La fin des normales saisonnières « normales » ?

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Les températures moyennes utilisées comme référénces dans les bulletins météo sont mises à jour en 2021. Elles seront plus élevées car elles intégreront les records de chaleur de la dernière décennie.

Jardins du château de Versailles sous la neige.

À Noël, ce type de phrase est revenu en boucle à chaque bulletin météo : « le temps sera froid sur la plupart des régions, avec une température située un degré en dessous de la normale… » Mais que signifie cette « normale », sur laquelle les météorologues s’appuient pour juger qu’un 25 décembre est glacial, ou qu’un été est particulièrement chaud ?

La « normale saisonnière » est une moyenne calculée pour chaque mois de l’année, à partir de relevés réalisés depuis trente ans par des thermomètres répartis un peu partout en France. Elle donne ainsi la température qu’il devrait faire « normalement » à une saison et un endroit donnés, par rapport au temps qu’il a fait ces trente dernières années.

Dans le monde, chaque pays effectue ses calculs de normales dans les mêmes conditions. « Ces instruments de repère sur le climat ont été mis en place peu après la création de l’Organisation météorologique mondiale en 1950 », détaille Christine Berne, climatologue à Météo France. Les normales saisonnières actuellement utilisées proviennent donc de températures observées entre 1981 et 2010. Et tous les dix ans, cette période est modifiée par Météo France qui met à jour ses statistiques avec les relevés de la décennie précédente. En 2021, donc, changement de normales ! Celles-ci seront désormais calculées d’après les températures enregistrées entre 1991 et 2020.

« Normalité du moment ». 

« Il s’agit de s’adapter à la normalité du moment », explique Christine Berne. Les météorologues se sont ainsi accordés sur l’idée que la météo des trente dernières années donnait un aperçu assez réaliste, et lissé, de cette « normalité ». Les nouvelles normales ne devraient cependant pas être utilisées avant la fin de l’année. « Il nous faut du temps pour vérifier toutes nos mesures, c’est un travail assez lourd », justifie la climatologue de Météo France.

Cette révision est susceptible de bouleverser nos repères climatiques. Car la nouvelle période intègre la décennie la plus chaude jamais observée mondialement, et de nombreuses années records enregistrées dans l’Hexagone. Dans un communiqué publié le 17 décembre, l’institution météorologique nationale annonçait que « l’année 2020 (14 °C en moyenne) devrait se classer au premier rang des années les plus chaudes que la France ait connu depuis 120 ans (c’est-à-dire, depuis que ces mesures existent), devant 2018 (13,9 °C) et 2014 (13,8 °C) ». Le top 6 des températures annuelles les plus élevées de l’histoire se situe ainsi après 2011.

Ce réchauffement aura évidemment une influence sur les prochaines normales. « On aura un écart d’environ 0,4-0,5 °C avec la période précédente et cette différence sera sans doute plus marquée l’été », commente Christine Berne. En 2021, la traditionnelle révision des normales prend donc une ampleur inédite. « Cette décennie est nettement plus chaude », souligne la chercheuse, qui précise que celle des années 2000-2010 l’était également, dans une moindre mesure, par rapport à celle d’avant. « Le fait de rehausser les normales prouve bien qu’il y a un changement climatique », résume le climatologue du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) Alain Mazaud.

Comparaison ponctuelle. 

Mais si ces normales sont modifiées, pourra-t-on encore mesurer cet effet de réchauffement ? Et s’alarmer de températures « anormalement » élevées l’été ? « Oui, car quand on mesure le réchauffement, il faut se référer à la période préindustrielle, quand l’homme n’avait pas encore modifié le taux de CO2 dans l’air », répond le scientifique Alain Mazaud. C’est un phénomène de long terme donc, qui s’observe de façon beaucoup plus large qu’à travers la comparaison ponctuelle fournie par la normale.

Christine Berne, climatologue à Météo France, tient à nuancer ce rôle de mesure du réchauffement que l’on attribue, à tort, aux normales : « ce n’est pas leur objectif premier », explique-t-elle. « A l’inverse, quand les températures refroidissent, on n’en déduit pas que le réchauffement ralentit ! », argumente la chercheuse. « Les normales confirment juste la tendance d’élévation des températures, elles sont en cohérence avec ce qu’il se passe ».

Pas de panique non plus du côté des fortes chaleurs qui ne seront pas minimisées dans les futurs bulletins météo : « 0,4-0,5 °C de plus pour les nouvelles normales, c’est trop léger : le vrai signal d’anormalité d’une température, c’est lorsqu’elle dépasse d’un ou deux degrés sa normale », pointe Christine Berne.

Pour les périodes les plus chaudes, en outre, ce sont les valeurs absolues qui comptent. Les canicules sont ainsi déterminées en fonction de valeurs seuils – au-dessus de 21 °C la nuit et 36 °C la journée. Mais nullement par rapport aux normales. De même pour les années aux températures les plus élevées, dont le classement s’effectue selon les valeurs absolues.

Les normales indiquent simplement la tendance du climat actuel. « Les gens vivent et se repèrent avec la normale de leur temps », observe la climatologue de Météo France. Un temps néanmoins toujours plus chaud, décennie après décennie, qui devient, le symbole est fort, « normal ».

La décennie la plus chaude de l’histoire

2011-2020 : au sein de cette décennie figurent les six années aux températures les plus élevées jamais enregistrées dans l’Hexagone. Le nouveau calcul des « normales saisonnières » de Météo-France doit les prendre en compte pour 2021.

2020 : avec une température annuelle moyenne de 14 °C, 2020 prend la tête des années les plus chaudes en France devant 2018 (13,9 °C) et 2014 (13,8 °C).

Cela va bien arranger les écolos …

Changeons le thermomètre… changeons le référenciel… comme cela plus rien de comparable et on pourra nous raconter ce que l’on voudra nous faire croire…

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