants du Web et embryon de gouvernement mondial – ont décidé de se les approprier, en plus du reste. Que l’on se comprenne bien : il ne s’agit pas ici de défendre le futur ex-président des États-Unis, discrédité pour longtemps après le grotesque épisode de l’invasion du Capitole, mais de s’interroger sur la décision du réseau social Twitter de suspendre définitivement le compte @realDonaldTrump (33 millions d’abonnés).

Twitter dit avoir pris cette décision « face aux risques de nouvelles incitations à la violence ». Soit. Mais pourquoi le réseau social californien n’a-t-il jamais songé, en ce cas, à fermer le compte du président turc, Recep Tayyip Erdogan (17 millions d’abonnés), assassin international, massacreur d’Arméniens et de Kurdes, et ceux de tous les dictateurs ou terroristes aux mains rouges que compte la planète ? À croire que nous sommes bien entrés dans l’ère de l’abjection, quand rien ne vaut rien et que tout se vaut.

Au secours ! Où est la sortie ?

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