Affaire Pilarski …

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Affaire Pilarski : confondre Curtis aura coûté très cher.

Pour arriver à la conclusion que la jeune femme a été tuée par son propre chien, la justice a dû dépenser sans compter. Plus de 160 000 euros. C’est, selon un calcul fait par le JDD, ce qu’ont déjà coûté les expertises dans le dossier Pilarski, du nom de la jeune femme enceinte de six mois qui a trouvé la mort, le 16 novembre 2019, dans la forêt de Retz (Aisne), non loin d’une chasse à courre. 160 000 euros et sept rapports pour arriver à une conclusion simple : Élisa Pilarski a été tuée par le pitbull de son compagnon. «Les expertises se rejoignent et tendent à démontrer l’implication exclusive du chien Curtis dans les morsures ayant entraîné la mort de Mme Pilarski », a ainsi déclaré le procureur cette semaine.

Au tribunal de Soissons, des magistrats sont consternés par l’ampleur prise par ce dossier, qui cristallise les tensions entre animalistes et chasseurs. D’autant que le compagnon d’Élisa Pilarski, Christophe Ellul, convaincu de l’innocence de son chien, va réclamer de nouvelles analyses. Au risque que les coûts flambent. Son avocat, Alexandre Novion, juge ainsi que les conclusions formulées par deux vétérinaires sont «en rupture totale avec la chaîne logique de l’enquête». Il reproche notamment aux experts de n’être pas « partis des résultats de l’autopsie d’Élisa », qui indiquaient qu’il était «probable» que les morsures soient le fait « de plusieurs animaux ».Et qui incrimineraient, selon lui, les chiens de chasse. « On ne peut pas se contenter d’une expertise low cost », assène Me Novion, demandant « un complément, une contre-expertise, voire les deux » sur les traces ADN, ce qui est surprenant car la génétique est considérée comme la reine des preuves.

En général, les analyses ADN sont très chères. Un premier devis à 200 000 euros avait d’ailleurs dû être écarté. L’Institut français des empreintes génétiques à Nantes a proposé une stratégie moins onéreuse : comparer les traces sur le corps et les vêtements de la victime avec les profils de Curtis, des quatre autres chiens du couple et de 33 des 62 chiens de chasse. Si d’autres ADN étaient retrouvés, alors l’autre moitié serait étudiée. Finalement, les examens ont coûté 150 000 euros. Le rapport des deux vétérinaires, lui, a été tarifé 9 000 euros.

L’avocat de Christophe Ellul conteste sur ce point aussi la méthode utilisée : seule la mâchoire de Curtis a été moulée dans de la résine, les autres ont été mesurées. «Réaliser des moulages pour tous les chiens aurait coûté 5 000 euros de plus», rétorque le vétérinaire Alain Mayer, qui a facturé 500 euros les autopsies de deux chiens de chasse.

À cette somme d’environ160 000 euros vient s’ajouter le montant des autres analyses. La majeure partie du coût de ces expertises médico-légales est supportée par les services hospitaliers. Sont facturés à la justice des montants qui semblent dérisoires : 1 100 euros pour les investigations toxicologiques et seulement 157 euros pour l’autopsie d’Élisa Pilarski, pour « cinq à six heures » de travail, détaille le légiste Xavier de Logivière. Le comportementaliste canin, dont les conclusions pointaient également la responsabilité de Curtis, a, lui, émis une facture de 200 euros.

Mardi, le maître de Curtis doit donner une conférence de presse. Malgré sa contre-attaque, l’homme semble acculé : il  devrait être réinterrogé par la juge d’instruction.

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