L’armistice…

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La France a connu la guerre des tranchées. Cette blessure profonde s’est logée dans notre calendrier républicain le 11 novembre.

« Ce que nous avons fait, c’est plus qu’on ne pouvait demander à des hommes », écrivait Maurice Genevoix. Face aux épreuves présentes, on ferait bien de s’inspirer de ce Poilu qui a fait son entrée au Panthéon. Car, un siècle plus tard, l’armistice se fait toujours attendre. La France est confrontée à une nouvelle guerre mondiale qui ne dit pas son nom, mais qui tue des hommes. La France est régulièrement frappée par les islamistes ; elle est tétanisée par la seconde vague du Covid-19. C’est un véritable tohu-bohu au pays des droits de l’homme qui enterre désormais la liberté de culte.

De nombreux requérants, ainsi que tous les évêques de France, ont pourtant fait entendre leur protestation auprès du Conseil d’Etat.

Mais ils ne sont pas parvenus -cette fois-ci- à faire bouger les lignes. Le juge des référés a estimé le 7 novembre que la situation sanitaire justifiait l’interdiction du culte. À l’autre bout de la France, le Premier ministre déclarait pourtant le matin même en hommage aux trois chrétiens assassinés à la basilique de Nice : « Aucune célébration religieuse n’est une offense dans une République laïque qui respecte la religion et qui en garantit la pratique. Sur cette liberté, la République ne transige pas

Cet imbroglio français n’est pas nouveau.

Blaise Pascal s’en amusait déjà sous l’Ancien Régime : « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà. » Mais depuis la loi de 1905, l’Église est majeure et vaccinée, comme l’a souligné Mgr Éric de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des évêques de France : « Nous avons appris à vivre en régime de séparation et à goûter la liberté qu’y trouve l’Église de vivre sa vie propre, non pas hors de l’État mais sans sa contrainte. » Autrement dit, l’Église ne dira plus « A men » à tout. Rendez-vous est déjà pris le 16 novembre à l’occasion de la réévaluation de l’état d’urgence sanitaire. Une bataille de perdue, pas la guerre !

Dimanche prochain, les catholiques feront de leur mieux.

Certains se débrouilleront pour aller voir à l’église leur Père du ciel en cochant la case « motif familial impérieux » comme l’a concédé le Conseil d’État. Il ne s’agit pas de mépriser la loi ou de prendre à la légère la propagation du virus mais d’être aussi habiles que les fiIs de ce monde. Défendre notre participation à la messe n’est pas un caprice ou un acte identitaire. C’est l’eucharistie qui fait l’Église, disait le cardinal de Lubac. Et sans elle, elle se défait tout simplement… Il ne faut pas se laisser piéger par ce confinement comme si nous devions choisir entre le Christ et les malades, entre le Ciel et la Terre. Saint Martin, fêté aussi ce 11 novembre par l’Église, a reconnu son Seigneur dans le visage d’un pauvre mendiant à Amiens. La messe et le service des pauvres, même combat.

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