Soldats français morts au Sahel : ça va durer encore longtemps ?

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LETTRE DES ARMÉES. Depuis 2013, les opérations militaires françaises Serval puis Barkhane, au Sahel, ont causé la mort de 50 soldats. Pour quel résultat ?

Depuis janvier 2013, près de 100 000 soldats français se sont relayés au Sahel pour y mener les opérations Serval puis Barkhane. Avant leur engagement, puis durant leur formation dans les écoles, tous ont été avisés qu’ils ne choisissaient pas un métier comme les autres. Que la mort serait leur compagne, que la capacité de l’infliger au combat implique d’admettre de la recevoir. Avant leur départ, ils ont été invités à souscrire une assurance-vie pour compléter les indemnités légales et les pensions servies à leurs proches en cas de décès. On les a incités à se marier ou à se pacser avec leur partenaire. Professionnels, ils ont assumé leur choix jusqu’au bout…

Dans le code d’honneur du soldat, remis à chaque militaire lors de son engagement, l’article 9 est explicite et la mort est discrètement présente : « La mission est sacrée. Je l’accomplis jusqu’au bout avec détermination et esprit d’initiative. » Cette formulation est reprise dans un autre document, plus détaillé, le livre orange. Dans sa préface, le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Thierry Burkhard, avertit son personnel que les guerres seront de plus en plus meurtrières. Il l’appelle à se « préparer à des engagements encore plus difficiles, soudains et multiples, dans tous les champs de la conflictualité ».

115 soldats tués en dix ans

Voici une trentaine d’années, le concept de guerre dite « zéro mort » avait émergé aux États-Unis. On se souvient que l’on imaginait alors que le camp des amis – capable de tirer à distance de sécurité des armes ultra-précises – ne subirait plus aucune mort au combat, celle-ci étant réservée aux méchants d’en face. On sait ce qu’il en est : depuis la fin de la guerre froide, plus de 420 soldats français sont morts au combat, appartenant pour la plupart à l’armée de terre, qui a perdu 115 soldats en opérations ces dix dernières années. Ces chiffres sont à comparer avec ceux de la seule bataille de Verdun, qui va provoquer 300 000 morts (dont 160 000 Français et 140 000 Allemands), du 21 février au 29 décembre 1916.

Autres temps, autres mœurs. Nous ne sommes plus dans la même époque, les massacres à l’échelle industrielle appartiennent à un passé pour l’heure révolu. Aujourd’hui, chaque soldat disparu est honoré en personne, en présence du président de la République et de sa famille dans la cour des Invalides. Dans le numéro de juillet dernier de la revue des saint-cyriens, Le Casoar, l’historien Georges-Henri Soutou souligne : « On ne supporterait plus l’anonymat démocratique à l’ancienne, de même que l’on ne supporterait plus un soldat mort non identifié, un soldat inconnu. » Il ressent néanmoins un malaise, s’interroge : « Ne s’agirait-il pas d’une forme de cérémonie expiatoire, d’un rite obligé ? D’une forme d’excuse de la part des autorités pour n’avoir pas réussi à réaliser l’opération avec « zéro mort » ? »

La mort, « hypothèse de travail » ?

Dans son excellent ouvrage Sous le feu, la mort comme hypothèse de travail (Tallandier, 2014), le colonel et historien Michel Goya distingue deux types de morts au combat. Tout d’abord, la « mort par en haut », celle qu’infligent les bombes et les missiles air-sol que l’armée française utilise si abondamment au Sahel : « Cette tactique jouant sur la peur du bolide venu d’en haut a été remise à l’honneur dans les conflits de contre-insurrection actuels. » Mais les soldats français ont beau bénéficier des atouts de la technologie et d’une supériorité aérienne totale, ils n’en subissent pas moins ce que l’historien appelle « la mort d’en bas ». Elle survient « par les mines, sapes et pièges de toutes sortes, ce qui accroît encore l’angoisse du combattant par les mutilations qu’ils provoquent à coup sûr et le sentiment que l’on ne peut plus surveiller toutes les directions dangereuses en même temps.

Cette mort à la fois soudaine et sournoise, car bien souvent on ne voit pas d’ennemi, est devenue, sous la forme des engins explosifs improvisés, la menace principale pour les forces engagées dans les combats actuels dits asymétriques ». Dans Le Casoar, le lieutenant-colonel Jean Michelin évoque pour sa part une attaque suicide subie en Afghanistan : « Nous n’avons pas vraiment manœuvré, nous n’avons pas pu riposter. Il n’y a pas eu d’initiative à reprendre, pas de preuve à apporter de notre vaillance. Nous n’avons pas donné l’assaut, l’enregistrement de nos conversations à la radio ne relèverait aucun message héroïque. »

50 décès en sept ans

Les derniers morts français du Sahel ont eux aussi été tués dans des conditions affreuses, par un adversaire terroriste combatif, résilient, très loin de battre en retraite, qui aurait déjà dévoré le pouvoir malien depuis longtemps si l’armée française ne s’était pas dressée contre lui. Tanerii Mauri, Dorian Issakhanian et Quentin Pauchet, du 1er régiment de chasseurs de Thierville-sur-Meuse (Meuse), sont morts le 28 décembre. Yvonne Huynh et le brigadier Loïc Risser, du 2e régiment de hussards de Haguenau (Bas-Rhin), ont péri dans leur véhicule le 2 janvier. Cinquante morts français depuis 2013…

Toutes ces morts illustrent le soutien que la France apporte à ceux qui ne veulent pas livrer l’Afrique de l’Ouest aux djihadistes. Sans doute ces soldats avaient-ils été bien formés, dûment avertis des risques encourus au cours de leur mission. Au service de la France, exécutant des ordres donnés par le politique, ils ont fait leur devoir et méritent notre respect. Mais il est évident qu’il y aura bien d’autres morts si notre pays, l’Europe et les États africains persistent à penser que ce sont les militaires français qui apporteront une solution aux problèmes du Sahel. Depuis sept ans, ils démontrent qu’ils font le job. Mais pourquoi sont-ils si seuls ?

Profonde tristesse pour la ministre, devoir accompli pour le président…

Circulez il n’y a plus rien à voir…

Aucune réaction des politiques, des « bobo-gaucho-fémino… »

A 100 on arrête « le jeu », avant on continue…

Pauvres Gamins se faire tuer pour une médaille…un discours… pour un pays abandonné… sans âme…et bientôt sans histoire…

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