Pourquoi les virus mutent ?

le

Une nouvelle souche inquiète l’Angleterre sans qu’on connaisse encore son impact sur l’épidémie. Ce qui est sûr, c’est que les variantes sont fréquentes, c’est même une question de survie pour elles !

Dix-sept millions de visons abattus à cause d’une mutation du Covid-19 susceptible de mettre en échec les vaccins en cours de développement. Souvenez-vous, c’était en novembre au Danemark. Cette fois-ci, c’est en Angleterre qu’on est sur le qui-vive. Une nouvelle variante du coronavirus SARS-CoV-2 vient d’y être repérée. Dans le sud du pays où le virus galope, des analyses ont révélé que 1 000 patients malades en étaient porteurs.

Pour l’instant, les autorités sanitaires britanniques se veulent rassurantes. « Rien ne suggère » que cette nouvelle variante soit impliquée dans l’aggravation de la maladie ou qu’elle rend inopérante la campagne de vaccination en cours, explique Matt Hancock, le secrétaire d’État à la Santé, qui a néanmoins immédiatement alerté l’Organisation mondiale de la santé (OMS), car, estime-t-il, cette nouvelle souche pourrait être impliquée dans la propagation « exponentielle » du virus dans le sud-est de l’Angleterre, sans que l’on sache « dans quelle mesure ».

Une base de données internationale.

 Des variantes du Covid-19, l’OMS en a déjà vu beaucoup. C’est commun, assure Michael Ryan, responsable des situations d’urgence sanitaire à l’organisation mondiale : « Est-ce que ça rend le virus plus grave ? Se transmet-il plus facilement ? Complique-t-il le diagnostic ? Les effets du vaccin sont-ils altérés par cette mutation ? Voilà les questions qui se posent et nous n’avons aucune information suggérant que ce soit le cas », résume-t-il. Depuis l’apparition du Covid19, les mutations génétiques de ce coronavirus sont traquées dans le monde entier par les chercheurs, qui séquencent le génome des virus qu’ils trouvent et les partagent sur une base de données internationale, GISAID, un trésor de dizaines de milliers de séquences.

Et pour l’instant, malgré quelque 25 mutations déjà repérées depuis la détection du SARS-CoV-2 à Wuhan, en Chine, il y a un an, rien n’indique clairement qu’il a muté de façon à modifier sensiblement ses effets sur l’être humain. Cette nouvelle souche repérée en Angleterre va-t-elle changer la donne ?

« Les mutations font partie du mode de fonctionnement normal pour des virus », explique Vincent Enouf, responsable adjoint du Centre national de référence des virus respiratoires (Institut Pasteur), à Paris.

Adapter le système vaccinal.

 C’est même l’astuce qu’ils utilisent pour garder une longueur d’avance sur nos réponses immunitaires : lorsque nous développons des anticorps contre un virus, celui-ci va chercher à changer son enveloppe pour échapper à la reconnaissance par les anticorps et les cellules immunitaires, sinon il périra. En fait, c’est notre propre système immunitaire qui pousse le virus à changer ses protéines externes et à développer de nouvelles souches pour survivre.

Réputé être un virus à « mutation lente », à l’inverse de la grippe, le SARSCOV-2 est-il en train de changer de profil ? C’est tout l’enjeu des analyses en cours de cette nouvelle souche détectée au Royaume-Uni. Car lorsqu’un virus mute rapidement, c’est tout le système vaccinal qui doit s’adapter. C’est ce qui explique qu’il faille, dans le cas de la grippe, revoir chaque année la composition des piqûres…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.