MaPrimeRénov’

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Montée en puissance pour MaPrimeRénov’. 

Comme nous le révélions le 5 octobre, le principal dispositif d’aides publiques à la rénovation énergétique des logements s’étend à de nouveaux bénéficiaires. Et remplace désormais intégralement un autre dispositif, plus ancien : le CITE (crédit d’impôt pour la transition énergétique), qui a disparu le 31 décembre, raccourcissant ainsi les délais de traitement des dossiers de plusieurs mois à une moyenne de quatre semaines.

Quoi de neuf ?

Les copropriétés, ainsi que les propriétaires bailleurs, peuvent désormais bénéficier de la prime. Jusque-là, seuls les propriétaires du logement dans lequel ils résidaient pouvaient individuellement faire valoir un droit à la prime. Autre changement de taille : les revenus supérieurs rentrent dans la catégorie des ayants droit. Avant, seuls les ménages les plus modestes pouvaient postuler.

Dès demain, une partie de ces nouveaux bénéficiaires, à savoir les copropriétés et les propriétaires occupants, peuvent déposer leur dossier en ligne*. Cela concerne tous les devis signés par des artisans labellisés RGE (reconnus garants de l’environnement) depuis le 1er octobre. Les propriétaires bailleurs devront patienter six mois de plus, jusqu’au 1er juillet si tout se passe bien, pour pouvoir eux aussi faire valoir leurs droits.

« Pour accompagner cette montée en puissance, le dispositif disposera cette année d’un budget record de 1,5 milliard d’euros (Md€), explique Thierry Repentin, le président de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), qui pilote le dispositif. Cela représente les trois quarts de ce que nous consacrerons cette année à la rénovation énergétique. » Le budget global de l’association, qui fêtera l’année prochaine ses 50 ans, a également été revu largement à la hausse : 2,7 Mds€ pour 2021, puisés dans les 100 Mds€ du plan de relance du gouvernement.

D’où un objectif ambitieux : au minimum doubler le nombre de demandes déposées pour MaPrimeRénov’ par rapport à l’année précédente. Le dossier est aussi bien social (plus de 4 millions de ménages en France souffrent de précarité énergétique et peinent à payer leurs factures de gaz ou d’électricité) qu’environnemental (le logement est le deuxième secteur émetteur de gaz à effet de serre derrière les transports).

Cela suffira-t-il à faire taire les critiques ? En dépit des nombreux dispositifs mis en place ces dernières années, la France demeure par rapport à ses voisins européens « en queue de peloton » en la matière, selon l’expression du Haut Conseil pour le climat (HCC), dans un rapport publié le 24 novembre.

Pis, l’organisme indépendant fustige dans ce même texte les aides publiques, MaPrimeRénov’ en tête, « coûteuses tout en ne permettant pas de combler efficacement le retard ».

MaPrimeRénov’ est le principal dispositif d’aides publiques à la rénovation énergétique des logements.

Trop de passoires thermiques en France.

 Il est vrai que sur près de 36 millions de logements, dont 30 millions de résidences principales, 4,8 millions sont considérés aujourd’hui comme des passoires énergétiques. Le dispositif fait l’objet de nombreuses fraudes, attirant des margoulins en tout genre. « Nous multiplions les contrôles, assure Thierry Repentin. De 8 à 10 % des chantiers sont vérifiés avant leur terme par l’organisme de certification Veritas. Et les cas litigieux transmis à la Direction générale des fraudes. »

MaPrimeRénov’, dans sa nouvelle mouture, entend mettre l’accent sur le parc déjà existant. « Depuis la COP21 à Paris, les objectifs se sont beaucoup focalisés sur les nouveaux logements, observe Thierry Repentin. Mais ceux-ci font déjà l’objet de réglementations et de normes contraignantes. Le véritable enjeu se trouve dans ce qui existe déjà. » Le neuf ne représente en effet chaque année que 1 % de l’ensemble de l’immobilier français. « De fait, 85 % des logements qui constitueront le parc immobilier en 2050 existent déjà, reprend le patron de l’Anah. Ce sont donc ceux-là qu’il faut en priorité rénover pour assurer l’isolation. Et donc protéger à la fois les familles qui les habiteront, et l’environnement. »

* http://www.maprimerenov.gouv.

Comme souvent quand un dispositif de soutien est mis en place, le montant dépend de la composition du ménage et de ses revenus. MaPrimeRénov’, dont la nouvelle mouture entre donc en vigueur demain et qui permet de réaliser des travaux d’économies d’énergie, n’échappe pas à la règle : si vous êtes nombreux à vivre sous le même toit avec de faibles revenus, vous pouvez financer une grande partie des travaux grâce aux aides.

Vous êtes un couple qui gagne 30 000 € par an, avec deux enfants dans un logement très mal isolé, et vous comptez mettre au rebut votre vieille chaudière au fioul ? Avec MaPrimeRénov’ (10 000 €), cumulée aux certificats d’économies d’énergie (4 400 €) et au bonus « sortie de passoire énergétique » (1 500 €), vous pouvez ainsi toucher jusqu’à 15 900 € afin d’installer une chaudière à granulés.

À l’inverse, un couple aisé avec peu — ou pas d’enfants — est beaucoup moins bien loti. Pour la même prestation, il ne peut espérer que 2 700 €.

Afin de savoir combien vous pouvez toucher précisément, nous avons élaboré un simulateur, très simple à utiliser et disponible sur notre site Internet*. Il suffit d’indiquer le lieu de résidence, la composition du foyer, le revenu fiscal de référence et l’équipement à installer (pompe à chaleur, isolation des combles, VMC…). Le montant précis apparaît alors.

* http://www.leparisien.fr

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