On n’est pas contre…

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« On n’est pas contre les énergies renouvelables mais raser 1 000 ha de forêt pour produire des énergies vertes, ça n’a pas de sens ! » répète Daniel Delestre, président de l’association Sepanso Aquitaine (Société pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le Sud-Ouest), depuis l’annonce d’Horizéo, nouveau projet de parc photovoltaïque à Saucats (Gironde).

Cestas (Gironde), septembre 2015. Le département abrite la plus grande centrale solaire d’Europe, édifiée sur 300 ha.

A une quinzaine de kilomètres de là, la plus grande centrale solaire d’Europe a été édifiée en 2015 à Cestas sur 300 ha. Donnant ainsi un coup d’accélérateur au département, premier producteur d’électricité solaire du pays, qui a multiplié par 9,4 en huit ans sa puissance cumulée en passant de 78,5 MWc en 2011 à 737,5 MWc (mégawatt crête) en 2019.

Un secteur prisé par les investisseurs.

Sa situation en a fait une terre de prédilection pour les investisseurs. « Il y a peu de relief, un bon taux d’ensoleillement et, surtout, un poste de transformation RTE près de Saucats, adapté pour se raccorder au réseau de transport de l’électricité », explique Mathieu Le Grelle, porte-parole du projet Horizéo porté par Engie et Neoen. Estimé à 1 milliard d’euros d’investissement, il devrait accueillir un data center, une production d’hydrogène     « pour alimenter 40 autobus » et un espace test dédié à l’agrisolaire en plus d’un parc de 1 000 ha de panneaux pour une puissance installée de 1 GWc. « Ça s’inscrit dans les objectifs de la région Nouvelle-Aquitaine de 8,5 GWc d’ici à 2030, pour répondre aux objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie. »

Mais le développement de la filière photovoltaïque doit se faire en privilégiant les espaces artificialisés, de manière à préserver les espaces naturels et agricoles. Or les 1 000 ha seraient pris sur des forêts de pins exploitées en sylviculture.

Pour la Sepanso Aquitaine, « ce projet, au détriment de la nature, serait en contradiction avec la feuille de route de l’État », parue en 2016. « Pas si simple », nuance Olivier Papin, responsable innovation chez E6, cabinet spécialisé dans la transition énergétique et environnementale, pour qui le projet de Saucats   « permettrait aussi d’avancer sur la transition énergétique ». Pour lui, « il ne faut pas couper une forêt centenaire mais, en revanche, entre une forêt de pins cultivée en monoculture, rasée tous les trente ans pour la pâte à papier et assez pauvre en biodiversité, et des terrains où l’on pourrait coupler élevage, culture et panneaux solaires, ça peut être intéressant. Il faudra voir l’étude d’impact ».

Un débat public aura lieu courant 2021 pour répondre aux interrogations des acteurs locaux. « Il y aura des boisements compensateurs, mais si c’est pour replanter du pin là où il y en avait déjà auparavant, ça n’aidera pas à renforcer la forêt », prévient Daniel Delestre, qui veut rester confiant. « Ce débat sera l’occasion de mettre les données du projet sur la place publique et de voir comment concilier les objectifs de transition énergétique en préservant la biodiversité, les espaces naturels et la forêt, qui ont un rôle essentiel dans le climat. »

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