Les maux… Encore des mots toujours des mots… Les mêmes mots…

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On a fini par s’y habituer : classement après classement, le système éducatif français n’en finit pas de sombrer. La dernière enquête internationale nous place désormais en 24° position (parmi les 25 pays les plus développés) pour le classement des élèves en mathématiques. Le niveau d’un collégien de quatrième est grosso modo celui d’un élève de cinquième en 1995. Et ce n’est guère plus brillant dans les autres matières.

On n’en fera pas grief à Jean-Michel Blanquer. Le ministre de l’Éducation nationale fait tout ce qu’il peut pour remonter la pente : dédoublement de classes dans le primaire, réforme du lycée, « plan mathématiques », abandon de la calamiteuse réforme du collège de Najat Vallaud-Belkacem… La bonne volonté gouvernementale est évidente, mais elle ne suffira pas. Car le « mammouth » souffre de handicaps qu’aucune réforme ne pourra faire disparaître.

Le poids de l’immigration d’abord. L’école française avait réussi au XXe siècle l’intégration des enfants d’origine italienne, polonaise puis maghrébine, mais elle n’y parvient plus aujourd’hui, débordée par la vague migratoire que nous connaissons depuis 2000. Quand les études savantes parlent pudiquement d’« inégalités sociales » ou d’« élèves défavorisés », elles omettent de dire qu’il s’agit bien souvent d’enfants d’origine africaine qui cumulent les difficultés (famille nombreuse, faible bagage culturel, père absent, mère dépassée…). Comment ne pas comprendre les parents qui choisissent l’enseignement privé ou déménagent pour éviter les établissements publics ghettoïsés et donner ainsi une meilleure chance de réussite à leurs enfants ?

Reste qu’attribuer tout l’échec de notre instruction publique aux enfants d’origine étrangère relèverait de la xénophobie : le niveau baisse partout, y compris dans les régions de faible immigration. Car c’est l’institution elle-même qui a renoncé à son devoir d’exigence. L’égalitarisme est devenu le nom hypocrite du renoncement, selon les mots si justes de Jacques Julliard. De la raréfaction des notes à la généralisation du contrôle continu, tout est fait pour dissimuler les différences entre les élèves et les établissements : plus une tête ne doit dépasser. Quand l’enfant est placé « au centre du système éducatif », son épanouissement personnel passe avant ses performances scolaires. Et ne parlons pas de l’obéissance : il n’y a qu’en Argentine et au Brésil où l’indice du climat de discipline en classe est inférieur à la moyenne observée en France, selon une récente étude de l’OCDE.

Beaucoup d’enseignants et de chefs d’établissement se désolent de cette situation. Mais le système est totalement verrouillé par des syndicats qui refusent tout aggiornamento : les directeurs d’école ne peuvent pas choisir leurs professeurs (ils ne sont même pas leurs supérieurs hiérarchiques), les mauvais enseignants ne sont pas sanctionnés, l’autonomie des collèges et des lycées est un leurre. Résultat, jamais les performances des élèves n’ont autant dépendu de leur milieu familial : un comble pour une institution qui ne jure que par l’égalité des chances.

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