Et le « caillou » alors …???

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Ultimatum

Brexit: l’Espagne se rappelle au bon souvenir du Royaume-Uni au sujet de Gibraltar.

Le cas du « Rocher » n’étant pas inclus dans les négociations menées par Bruxelles, Madrid menace Londres d’un blocage.

Le Rocher de Gibraltar.

La Grande-Bretagne a appelé lundi les entreprises à se préparer au Brexit, la période de transition prenant fin le 31 décembre à 23 heures, heure de Londres. « L’accord est signé, mais les grands changements s’accompagnent de défis et d’opportunités », a déclaré le ministre d’État britannique Michael Gove dans un communiqué. Il y a des changements pratiques et procéduraux auxquels les entreprises et les citoyens doivent se préparer. »

S’il a conclu, la semaine dernière, un accord sur les relations commerciales que le Royaume-Uni entretiendra avec l’Union européenne à partir du 1er janvier, Boris Johnson n’en a pas totalement fini avec le Brexit. Il lui reste encore un caillou dans la chaussure. Ce caillou a pour nom Gibraltar, possession britannique depuis le traité d’Utrecht, en 1713.

L’Espagne n’a de cesse de récupérer le contrôle de cette « colonie », un territoire de 6,8 km2 situé à la pointe de l’Andalousie. Elle a réussi à ce que le dossier ne soit pas inclus dans les négociations entre l’UE et le Royaume-Uni, pour le traiter elle-même. Or, à l’approche de la date fatidique du 31 décembre, Madrid et Londres n’ont toujours pas trouvé de terrain d’entente.

Tout en désirant rester dans le giron britannique, Gibraltar et ses 34000 habitants – à 96% opposés au Brexit lors du référendum de juin 2016 – veulent continuer à avoir des relations fluides avec l’Union européenne, et notamment être incorporés à l’espace de Schengen. Cela représente une brèche pour l’Espagne qui réclame, en contrepartie, en tant que responsable de la région, un droit de regard sur les activités douanières du port et de l’aéroport du « caillou ».

« Aucune partie ne va renoncer à ses prétentions en matière de souveraineté mais nous devons mettre cela de côté pour trouver un terrain d’entente qui rende la vie plus facile des deux côtés de la frontière », expliquait lundi Arancha González Laya, la ministre espagnole des Affaires étrangères, en maniant la carotte et le bâton. « Un accord de principe est parfaitement possible », assurait-elle, ajoutant que, sinon, « le Rocher sera le seul endroit où s’appliquera un Brexit dur ».

Bouchons. 

Quelque 15000 personnes vivant en Espagne traversent chaque jour la frontière pour venir travailler à Gibraltar. Cela y représente la moitié de la population active. Les 10000 Espagnols concernés ne seraient pas impactés au cas où la situation ne serait pas rapidement réglée. Mais les autres seraient contraints, à l’avenir, de détenir un passeport pour entrer et sortir et n’auraient plus accès à la sécurité sociale espagnole, sans parler de la non-reconnaissance de leurs permis de conduire. « Une des conséquences pourrait être, à moindre échelle, la formation de bouchons tels qu’en a connu Douvres », a laissé entendre Arancha González Laya.

Les négociateurs du Royaume-Uni, qui comptent des représentants de Gibraltar dans l’équipe, plaident eux aussi pour une très grande fluidité des échanges, voire pour « un espace de prospérité partagée ». Mais ils bloquent toujours sur la question de souveraineté. Ils estiment aussi, à l’instar du Premier ministre britannique Boris Johnson, que Gibraltar est « absolument » vital pour l’Andalousie. « Nos amis et partenaires espagnols le savent », aime à croire l’hôte du 10 Downing street.

« A moins et tant que vous n’en aurez pas décidé autrement, aucun éclat du Rocher, aucun fragment de la souveraineté nationale ne sera abandonné. Parce que le jour de votre fête nationale, nous ne célébrons pas seulement la culture unique et spéciale du Rocher et de son peuple, mais ce jour important de septembre 1967, quand 99,65% d’entre vous se sont levés et ont dit “nous choisissons de faire partie de la famille britannique des nations, maintenant et toujours” », a encore rappelé Boris Johnson le 10 septembre. « Et tant que je serai Premier ministre, c’est exactement la manière dont les choses vont demeurer », avait-il ajouté.

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