Faut-il ouvrir le feu sur les black blocs ?

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L’anarchisme, sous toutes ses formes, et le gauchisme sont pétris de ce que l’Occident a politiquement initié, couvé et nourri tout au long du XIXe et du XXe siècles.

Pour le politologue Frédéric Saint Clair, une réponse négative s’impose ; les black blocs ne correspondant pas à la catégorie “schmittienne” de l’ennemi. 

Faut-il ouvrir le feu sur les black blocs ? A cette question, nombreux sont les Français qui, désormais, auraient probablement envie de répondre spontanément : Oui ! C’est en réponse à ce sentiment d’injustice, d’impunité et d’impuissance face à la violence des groupuscules d’extrême gauche que l’association « Hors Service » a publié le week-end dernier sur les réseaux sociaux, ainsi que le relève Le Parisien, un texte se terminant par : « Face aux bombes, face aux mortiers, face aux cocktails molotov, face aux marteaux et aux pavés, fini le LBD/Ouvrons le feu ! » Un message viral rapidement retiré, mais qui n’a pas manqué de faire réagir… Notamment la Direction générale de la Police nationale qui a choisi de saisir le parquet de la République de Paris, ainsi que certains Gilets Jaunes, qui ont émis le souhait de porter plainte pour appel au meurtre ? 

Une exigence de proportionnalité dans l’usage de la force

Y a-t-il eu appel au meurtre ? La réponse est aussi immédiate qu’évidente : Non ! L’usage de la violence physique est légitime de la part des forces de l’ordre, quand bien même elle serait létale. Ce sont les conditions de son usage, et notamment la proportionnalité dans l’usage de la force, qui sont déterminantes pour la qualification des faits. Or, le texte n’appelle pas à tuer toutes les personnes appartenant à un groupuscule « antifa » – ce qui serait effectivement un appel au meurtre – mais à exiger des forces de l’ordre qu’elles répondent, lors de confrontations violentes, en faisant usage de leurs armes à feu. La problématique est donc autre, et elle soulève une question qui ne relève en réalité ni du cadre pénal ni de celui des techniques de police, mais d’une réflexion philosophico-politique sur le droit de tuer, sur la capacité et l’opportunité de l’appareil d’Etat de faire usage de moyens létaux pour assurer la sécurité des citoyens, des policiers, et pour maintenir l’ordre. 

Pourquoi il faut traiter les antifas et les black blocs en terroristes

Dans son ouvrage, La notion de politique, Carl Schmitt établit que « la distinction spécifique du politique, à laquelle peuvent se ramener les actes et les mobiles politiques, c’est la discrimination de l’ami et de l’ennemi. » On peut, et souvent on doit, tuer l’ennemi. En revanche, on ne peut ni ne doit tuer l’ami. La question politique que pose le texte incriminé est donc celle-ci : les black blocs peuvent-ils être considérés comme l’ennemi ? Nous avions répondu « oui » à une question similaire portant sur les djihadistes, dans un article publié par Valeurs actuelles, « Terrorisme : repensons la mort pénale des ennemis de la nation ». Il y avait selon nous, et il y a toujours, nécessité de supprimer physiquement les djihadistes.

Manifestation Parisienne 05 10 20

Exposer l’État libéral

Dans le cas qui nous occupe, nous devons répondre, malgré les violences constatées : Non ! Les black blocs ne sauraient être considérés comme l’ennemi intérieur, car ils ne revêtent pas, selon les termes de Schmitt, les caractéristiques de l’étranger, de l’autre, de l’ennemi. La raison ? L’anarchisme, sous toutes ses formes, et le gauchisme sont pétris de ce que l’Occident a politiquement initié, couvé et nourri tout au long du XIXe et du XXe siècles. Ils sont ainsi une part de notre civilisation ; un thermomètre des malaises de notre système libéral, doublé d’un aiguillon social. Il nous faut tenir compte du thermomètre et maîtriser, y compris violement, l’aiguillon, mais aucunement les éliminer. 

 Par ailleurs, ceux qui croient que l’usage des armes à feu profiterait aux forces de l’ordre se trompent. Cela sécuriserait peut-être le périmètre de l’État libéral, éliminerait un de ses opposants violents, mais exposerait davantage les forces de l’ordre, et donnerait des gages à ceux qui veulent les affaiblir encore plus. Et l’État libéral, prêt à toutes les compromissions pour se maintenir, y consentirait in fine. Qui paierait alors les pots cassés ? Les Français ! C’est donc l’inverse qu’il faut faire : protéger les forces de l’ordre et exposer l’État libéral, l’unique responsable de toute cette chienlit. 

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