Pourquoi le numéro deux de la sécurité de Darmanin a été limogé?

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Comme les ministres de la Justice et des Affaires étrangères, le titulaire de la Place Beauvau est protégé par un groupe de policiers dédié, le GSMI.

Le commandant en chef adjoint du groupe de sécurité du ministre de l’Intérieur (GSMI) a été remplacé du jour au lendemain, malgré des états de service irréprochables. Et sans que le cabinet de Gérald Darmanin lui ait laissé la possibilité de se défendre. Sa « faute » ? Avoir relayé sur une boucle privée WhatsApp, interne au service de la protection (SDLP, sa direction d’emploi), la lettre d’un officier de sécurité très bien noté, lui aussi. Dans ce courriel, ce dernier se plaignait de la gestion « inhumaine » pratiquée, selon lui, par la hiérarchie de cette branche de la police chargée de la protection rapprochée.

Cette missive, datée d’avril 2019 et que nous reproduisons ci-dessous, est édifiante à maints égards. Qui pourrait imaginer qu’un officier de sécurité, après avoir passé dix heures auprès d’un VIP (en jargon de la protection : une personnalité à protéger, NDLR), puisse dormir, en costume de fonction, dans sa voiture, faute de logement, et errer toute la nuit en blaser en attendant que le jour se lève pour faire sa toilette au service, rue de Miromesnil, à 50 mètres de la Place Beauvau et 100 mètres du palais de l’Élysée ?

Dénoncé par un collègue

C’est ce vécu peu enviable, raconté de manière détaillée dans un message très relayé au sein du SDLP, qui a causé la perte du chef adjoint du GSMI. « Cela a été perçu comme un défaut de loyauté par sa hiérarchie, qui a demandé sa tête au cabinet du ministre », confie un haut fonctionnaire à Beauvau. En fait, selon des sources internes, il a d’abord été dénoncé par un des sous-chefs cités dans le courrier, qui lorgnait la place.

Pour le remplacer, Beauvau a choisi l’actuel officier de sécurité de Bernadette Chirac. Ce qui permettra à l’heureux élu de continuer à percevoir sa prime de cabinet de 1 000 euros par mois, perdue après le décès de Jacques Chirac. En effet, les épouses de président – ou d’ex-président – de la République n’ont pas de statut officiel. Si elles bénéficient des avantages liés à la fonction de leur mari, quand ils sont en fonction et même une fois retirés des affaires, rien n’a été prévu après le décès de celui-ci. Courtoisie républicaine oblige, l’officier de sécurité de Bernadette Chirac a été maintenu en poste. Sur le papier, il occupe désormais deux emplois : officier de sécurité de l’ex-première dame et chef adjoint de la sécurité de Gérald Darmanin.

Interrogé sur ce dernier point, le ministère de l’Intérieur n’a pas répondu à nos sollicitations, sur ce dernier point.

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