La ferme dite des Mille Vaches…

le

La ferme dite des Mille Vaches, implantée entre Drucat et Buigny-Saint-Maclou, près d’Abbeville (Somme), cessera son activité laitière demain. C’est la fin de dix ans de controverse et de six ans d’exploitation. Car, très vite, le projet de ferme géante voulu par Michel Ramery, entrepreneur de travaux publics, a suscité une vive opposition.

La Confédération paysanne s’est d’abord invitée illégalement sur le chantier le 12 septembre 2013, puis le 28 mai 2014 pour démonter la machine de traite. Le 13 septembre suivant, la première traite de 150 vaches a lieu. Mais, alors que la SCEA Côte de la Justice est autorisée à accueillir 500 bêtes, en juin 2015, un ancien salarié dénonce de mauvaises conditions de vie des animaux et leur nombre beaucoup plus important. Un contrôle suit : près de 800 vaches sont recensées.

La défaillance de l’unique client belge.

Une bataille judiciaire commence, qui ira jusqu’au Conseil d’État. « A ce jour, aucun jugement définitif n’est prononcé, nous considérions que nous étions dans notre droit de réaliser des regroupements, explique Véronique Rétaux, porte-parole de la SCEA. Mais nous avons décidé d’arrêter car cela fait six ans que nous sommes dans le flou artistique quant aux autorisations de nos capacités. À 1 000 vaches, nous étions rentables. Là, nous perdions de l’argent. Par ailleurs, la laiterie belge Milcobel, la seule qui acceptait de ramasser notre lait, nous a annoncé qu’elle recentrait ses activités dans son pays. » Mais elle ne regrette rien : « Nous sommes tristes d’arrêter un tel modèle et fiers d’avoir ouvert cette voie-là. De nombreuses personnes sont venues visiter. Chacun a pu voir que les vaches étaient bien soignées. D’ailleurs, aucune autre ferme en France n’a dû être contrôlée comme la nôtre ! » Le site Internet Web-agri a lancé un sondage : 59, 1 % des lecteurs estiment qu’il s’agit là d’un véritable gâchis. « C’est dommage, commente Guillaume Clop, président des Jeunes Agriculteurs de la Somme. Il n’y avait aucun doute quant au bien-être animal car le lait était de bonne qualité. Le fait d’avoir sur le dos des associations contre soi, ça doit être pesant au quotidien. »

Etable des 1000 vaches.

De son côté, Franchis Chastagner, président de l’association locale Novissen, ne cache pas sa satisfaction : « Cela fait dix ans que nous nous battons contre cette ferme. C’est juste de l’agrobusiness à une période où nous sommes en surproduction laitière. Cela prouve que ce n’était pas le modèle d’élevage à retenir. Leur méthaniseur n’a jamais fonctionné. Tout cela, c’est de la délinquance économique. Nous souhaitons maintenant garder un œil sur l ’avenir des 1 700 vaches et génisses. » La Confédération paysanne, elle, évoque une « victoire majeure ». Une petite partie du cheptel devrait être vendue à des éleveurs. Les autres iront à l’abattoir. La Fondation Brigitte Bardot a proposé de les prendre pour les placer en pension. Mathieu Ramery, fils du fondateur décédé, a refusé. « On trouve ça dramatique, invraisemblable. Elles ne méritent pas ça », commente Christophe Marie, porte-parole de la Fondation.

La SCEA Côte de la Justice poursuivra l’exploitation de 1 000 ha. Elle emploie 25 salariés. Certains seront reclassés. Les bâtiments pourraient être reconvertis dans l’élevage pour la viande, voire en plate-forme logistique.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.