Bonnet d’âne …

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Maths et sciences: zéro pointé pour les élèves français.

Le décrochage, en CM1 comme en quatrième, se confirme par rapport aux jeunes de l’UE et de l’OCDE. La France est en queue de peloton, parfois juste devant le Chili.

L’étude TIMSS (Trends in international mathematics and science study) est menée tous les quatre ans par une organisation internationale indépendante dans 58 pays et provinces. Sa dernière édition a eu lieu en mai 2019 auprès de 8 000 élèves français, pour moitié en CM1 et pour l’autre en quatrième.

Une dégringolade. Depuis 1995, les jeunes Français ont vu leur niveau en maths chuter de 47 points dans l’étude internationale TIMSS (Trends in international mathematics and science study) qui évalue leur compétence en mathématiques et en sciences. Soit l’équivalent d’une année de classe. Ce qui signifie qu’en quatrième, ils ont le même niveau que celui qu’avaient leurs aînés en cinquième en 1995.

Des résultats « inquiétants », reconnaissait lundi le ministère de l’Education nationale en présentant cette étude. « La France se situe sous la moyenne internationale des pays participants de l’UE et de l‘OCDE. Elle n’amène que 2 % de ses élèves au niveau avancé en mathématiques alors qu’ils sont en moyenne 11 % dans ces pays », relève la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance. En quatrième, seuls la Nouvelle-Zélande, la Roumanie et le Chili affichent des scores inférieurs à la France.

En général, les jeunes Français se débrouillent mieux en géométrie, en statistiques et en probabilités, mais sont faibles en algèbre et dans le domaine cognitif. Seuls 2 % des élèves de quatrième sont à ranger dans la catégorie « meilleurs élèves » contre 11 % en moyenne dans l’Union européenne et l’OCDE, et 50 % à Singapour ou en Corée du Sud.

En CM1 (l’autre niveau testé), les scores sont tout aussi désastreux, la France se plaçant avant-dernière, juste avant le Chili : 15 % des élèves n’atteignent même pas le niveau dit « bas ». « On assiste à une surreprésentation des élèves français parmi les plus faibles », ne peut que constater le ministère. Et ces médiocres résultats sont constants : « stables » par rapport à l’évaluation TIMSS de 2015. Les jeunes CM1 ne s’en sortent cependant pas trop mal en géométrie, mais décrochent sur les nombres et la présentation de données.

« Il n’y a pas d’“esprit mathématique”. Tout le monde a vocation à être bon en maths »

« Cohérence regrettable ». En sciences (autre discipline évaluée), les (contre) performances sont comparables. Pas de quoi pavoiser donc. Ces résultats confirment ceux d’autres études, comme l’enquête Cedre qui évalue les performances en maths des CM2 (stables en 2008 et 2014, elles ont baissé de 17 points en 2019). « On assiste à une cohérence regrettable », relève le directeur général de l’enseignement scolaire Edouard Geffray.

Quelles sont les réponses de l’Education nationale pour tenter d’enrayer cette dégringolade, déjà identifiée par le rapport de Cédric Villani et Charles Torossian en 2018 ? C’est la formation continue des enseignants qui est mise en avant. Près de 40 000 profs du premier degré suivront cette année 24 journées de formation. Le Portugal, qui a misé sur la formation en cours de vie professionnelle de ses enseignants, enregistre une forte progression dans le classement TIMSS. « Les candidats pour être professeurs des écoles viennent massivement des filières sciences humaines et sociales. Lorsqu’ils arrivent en master MEEF (métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation), ils ont en majorité une certaine distance vis-à-vis des maths. Ils n’en ont pas fait depuis le lycée », explique Edouard Geffray.

Introduire des opérations combinées (par exemple addition et soustraction ou addition et multiplication) plus tôt dans la scolarité, tout comme la résolution de problèmes est une piste d’amélioration. Il est aussi question de mobiliser davantage les familles. Compter à la maison devrait devenir aussi habituel que lire. « Il n’y a pas d’“esprit mathématique”. Tout le monde a vocation à être bon en maths », répète le directeur général de l’enseignement scolaire. La prochaine évaluation TIMSS aura lieu en 2023.

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