Jamais deux sans trois…

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Après deux annonces successives d’augmentation, une nouvelle salve va renchérir les prix de l’électricité. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) rendra son arbitrage au gouvernement dans les jours qui viennent.

Selon nos informations, elle devrait proposer une augmentation de 1,73 % pour les tarifs bleus résidentiels (les ménages donc), dès le 1er février. Soit un surcoût de 16 € par an sur leur facture.

En additionnant cette nouvelle augmentation avec les deux autres déjà annoncées –l’augmentation de la taxe transport à compter de cet été ; ainsi que la flambée des prix du marché de capacités, destiné à sécuriser les investissements sur le réseau –, c’est une cinquantaine d’euros annuels supplémentaires en moyenne qui vont venir plomber les factures d’électricité des Français en 2021.

Un « millefeuille inflationniste »

Dans un document interne et confidentiel que nous avons pu consulter, la CRE justifie cette augmentation par la concomitance d’au moins trois autres facteurs, qui viennent s’empiler sur les précédents, en une sorte de millefeuille inflationniste.

Première de ces nouvelles couches : la demande grandissante des fournisseurs « alternatifs » (Engie, Total Direct Energie, etc.) de s’approvisionner en électricité d’origine nucléaire.

EDF a en effet pour obligation de revendre à prix fixe (42 € le mégawattheure, ou MWh) une partie de la production de ses centrales. C’est ce que l’on appelle l’Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique), créé en 2011 afin d’éviter les distorsions de concurrence. Sauf que ce volume d’électricité nucléaire à disposition est fixe (100 térawattheures, ou TWh par an), alors que la demande des fournisseurs augmente année après année (avec leur portefeuille de clients). Résultat, ils sont obligés de se rabattre sur des prix de marché, souvent plus chers. « Tous ces mécanismes, marché de capacité ou Arenh, proviennent directement de la libéralisation du marché de l’énergie en 2007, fustige François Carlier, délégué général de l’association CLCV.

À l’époque, on nous avait promis une baisse des tarifs. C’est tout le contraire qui s’est produit, avec un bondissement de 50 % ces dix dernières années. »

Deuxième couche de ce millefeuille de coûts : un rattrapage, occasionné après le gel par le gouvernement d’une hausse de 5,9 % des tarifs, en plein mouvement des Gilets j a u n e s , entre février et juin 2019. Manque à gagner pour EDF : 553 M€. « Les pouvoirs publics avaient ensuite décidé de rattraper ce gel un an plus tard, rappelle le ministère de la Transition écologique, à partir de février 2020, en lissant sur une période de deux ans. » La hausse à venir en tient donc compte.

Troisième et dernière couche (mais non des moindres) : la production et la commercialisation. Avec, d’une part, le renchérissement des matières premières en 2020 : + 12 % pour le charbon ; + 9 % pour le gaz ; + 19 % pour le pétrole Brent, et + 20 % pour les quotas de CO2. Et, d’autre part, une explosion des impayés, qui ont pesé sur la trésorerie des fournisseurs.

« Tous ces chiffres et ces calculs sont issus d’un document de consultation, avertit néanmoins la CRE. La délibération du collège n’a pas encore eu lieu. » Sauf que la loi est claire : les tarifs doivent couvrir les coûts. La marge de manœuvre du gouvernement, qui a trois mois pour valider la proposition de la CRE, sera donc très limitée.

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