Année très difficile…

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Selon le président du groupe, Florent Menegaux, ces suppressions de postes sont une nécessité face à une concurrence de plus en plus agressive, qui implique une « évolution permanente ». Florent Menegaux n’exclut pas de nouvelles fermetures de site à l’avenir, après celle de La Roche-sur-Yon (Vendée) en 2019.

Pourquoi ce plan ? La compétitivité de vos usines n’est pas à la hauteur des enjeux ?

Nous sommes confrontés depuis dix ans à de profondes transformations du marché. Il faut nous adapter. Concernant nos fonctions support, il s’agit d’accomplir mieux avec des effectifs réduits, 1 100 postes en moins : nous avons constaté un écart pouvant aller jusqu’à 25 % de productivité et de frais, à nombre de personnes équivalent, par rapport à d’autres secteurs. Notre fonctionnement doit être revu, en partant à la chasse aux doublons, en développant le télétravail ou les nouvelles technologies. Côté industriel, 1 200 postes vont être supprimés dans nos 14 usines françaises. Elles devront gagner en moyenne 5 % de productivité par an dans les trois prochaines années. Avec moins de ressources pour un niveau de production équivalent. En déployant des machines plus performantes, pour réaliser des économies de main-d’œuvre.

Il s’agit donc de remplacer une partie des salariés par des machines…

Il s’agit plutôt de recentrer le travail des salariés sur les tâches qualitatives et de laisser aux machines les tâches pénibles et répétitives. Quand nous comparons nos sites, entre eux et avec la concurrence, il y a une marge de progrès. Nos clients sont en demande de produits plus compétitifs.

Cela passera-t-il également par une réduction de la sous-traitance et des intérimaires ?

Cette réduction est déjà en cours du fait du Covid. Même si nous faisons attention à maintenir notre écosystème environnant, les PME avec lesquelles nous travaillons à Clermont-Ferrand ou Monceaux-les-Mines. Les intérimaires sont essentiellement utilisés lors des pics de charge. Or nous avons perdu en 2020 jusqu’à 17 % de notre activité sur les pneus de voitures et 18 % pour les camions. Le deuxième trimestre 2020 a été le pire de toute l’histoire de Michelin, avec une baisse d’activité que nous n’avions pas connue depuis la Seconde Guerre mondiale.

Justement, compte tenu de la crise économique, est-ce le bon moment pour se lancer dans un tel projet ?

Ce plan ne comprend aucun licenciement ou départ contraint. C’est avant tout un plan de productivité de nos sites en France. Qui devait d’ailleurs être lancé avant la crise. Il est temps de se mettre autour de la table avec les syndicats pour en déterminer les modalités pratiques, avec un calendrier le plus rapide possible. Seule la CGT refuse pour le moment de participer à cette concertation.

Vous ne garantissez donc aucune fermeture de site, après celle de La Roche-sur-Yon l’année dernière ?

Liée à ce plan, non, il n’y aura aucune fermeture. Mais je ne prends pas d’engagement au-delà. Ce serait irresponsable. L’activité d’une entreprise dépend de nombreux facteurs, ses clients, la concurrence… Aucun site chez Michelin n’est pérenne. Nous sommes en évolution permanente. Et nous développons des activités qui vont créer des emplois.

Lesquelles ?

À la fin de l’année, nous allons ouvrir la première usine de fabrication de pile à hydrogène en France, à Saint-Fons (Rhône). Nous développons une activité d’imprimantes 3D métalliques à Strasbourg. Tout cela implique des programmes de formations. Nous y allouons chaque année 6 % de notre masse salariale, le double de la moyenne des entreprises françaises.

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