Qui croire…??

Électricité : Fessenheim en moins, des coupures de courant en plus ?

Le gestionnaire du réseau d’électricité craint des coupures en février. En cause : la crise sanitaire mais aussi, en partie, l’arrêt de la centrale de Fessenheim.

La centrale de Fessenheim. Les deux réacteurs, mis à l’arrêt en 2020, amputent la production d’électricité de 1 800 MW.

La riposte n’a pas tardé. Jeudi 19 novembre, RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, organise une conférence de presse suivie d’un communiqué un peu alarmant. La filiale d’EDF prévient : il pourrait y avoir des coupures de courant en janvier, et plus sûrement en février si l’hiver est rigoureux. Dans le même mouvement, RTE sort une parade : Ecowatt, une appli mise au point avec l’Ademe grâce à laquelle tout un chacun pourra « consommer mieux et au bon moment ». En clair : on vous incitera à baisser votre radiateur électrique quand vous quitterez votre domicile en février pour soulager le réseau au bénéfice de la collectivité…

Total Direct Énergie a aussi sauté sur l’occasion : dès le lendemain, le fournisseur d’électricité envoie un mail à ses clients. Titré « Difficultés d’approvisionnement du réseau électrique, vous pouvez agir », il leur propose de s’abonner à un système d’alerte, #TousAuCourant, les avertissant des moments où ils pourront « reporter leurs activités les plus énergivores ». Le ministère de la Transition écologique se paie même des spots de pubs pour conseiller de faire tourner sa machine à tel moment plutôt qu’à un autre. On n’en est pas encore aux autorisations de sorties pour raisons sportives de telle à telle heure, mais on s’en approche !

Maintenance en retard

Le coronavirus est d’ailleurs, en grande partie, responsable de cette situation. Le confinement du printemps a obligé EDF à étaler la maintenance de ses centrales. Cette révision du calendrier a retardé la remise en route des réacteurs. Avant le confinement, EDF prévoyait une cible de production nucléaire pour 2020, 2021 et 2022 comprise entre 375 et 390 TWh, abaissée à 325 et 335 TWh du fait de la crise sanitaire. L’entreprise publique a mis les bouchées doubles pour rattraper ce déficit. Elle y est en grande partie parvenue, puisque la disponibilité du parc nucléaire est désormais quasiment identique à celle des années précédentes, avec 44 réacteurs opérationnels.

Pourtant, précise RTE, tout le retard n’a pas été comblé. Parce que d’autres arrêts sont prévus les prochains mois, 5 GW manqueront lors « de certaines semaines de l’hiver prochain ». D’où cette conclusion du rapport de RTE : « L’hypothèse d’une disponibilité du parc nucléaire historiquement faible durant l’hiver – et notamment à compter de janvier – est donc maintenue. »

Mais le Covid n’est pas seul en cause. Une autre sorte de virus semble avoir affecté le parc nucléaire français : la politique. Décidée sous la pression des écologistes lors de la campagne présidentielle de François Hollande en 2012, la mise à l’arrêt des deux réacteurs de Fessenheim, concrétisée par Emmanuel Macron, ampute le pays de près de 2 GW de production. Or, cette capacité aurait sans nul doute permis de passer l’hiver au chaud, sans crainte de coupures (sauf si les températures atteignaient un niveau sibérien, peut-être).

Belle vue…

L’arrêt de Fessenheim n’a, bien entendu, pas été une perte sèche pour l’ensemble du potentiel français de production d’électricité. D’autres sources d’énergie l’ont compensé. Depuis 2012, la puissance installée, toutes énergies confondues, a même augmenté : elle est passée de 126 GW en 2012 à 133 en 2020. Le hic, c’est que la part des énergies dites « pilotables », donc disponibles à tout moment comme le nucléaire, l’hydraulique, le charbon ou le gaz, a baissé, alors que celle des énergies intermittentes (éolien, solaire…) a augmenté. En huit ans, la France a ainsi perdu quelque 10 GW de production thermique, certes polluante, mais qui fournit des électrons en extrême pointe, de façon à éviter les coupures. Les énergies intermittentes, quant à elles, dépendent bien entendu du vent et du soleil. Et durant l’hiver prochain, il ne faudra pas trop compter sur le soleil pour compenser l’arrêt des deux réacteurs de 900 MW de Fessenheim.

En débranchant la centrale alsacienne, la France se prive d’une marge importante en matière de production d’électricité propre. Pis, les centrales à charbon et surtout à gaz doivent prendre le relais. Jeudi 19 novembre, 10 % de l’électricité produite en France l’était par des centrales à gaz. Elles sont certes plus « vertes » que le charbon ou le fuel, mais produisent environ quarante fois plus de CO2 que le nucléaire (490 grammes de CO2 par kWh contre 12, selon l’organisation intergouvernementale IPCC). Autre difficulté : la France ne produit pas de gaz, qu’il faut acheter ailleurs ; c’est donc l’indépendance énergétique qui est affectée, même si le nucléaire n’est pas 100 % franco-français (il nécessite l’achat d’uranium à l’étranger).

La situation n’est donc pas seulement conjoncturelle. Dit autrement, le Covid n’est pas seul en cause dans les perspectives de coupures. RTE l’affirme dans son rapport : la tension entre l’offre et la demande « perdurera au moins jusqu’en 2023 ». Barbara Pompili ne partage pas cet avis. La ministre de la Transition écologique a promptement réagi sur Twitter et sur les ondes. Elle assure que « chaque semaine, 5 à 10 réacteurs de plus qu’habituellement sont à l’arrêt […]. Ce n’est donc pas la fermeture de Fessenheim qui pèse sur l’équilibre offre-demande actuel ».

 » L’avenir est devant nous…« 

Aux yeux de Barbara Pompili, seule la crise sanitaire est en cause. Elle renforce la conviction du gouvernement en démontrant la difficulté pour le parc nucléaire à réagir face à une crise de cette ampleur. « Tous les idolâtres du nucléaire en font une énergie sûre, mais ils oublient de voir qu’elle n’est pas assez résiliente lors d’un choc comme celui que nous connaissons. Entretenir une éolienne ou un réacteur nucléaire, ce n’est pas la même chose ! » confie un conseiller de Barbara Pompili, tout en assurant que le gouvernement n’est pas anti-nucléaire. Barbara Pompili estime donc qu’il faut continuer à baisser « la part du nucléaire à 50 % en 2035 » afin de ne pas dépendre d’une seule énergie, tout en développant « massivement les énergies renouvelables ». Au ministère de la Transition écologique, on renvoie d’ailleurs la balle à EDF : et si l’EPR de Flamanville avait été prêt à temps, c’est-à-dire en 2012, y aurait-il eu des menaces de coupures cet hiver ?

Il y a forcément un menteur…(j’ai mon idée…) peut -être tous…

Mais il n’y a qu’un « c… » qui voit des éoliennes partout… qui « tousse »…qui paie l’électricité de plus en plus chère… qui va bientôt s’éclairer à la bougie, et se chauffer en courant autour de chez lui.!!!

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