Mais que nous arrive-t-il ?

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Mais que nous arrive-t-il ?

 N’est-il pas temps de se bouger et de sonner le tocsin, si les cloches de l’église n’ont pas été volées ? À l’aube de 2021, deux dangers menacent la France : l’américanisation par le politiquement correct (pour la tête) et la soviétisation par l’hyperbureaucratie (pour le reste du corps).

La France a inventé le communisme droit-de-l’hommiste, sans État policier. 

Avec au moins 56 % de dépenses publiques par rapport au produit intérieur brut, elle bat tous les records des pays développés : son économie n’est donc en rien « libérale », ô le gros mot, contrairement à ce que nous répètent les tristes sires de la « pensée magique », notamment dans les écoles et les universités.

Les présidents passent, l’hyperbureaucratie prospère. En la matière, la France vient encore de se distinguer : le 1er janvier, 516 personnes seulement avaient été vaccinées contre le coronavirus. C’est peu de dire que nous figurions au bas du tableau. Nous étions même distancés et humiliés par des pays comme la Roumanie (10 829) ou la Pologne (47 600). Sans parler de toutes les grandes nations, qui, bien sûr, caracolaient très loin devant nous. 

N’en déplaise aux désinformateurs officiels, si l’on rapporte le nombre de morts du coronavirus à celui de la population, nous faisons à peine mieux que les États-Unis et pire que la Suède, deux pays qu’ils pointent sans cesse du doigt. Jusqu’à présent, nous étions arrogants. Avec l’affaire des vaccins, nous sommes devenus ridicules. Ces chiffres accablants sont le symptôme de notre déclassement, d’une forme de tiers-mondisation. 

Notre personnel médical étant l’un des plus performants au monde, ceux qui nous gouvernent n’ont aucune excuse : ils ont laissé la main à la bureaucratie qui le chapeaute et qui a encore donné toute sa mesure. Pinailleuse et envahissante, elle ne fait rien mais elle bloque tout. La France et l’Allemagne sont les deux pays développés qui dépensent le plus pour leur système de santé : respectivement 11,3 et 11,2 % du PIB. Mais le nôtre est suradministré. D’où notre handicap. Le phénomène n’est pas nouveau. 

Il y a des siècles que nous vivons sous la férule d’une bureaucratie paperassière. 

Dans Les Origines de la France contemporaine (Robert Laffont, collection « Bouquins »), son grand livre, l’historien Hippolyte Taine racontait comment, avant 1789, l’Ancien Régime s’était délité sous le poids d’une « centralisation grossière, sans contrôle » mise en œuvre par « une armée de petits pachas ». Depuis, nos révolutions n’ont fait que surajouter de nouvelles couches administratives. 

La France n’en a pas moins continué à aller de l’avant. Mais, alors que les pays dits émergents, surtout en Asie, deviennent de plus en plus concurrentiels, il devient désormais urgent pour elle de dégraisser son mammouth. Gageons que la débureaucratisation sera l’un des thèmes de campagne du président sortant en 2022, comme en 2017, comme auparavant, elle fut l’antienne de ses prédécesseurs. Mais puissent les belles promesses ne plus engager uniquement ceux à qui elles ont été faites ! 

La bureaucratie n’est-elle pas consubstantielle à la France ? Si le corps de notre pays souffre depuis toujours d’obésité administrative, sa tête est atteinte, elle, par un nouveau virus, l’américanite. À l’heure où tout se perd, les repères et les valeurs, elle remplit de plus en plus nos têtes de fixettes made in USA : l’exaltation des communautarismes, la haine de la laïcité, le rejet de l’universalisme, l’obsession de la couleur de peau sous couvert d’antiracisme, le culte des quotas, de la théorie du genre, etc. Sans parler de la dénonciation et de l’ostracisation (« cancel culture »). Autant de tics idéologiques qui rongent souvent nos contemporains, comme des puces. 

Il n’est de jour où l’américanite ne frappe. 

Dernière victime : Ibrahim Maalouf, trompettiste franco-libanais à succès. Après le traditionnel concert du Nouvel An de l’Orchestre philharmonique de Vienne, il a déploré que celui-ci ait été « tristement remarqué pour son manque de diversité ethnique. » Saperlotte ! La grande et superbe violoniste Zhang Zhang lui a aussitôt répondu en postant des photos de l’Orchestre philharmonique de Chine et de celui de Kinshasa, où il apparaît que les Blancs ne sont pas représentés. Avant de dénoncer la « haine » manifestée par Maalouf et sa pratique de la « cancel culture », elle a aussi observé que, pour les orchestres, le concours de recrutement se fait derrière un paravent pour que le jury ne puisse pas voir les candidats, leur couleur de peau, s’il s’agit d’un homme ou d’une femme, et ne juger que la qualité de leurs performances. 

Las ! Aux yeux des adeptes de la cancel culture, la performance passe après l’état civil, l’ethnie et le reste. C’est à la bureaucratie de trier le bon grain de l’ivraie, avec ses quotas, ses formulaires, ses algorithmes. L’art est son nouveau terrain de jeu. On n’en a décidément pas fini avec elle. Bonne année !

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